‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 15 sur 256 · LES PROSATEURS, AU IJ» SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES PROSATEURS, AU IJ» SIÈCLE

Cette activité littéraire, qui a survécu à l'existence politique du peuple grec, donne la preuve et la mesure de la vitalité de son intelligence. On pourrait la comparer à ces derniers reflets qui égayent quelquefois encore le couchant après que le soleil a quitté l'horizon. Les hommes qui avaient assisté à la grande agonie de leur patrie n'avaient pas tous succombé avec elle. Revenus de leur saisissement, familiarisés avec leur propre douleur, qu'ils aient déserté vers des pays plus heureux, ou qu'ils soient restés pour pleurer sur les ruines du leur, après que la rage de la barbarie triomphante se fut assouvie, plusieurs reprirent leurs travaux favoris, et c'est à eux que nous devons ces accents suprêmes d'une littérature expirante.

38 lÂvre L — Après la conquête^ Î4â3.

DATO, généralement estimés pour leurs rares connaissan* ces. Ils professaient la philosophie, la théologie, la médecine. Le dernier a été nommé interprète de la Cour Ottomane. Il a laissé un nombre prodigieux de traités et de lettres, que son fils, Nicolas Mavrocordato, homme fort versé dans la littérature orientale et occidentale, vient de mettre au jour en Moldavie. On estime surtout entre ces traités celui qu il a composé sur la circulation du sang, imprimé plusieurs fois en Italie, et tme grande histoire du monde, depuis la création jusqu^à notre temps. «Ici je prie le lecteur de ne pas regarder la Grèce moderne, comme font la plupart des chrétiens, avec un air de mépris. Bien loin d'être le siège de la barbarie, on peut dire que dans ce dernier siècle elle a produit des génies comparables à ses anciens sages. £t pour ne point remonter plus haut, de nos jours on a vu trois Patriarches, savoir un de Constantinople, et deux de Jérusalem, dont la grande réputation était le juste tribut de leur mérite. Callinique était celui de Constantinople, doué d'une rare éloquence, et qui eut cela de particulier entre ceux de son rang, qu'il conserva toute la vie sa dignité, et mourut Patriarche. Ceux de Jérusalem étaient Dosithée, et son parent et successeur Chrysanthe, qu'on dit être encore en vie. Le premier a composé contre les Latins trois volumes de controverses, qui sont imprimés. Je ne parle pas de ses autres écrits , qui lui font tous honneur. Outre ces savants, Constantinople a produit Mélèce, premièrement évêque

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