‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 156 sur 256 · Chapitre III, — A. R, Rangabé · texte numérisé non relu

Chapitre III, — A. R, Rangabé

à son légitime possesseur, Isaac Ange, son frère. A leur voix se joint celle de Marie, la seconde femme dlsaac, qui décrit les souffrances de l'Empereur aveugle languissant en prison. L'un des députés, le plus jeune de tous, exprime son indignation avec une énergie qui le fait reconnaître par Doucas pour le fils de l'anden empereur; et afin de se le rendre favorable, et de se ménager les chances de l'avenir, le ministre lui procure secrètement les moyens d'une entrevue avec son père.

Dans la prison le jeune Alexis trouve Eudoxie, qui console le vieillard. Le souvenir de leur ancienne amitié se réveille en lui; il est épris de ses charmes. H se nomme, et Isaac le conjure de détourner de sa patrie les calamités d'une guerre étrangère. Doucas, pour capter la confiance des Croisés, travaille l'armée en faveur dlsaac; et Alexis, dupe de son hypocrisie, lui confie son nouvel amour pour Eudoxie, à la main de laquelle cependant les canons de l'église lui défendent de prétendre. Cependant les Croisés, mécontents de Tissue de leur députation, marchent sur Constantinople. L'empereur Comnène, sur les exhortations de Léon Sgouros, qui avait été envoyé par Lascaris, le général des armées, se décide à entrer en campagne, malgré les conseils perfides de Doucas, qui craint le prestige qu'il pourrait gagner par cet acte de vigueur.

A la première rencontre l'empereur prend la fuite. Léon cherche en vain à l'encourager. Les esprits se détachent déjà de lui. L'impératrice, qui a intercepté

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une lettre du marquis de Montferrat, l'un des chefs des Croisés, à Marie, la femme d'Isaac, ordonne en vain la punition de sa rivale; nul n'ose toucher à la princesse dont Tétoile panut se lever de nouveau. Les Croisés approdient pour livrer Tassant à la ville. Plein de terreur, l'empereur déserte sous l'habit d'un moine. Alors l'impératrice exaspérée, proclame Doucas empereur, en faisant connaître qu'elle lui a accordé la main de sa fille. Mais, plus prévoyant qu'elle, celui-ci refuse le double honneur. Il ne veut pas devenir le but des coups des Croisés vainqueurs. H fait montet sur le trône Isaac, qui, plein de confiance en lui, remet entre ses mains le sort d'Euphrosyne et de sa fille Eudoxie, et Doucas apaise l'indignation de la première, qui l'accuse de trahison, en lui faisant comprendre qu'il ne pouvait pas autrement ni mieux servir leurs desseins, pourvu qu'Eudoxie veuille les seconder. Mais celle-ci s'y refuse de toutes ses forces. Isaac s'associe, pour gouverner, son fils Alexis, qui se croit dès lors assez fort pour ne pas faire cas des prescriptions de l'^Use, et aux Chefs des Croisés, réunis pour féliciter les nouveaux empereurs, il annonce qu'il épouse Eudoxie, et la fait monter à côté de lui sur le trône. Mais une voix s'élève pour y mettre opposition; c'est celle du Vicaire du Patriarche. Alexis, hors de lui, déclare ne reconnaître d'autre Patriarche que le Pape. Alors éclate Témeute sourdement préparée par Doucas. Pour rassurer les Croisés et pour les éloigner définitivement, celui-ci

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