‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 235 sur 256 · Chapitre XIV. — Pohtea vulgarUtes: Volaontts · texte numérisé non relu

Chapitre XIV. — Pohtea vulgarUtes: Volaontts

« grande pureté, mais n'a jamais composé un seul vers

dans un autre dialecte que dans celui du peuple. Comme

Tertsétis cependant, ce n'est pas le jargon ionien, c'est

ridiôme vulgaire des montagnards qu'il a adopté.

Natif de Leucade, qui n'était unie aux îles ioniennes que par des liens administratifs, mais qui est plutôt un promontoire de l'Acamanie, et n'en est séparée que par tin étroit bras de mer, il a subi depuis son enfance l'influence de ces chants clephtiques si naïfs et si frais, qui respiraient les brises des montagnes et les premières aspirations des Grecs vers la liberté. H y trouvait cette inspiration mâle et sublime du grand poète, le peuple, qui manquait souvent aux productions des imitateurs froids des littératures étrangères. Dominé par le charme de ces poésies primitives, il en attribua une trop grande part à la langue dans laquelle elles étaient chantées, et non seulement il a adopté cette langue pour en habiller, quelquefois pour en déguiser, ses brillantes pensées, mais il en a aussi fait une étude des plus approfondies, et en a exploité avec un goût éclairé toutes les beautés et toutes les richesses, au point d'employer souvent des locutions et des mots usités peut-être dans les gorges ignorées du Pinde, mais inconnus aux autres parties de la Grèce. S'il faut un vocabulaire pour l'intelligence de la poésie moderne, mieux vaut recourir à celui du grec ancien.

Cependant ce dialecte a sur celui des Ioniens le grand avantage d'appartenir au grand continent grec,

R an gabé , Littérature néo- hellénique. II. 16

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d^être par conséquent beaucoup plus généralement répandu. Étant celui dans lequel s'exprimaient ces hommes énergiques qui avaient, les armes à la main, affronté la tyrannie, il en acquérait un prestige qui le répandait partout où il y avait des Grecs soupirant pour leur indépendance, et les chants des montagnards belliqueux le sanctionnaient comme langue poétique du peuple, de même que dans l'antiquité les rhapsodies d'Homère consacraient le dialecte dont il s'était servi comme seule langue de l'épopée.

Les vulgaristes avaient toutefois le tort de perdre de vue qu'à côté de ce langage abandonné à lui-même et altéré par la négligence et l'ignorance de la càasst qui le parlait, les Grecs en avaient un autre, celui dont l'église et la société plus instruite conservaient la tradition, et qui, cultivé avec ardeur, aspirait à marcher sur les traces de cette langue antique, qui est le plus beau patrimoine vivant du peuple hellénique.

Les poésies de Valaoritis sont nombreuses, et se distinguent par la puissance de l'imagination, la richesse des couleurs, l'originalité de l'invention, et par une grande force, qui quelquefois parait outrepasser la mesure. Le caractère tout national dont le poète tient à revêtir sa langue nous dispenserait de dire que c'est celui qu^il a aussi donné au sujet de toutes ses compositions. L'une des plus belles, Phrosyney a la forme d'un drame, sans en être un, même dans la pensée de son auteur. C'est une narration dialoguée, en vers tantôt blancs tantôt

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