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Chapitre XII L — Poètes Ioniens: Salomos

Nous donnons encore une petite idylle toute naïve du même poète, pour faire voir qu'il n'a pas moins de grâce et de sensibilité que d'élévation et de force:

€ Avgoula,

<0ù est Avgoula? Le soir approche, les ténèbres vont s'étendre sur la terre. —

fD va vers le haut cyprès, il la cherche à la fonfaine; elle n'y est point. H regarde au loin, il regarde le chemin, et appelle: Avgoula, mon Avgoula!

cCe nom sort de son sein avec des soupirs, et une autre voix répète: t Avgoula». H croit que c'est elle, il accourt, il cherche, comme la colombe qui a perdu sa compagne.

cil la voit enfin qui s'avance. cMon Avgoula, quelle frayeur tu as causée à ton ami!»

«n dit et court à elle; mais elle ne répond pas. Elle repose sur un coussin rouge, dans le lit étroit du cercueil. Toujours belle, elle porte la couronne des morts dans les cheveux.

«L'ange qui a pris son âme doit avoir déposé un baiser sur ses lèvres, Car sa bouche sourit encore, et l'on ne peut croire qu'elle doive être mise en terre.

« — Non, elle n'est pas morte. Voyez ses couleurs. Elle dort, elle dort d*un profond sommeil. » H lui prend la main, il lui pose la couronne sur la tête et la lui reprend.

« — Ma mère, Avgoula dort, je te le dis en vérité. Ohl ne pleure pas, ma mère, car je pleure aussi. Voilà sa couronne . . .

« Oh ! ne te détourne pas , ne ferme pas les yeux I Je la laisse sur tes genoux. Si Avgoula tarde à se réveiller, tu mettras cette couronne sur ma propre tête.»

220 //. Partie. — Livre IL — Poètes.

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