Chapitre VIII. — (Jaraesoutsas
SOUS leur poids, des batailles sont livrées, des armées entières sont moissonnées.
c£t tant d'êtres divers, tant de mouvement et tant de tumulte tiennent dans un si petit espace! Tout se confond en un seul point, et tout est siïence au delà!
c£t ce point qui scintille là haut, qui ne change jamais d'heure ou de place, si le moment vient où il disparaîtra lui-même, que manquera t- il à la création? Un grain de sable, tme feuille de la forêt.
iTu es, ô étoile, régulière à te lever et à te coucher: mais dans la foule des astres tu échappes à notre attention. Tu fournis fidèlement ta carrière prescrite, mais nous ne nous inquiétons pas de ton existence.
«Quand la nuit vient, tu te montres comme une fille timide, la dernière parmi tes sœurs. A Tapproche de l'aurore, tu es la première à te dérober derrière les montagnes.
«L'Argus qui épie le ciel t'a laissée sans nom, bien que tu te lèves toujours belle depuis le commencement des siècles. Une nuit viendra où toi aussi tu ne te lèveras plus?»
Natif d'Athènes, Ange Vlachos, que nous avons plusieurs fois cité comme auteur de livres didactiques, a aussi cultivé la poésie avec beaucoup de succès.
Outre une excellente traduction métrique d'< Hadrien», tragédie de l 'Allemand Heyse^ et quelques petites comédies, les unes imitées, les autres traduites du français, il a entrepris un travail beaucoup plus hardi. Il n'a pas hésité à se mesurer avec le génie de Lamartine, dont
l6o //. ParUe. — lAvre IL — Poètes.
il a traduit en vers les Harmonies ; et sa langue belle et correcte, et le soin minutieux qu'il donne à la polir et à la châtier, lui fournissent un instrument propre à rendre les brillantes pensées du grand poète, dont aucone plume humaine ne peut reproduite la mélodie. Il a aussi traduit quelques poésies de Vkiar Hugo^ et a rendu les c Fantômes» en hexamètres irréprochables, divisés en strophes par des trimètres dactyliques. Plusieurs autres traductions de Tallemand et de Tanglais, deux langues que le poète possède conune le français, sont aussi fort réussies.
Les poésies originales de Vlachos ont été publiées en un beau volume. Elles contiennent des pensées ingénieuses, souvent neuves et toujours bien exprimées, dans une langue substantielle, serrée, et recherchant la sévérité classique. Une de ces compositions, plus longue que les autres, et n'ayant pas moins de 700 vers, est une narration, ayant pour titre Phidiaê et Péridês. EUe semble être le pendant de cSocrate et Aristophane» d^AL ByaanHoê^ et ne lui est pas inférieure comme peinture fidèle de Tantiquité. Son style est moins avare d'accessoires et d'ornements descriptifs, et ne peut s'en passer au même Atffcé.
Comme Byzantios, il débute par une représentation au théâtre. C'est Aeschyle qui en a les honneurs, par sa trilogie d'Oreste. La poète décrit par quelques traits vifs l'Agora et le peuple qui la remplit. Un homme, s'écartant du tumulte, va s'asseoir sur un tronçon in-