Chapitre XIL — Poètes helléniêtes : Levkiaa
lui de la douce lumière du ciel. Le jour heureux luira où tout ce que je vous annonce sera accompli. Mes paroles ne sont ni fausses ni vaines. Ce que je dis sera.*
Mars et Neptune s'engagent à sauvegarder le nouveau royaume. Amphitrite, suivie de son cortège maritime, vient à travers la mer Egée rejoindre les autres Dieux. Jupiter, un peu en gaîté, veut procurer im petit plaisir à son frère Pluton, et l'autorise à faire remonter à la lumière, pour jouir de l'aspect du premier Roi de la Grèce, tous les héros anciens et modernes qui ont illustré ce pays, depuis Japétus et Deucalion, jusqu'à Nikétas, le mangeur des Turcs, Caraiscos et Botsaris.
Parmi les ciselures dont VUlustre boiteux avait orné la couronne, il y avait la représentation de la grande solennité par laquelle le Roi Othon avait consacré un monument aux cendres de Caraiscos. Il avait à cette occasion déposé sur le catafalque le cordon de l'ordre nouvellement institué du Sauveur. L'ombre du héros, venant assister au couronnement, est parée des insignes de cet ordre, et Botsaris, et les autres grands capitaines qui l'accompagnent, l'en félicitent, sans en être envieux. Du haut de l'Acropole les âmes voyant le peuple entourer le palais et saluer le Roi apparu au balcon, unissent leurs bénédictions à celles de la foule.
Enfin la nuit tombe. C'est une nuit belle conmie on n'en voit qu'en Attique. Au banquet succède une brillante illumination et un bal au palais. cLes hommes les plus haut placés, soit natifs du pays soit étrangers,
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ofirent la main atix daines magnifiquement vêtues, aux belles filles dont la superbe chevduie est le plus bel ornement, et se livrent à des danses agiles, tournant sur eux mêmes, s'entrelaçant, décrivant des courbes, et frappant le sol d'un pied rapide au son des fiâtes, dont jouaient des artistes enflant leurs joues.»
Les Dieux prenaient du plaisir à contempler ces danses, qui leur étaient neuves, et qu'ils comparaient aux mouvements des étoiles gravitant avec leurs satellites autour du soleil. Jupiter déclare qu'il n'a pas d'objection à ce que l'Olympe imite ce qui se fait de bon sur la terre, et sur cette insinuation, Apollon saisit sa lyre, et les autres Dieux, deux à deux, Pluton avec Amphitrite, Mars avec Junon, Jupiter avec Vénus, dansent à qui mieux mieux la valse tourbillonnante ou la polka aux sauts rapides.
«Mais lorsque la pleine Itme aux blanches joues dirige son timon doré vers l'Océan, et que l'Aurore vient faire tourner sur leurs gonds les portes de l'Olympe,» alors le Roi, les troupes des danseurs, la foule qui entourait le palais, les Dieux réunis sur l'Hymette et les âmes campées sur l'Acropole, tous se retirent pour se livrer au repos.
Tel est ce poème, que Musée n'aurait pas refusé d'avouer. C'est peut-être une mosaïque composée de fragments antiques; mais le poète sait agencer ces fragments avec tant d'art, et leur donner tant de vie et dtr grâce, qu^il en a tiré un tableau charmant et animé.