Chapitre IIL — A. R. Rangahé
€ Misthophas.
cVous me rendriez heureux si vous vouliez l'accepter. Votre noble doigt lui servira d'ornement.
€ Coutroulis.
fjamais.
cMisthophas.
«Vous ne m'aimez pas.
«Coutroulis.
«Jamais. Pourquoi vous priver . . .
cMisthophas.
«Vous m'insultez.
«Coutroulis.
«Soit donc; je la porterai en souvenir de vous.
«Strovilis (à part).
«Mon maître thésaurise à merveille. Il est passé maître en métier de ministre.
«Misthophas.
cje m'en vais, Excellence, et j'attendrai le haut brevet. Vous serez content de votre serviteur, et vous verrez que je n'oublie jamais mes obligations.
« Coutroulis.
«Je vous remercie.
«Strovilis.
«M. le sous-préfet est une éponge. Que nous l'ayons un peu pressuré, cela lui fait du bien.»
Le mariage d^Archontoula est une petite comédie
de moeurs, dont un habitant de province, ignorant des
habitudes et des manières de la capitale, fait tous les frais.
Rangabé/ Littérature néo- hellénique. II. '7
98 //. Partie. — Livre IL — Portée.
La troisième pièce, aussi comte que la précédente, est intitulée la visite de Jupiter. Du fond de la planète où il vit exilé, le père des Dieux et des hommes a entendu un poète pédant chanter chaque nuit les attraits d'une jetme fille, qu'il dit plus belle que Léda ou que Sémélé. Jupiter continue à être à quelques ^ards aussi curieux que par le passé. Il descend sur la terre pour voir cette merveille. Il y est rejoint par son fidèle Mercure, voit la jeune Athénienne, et la trouve digne des éloges de son chantre, digne surtout de ses propies faveurs. Il essaie de la tenter par l'étalage de tous les trésors et de tous les biens matériels qu'il peut lui offiir. Mercure endort la belle, et les chœurs des Dieux se présentent à elle dans ses rêves, et cherchent à l'attirer par leurs chants et leui^ danses. Elle en est fascinée. Mais les chants d'église qui à minuit de Pâques arrivent jusqu'à elle, et lui parlent de biens d'un ordre supérieur, la ramènent à des sentiments plus élevés. Son honnête amour pour le jeune et pauvre poète .prend le dessus, et die finit par accepter sa main.
A ces drames nous ajoutons le contenu du 5^ volume des Oeuvres complètes. H contient les traductions métriques d'Antigone de Sophocle et de trois comédies d'Aristophane. Le traducteur s'est attaché à suivre tant dans le dialogue que dans les chœurs les rhythmes des originaux, en substituant, d'après le système qu'il a adopté, les syllabes accentuées aux syllabes longues. D fait précéder ces traductions d'une longue dissertation,