‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 179 sur 256 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

LES BYZANTIOS. — PAPARRIGOPOULOS,

BASILEIADÈS' — SALTÉLIS, etc.

BYZANTIOS.

Un poète qui rivalise avec Bernardaki pour la beauté de la langue qu'il fait parler à la Muse est Alexandre BYZANTIOS, le fils du philologue Scarlatos Byzantios dont nous avons eu souvent occasion de parler. Par les rares qualités qui le distinguent il eût été un des poètes les plus éminents de la Grèce, s'il n'avait préféré servir plutôt les intérêts matériels de sa patrie que sa propre gloire. Il a abandonné la carrière poétique, qui lui promettait les plus brillants succès, pour se mettre, à Trieste, à la tête du journal politique €VHéméra9^ l'un de ceux qui font le plus dlionnetu* à la presse grecque. Ses productions poétiques sont en petit nombre. Nous devrions les ana- IjTser toutes, car chacune d'elles se distingue par un cachet d'originalité et par des beautés particulières. Nous nous bornerons à l'une des plus considérables, intitulée Socrate et Aristophane.

C'est une belle miniature tirée du grand tableau de la vie antique. Elle en a toute la noblesse et la pureté

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de lignes. Aux traits larges et vrais par lesquels f antiquité est rendue, on reconnaît Térudit qui a approfondi, et l'homme de génie qui devine: A la représentation des Nuées, Socrate, lobjet d'injustes attaques, se lève avec une simplicité pleine de dignité, pour satisfaire à la curiosité irrespectueuse de la foule. Quelques années se passent, et le peuple, inspiré par des préventions stupides, condamne le sage à boire la dguë. Le remords entre alors dans le cœur d'Aristophane. Il se persuade que ses traits, imprudemment caustiques, ont dépassé le but, et ont été les premiers instruments de ce crime judiciaire.

C'est là tout le poème. On le voit, il n'est pas compliqué. Par sa simplicité même il rappelle les grandes œuvres de l'antiquité à laquelle il est puisé. Cependant il ne contient pas moins de 500 vers, courts, à rimes riches, correctes et belles, et on a tout lieu de r^retter qu'il ne soit pas plus long. Plus d'un détail qu'il ne fait qu'effleurer aurait par un plus grand développement ajouté aux beautés du poème. La sobriété est aussi le caractère de son style. C'est une qualité que le poète outre jusqu'à en faire presqu'un défaut. Une statue de Praxitèle est belle dans sa nudité. Elle tire tous ses charmes de l'expression et des savantes proportions. Il en est de même du style de notre poète, limpide et vigoureux, en même temps qu'il est figuré, rendant souvent toute une image par un mot toujours heureusement choisi. Cependant quelques ornements de plus ne le

Rangabéf Littérature néo - hellénique- II. Q

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dépareraient pas. On ne dira pas qu'une rose pmsse nuire même à la chevdtue de Vénus Anadyomène.

La donnée principale du poème, le repentir d'Aristophane, n est pas attestée par l'histoire. Mais, si elle n'est pas prouvée, elle est probable, et en tout cas digne da génie et du cœur du noble poète, qui se vantait de ne s'être jamais attaqué qu'à des ennemis puissants, et davoir épargné Qéon une fois terrassé.

Voici comment le poème débute:

cLa ville aimée de Minerve célèbre les fêtes Dionysiaques. Des spectateurs en grand nombre y sont accourus de toutes les parties de la Grèce.

cCe jour est tout entier aux spectacles. A la solennité terminée succède la solennité qui commence.

cLe grand théâtre gravit le flanc de T Acropole. Le Parthénon le domine, et réjouit les regards par sa magnificence.

cUne lutte dramatique y attire la foule. Un trépied sera la récompense du chorège vainqueur.»

Promenant le regard sur les spectateurs, le poète en

désigne quelques-uns en ces termes:

cTous les regards sont attirés par le jeune homme assis à cette place. H est beau de figure, et son poit est plein de charme.

«Sa tunique est dorée, et rehausse sa beauté. C'est toi, Alcibiade. Tu es encore au point culminant de ta gloire.

«Sa voix enchanteresse menait la foule, et par un sourire il exerçait sa tyrannie sur les Athéniens.

«Plus loin c'est Euripide qui attend le nouveau

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