FOSCOLO. PALLI
Salomos n'est pas le seul poète qui ait presque manqué à sa patrie par le peu de soin qu'il a donné à cultiver sa langue maternelle. Le Parnasse grec compte encore d'autres glorieux déserteurs. Foscolo, le chantre sublime des Sépulcres^ est natif de Corfou. Dédaignant la langue de ses pères, qu'il croyait imparfaite parce qu'il ne la connaissait qa*imparfaitement, il cultiva la muse italienne, et oublieux des malheurs de son propre pays, il consacra ses pleurs à ceux de Venise.
Son Jacopo Ortie^ cette belle contre-partie de Werther, qui fait les délices de l'Italie, eût fait la gloire de la Grèce. Il a su plaire et intéresser même après le chef-d'œuvre de Goethe, qui lui a servi de modèle. Sa grande réputation poétique repose, comme celle de Salomos, sur une seule ode, celle qu'il a consacrée aiix < Sépulcres t, et qui contient de grandes richesses de poésie.
Un autre' beau talent que l'Italie a soustrait à la Grèce est celui d'Angélique Bartoloméo, née Palli. Originaire de TÉpire, elle s'établit en Italie avec sa famille. et s'y maria. Devenue familière avec la belle langue du Tasse, elle développa à un point remarquable ce talent qui semble exclusivement réservé à l'Italie, de foire jaillir spontanément la pensée avec tout Téclat de la poésie et tout le brillant appareil du rhythme. Ses improvisations font l'admiration des Italiens. Elle s'est distinguée