‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 171 sur 256 · Chapitre V. — Orphanidh · texte numérisé non relu

Chapitre V. — Orphanidh

de pièces lyriques qui respirent le patriotisme, et quatre poèmes épiques, dont Tinvention témoigne d'une vive imagination, et d^un véritable sentiment dramatique. Dans ses descriptions on devine l'amateur et le connaisseur de la nature. Il s'est formé à Técole des Soutsos, et surtout d'Alexandre. Son Apatris (lliomme privé de sa patrie) est un écho de Veailé de l'un et de Verront de l'autre. La tour de Pétra est écrite en hexamètres trèscorrects et très-soignés. C'est le récit de vicissitudes plus romanesques que probables d*un jeune Grec, qui poursuit jusqu'en Italie celui qui a séduit et assassiné sa fiancée. Découvrant que son rival est un échappé dtt bagne, il le fait arrêter, se constitue son bourreau pour assouvir sa vengeance, et va ensuite s'enfermer dans un couvent. Ce sont les détails de ce poème qui méritent surtout des éloges. Chios esclave^ le troisième poème, est aussi écrit en hexamètres. D traite de l'époque où les Génois étaient maîtres de l'Qe, et a pour sujet les amours coupables de la fille d'un zélé patriote pour le fils d'un des oppresseurs de son pays. Le quatrième poème enfin, le St, Minas ^ écrit en stances rimées, est un tableau tiré des scènes de massacre et de dévastation dont la même ile a été le théâtre pendant la guerre de l'insurrection grecque. Cette composition, qui contient des beautés recommandables, a le défaut commun à toutes celles qui traitent d'un épisode choisi dans une grande catastrophe. L'intérêt général absorbe et tue l'intérêt particulier.

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Dans on autre domaine aussi, dans celui de la poésie satirique, Orphanidès a marché sur les traces d'Alex. Soutso, et c'est là qu'il a eu ses plus grands succès. Il a rédigé, Tune après Tautre, deux revues en vers, consacrées à la satire politique, et intitulées, Tune la Ménippée^ l'autre VAreher. C'étaient les prémisses de sa Muse. Son goût et son jugement politique n'y avaient pas encore acquis toute leur maturité, et malgré la verve dont on y voit déjà briller les premiers éclairs, il est encore trop servilement attaché à son modèle, dont il imite, comme cela arrive d'ordinaire, plus encore les défauts que les beautés.

C'est plus tard seulement qu'il a acquis toute son originalité. Ayant épuré sa poésie des personnalités blessantes, il l'a élevée à la dignité de la satire des mœurs, pétillante de gaité et de bonne humeur. Ses deux poèmes, Tiri liri et Jotas ^ écrits en vers coulants et beaux et en une langue correcte et facile, sont remplis de traits d'esprit et de saillies amusantes. Us ont le caractère trop national pour qu'il soit possible de les faire apprécier par une traduction.

Voici par quels mots il commence son Tbri liri.

cO Muse, accours à mon aide; je suis en danger de mort; ma tête est sur le point d'accoucher. O ma divine sage-femme, prête-moi ton aide pour que Tenâmt ne soit ni boiteux ni difforme. Je ne suis pas un fils de Saturne; je crois par conséquent inutile que tu t'armes d'une hache pour me fendre le crâne. Laisse la nature &ire son œuvre; et si au lieu de liGnerve c'est

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