COMPTE . RENDU
de Capodistrias à l'assemblée nationale.
€ Représentants du peuple, mon auguste tribunal, je viens vous rendre compre de la légalité de mes actes. La Grèce, grâce au ciel, ne s'est pas courbée sous le joug. Si Samos et Candie ont été remises à Tennemi, si, en tergiversant pendant quinze mois, j'ai réussi à ne pas me faire rendre les forts de Negrepont et d'Athènes, j'avais des raisons majeures: Les cabinets... moi-même ... le peuple . . . considérant d'ime part et de l'autre . . . jTavais beaucoup à vous dire encore, mais que voulezvous? Les grandes puissances alliées m'empêchent de parler.
«Si par l'astuce ou la violence j'ai réussi à brûler votre flotte précieuse ; si j'ai fait verser à Poros le sang grec sous le glaive mercenaire de mes satellites; si j'ai voulu vous diâtier par la férule d'une puissance étrangère et vous brouiller avec toute l'Europe, j'avais des raisons majeures^ Les cabinets... moi*même... le peuple
28 //. Partie. — Livre IL — Portée.
...considérant dune part et de l'autre... J^avais beaucoup encore à vous dire, mais que voulez-vous? Les grandes puissances alliées m'empêchent de parler.
cje suis un républicain ardent; je meurs d'amour pour la constitution. Si cependant vous m'avez vu pendant trois ans en saper les bases, manquer à mes serments, intercepter les lettres et poursuivre la presse, violer nuitamment l'asile des maisons, exiler les citoyens et les punir sans les avoir jugés, j'avais des raisons majeures etc.
tj'ai enrichi le peuple. Voyez plutôt mes frères et quelques uns de mes affidés qui regorgent de richesses. Mais si les principaux citoyens sont dans la misère, si j'ai laissé les filles de Botzaris, les enfants de Caraïscos, vivre du produit des quêtes et du pain de la charité, j'avais etc.
cLe créateur lit au fond de mon cœur; l'amour de la patrie y est seul gravé. Mais si j'ai éteint les lumières, si j'ai corrompu les mœurs, si l'or a coulé à des milliers d'espions, si j'ai voulu vous ruiner tous, grands et petits, et si j'ai désiré la mort des plus grands citoyens, j'avais etc.
tj'ai la confiance de vous avoir prouvé que je stds irréprochable. C'est moi qui suis votre constitution; n'en demandez pas d'autre. Montrez-vous dévoués comme à Argos, accordez-moi, comme vous avez fait là, la dictature, et je jure par la vie de mon frère Viaros, que, si j'y parviens, je vous attacherai tous mains et pieds, les hommes mstruits aussi bien que les ignorants. J'ai des raisons majeures, etc.»
On comprend que sur ce ton de récrimmations générales on pourrait écrire des volumes, et qu'il n'y a pas de gouvernement qui serait épargné.