‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 163 sur 256 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

J. R. RANGABÉ. — CLÉON R. RANGABÉ.

ÊMILB R. RANGABÉ. — J. R. RANGABÉ.

J. R. RANGABÉ.

Nous avons vu Jacques Rizo Rangabé, le père d'Alexandre, dont nous venons de parler, figurer avant la révolution comme poète- traducteur hois ligne, et se distinguer depuis parmi les hommes qui ont honoré la littérature de leur pays par leurs travaux érudits.

Alors encore il n^a pas renoncé à la poésie. En même temps qu'il travaillait aux Helleniea, il continuait à Itd consacrer une partie de ses loisirs. Il écrivit deux tragédies en vers rimes, intitulées €Coreê8U8 et Alexandre de PhéraeT^ et traduisit cAndromaque» de Racine. La précision de son style, la beauté de sa versification, ne se sont pas démenties dans ces derniers travaux; mais

ICXD //. Partie. Livre IL — Pokes.

ses pièces originales n'ont, au point de vue de l'invention, qu'un mérite secondaire, étant coulées dans le même moule que celles du théâtre français qu'il a traduites. L'économie en est irréprochable, mais sans un vif intérêt dramatique, et le dialogue et l'action, toujours convenables, manquent d'inspiration et de caractère. Elles ne s'écartent en rien de Tallure conventionnelle des tragédies classiques, dont la raide monotonie n'est rachetée que par le génie des grands poètes.

Une autre pièce, intitulée le retour de Muses, est supérieure de ton aux deux premières. Elle est all^orique, et respire le plus ardent patriotbme. C'est le chant de la délivrance mis en drame: Par un décret des Dieux la Grèce est libre, les Muses reviennent sur l'Hélicon, conduites par Apollon et par Minerve. Témoins de leurs transports pour leur rapatriement, l'Envie et la Discorde en sont furieuses. Elles soufflent la division entre les divinités qui président au chœur des neuf sœurs, et la montagne sacrée retentit de clameurs de guerre intestine. L'Olympe s'en émeut; Jupiter prononce son arrêt, le nom du premier Roi de la Grèce est écrit en lettres de feu au cid, et les deux monstres sont à jamais foudroyés dans le Tartare. Le langage de cette pièce est digne et élevé, et la versification aussi correcte et aussi soignée que dans toutes les œuvres du poète. Les chants qui y sont intercalés sont des moi^ ceaux lyriques d'une grande beauté.

Ce petit drame débute ainsi:

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