Chapitre II L — Écrivains. — Bulgarie
n publia à cet effet les ouvrages jusque là inédits de deux savants ecclésiastiques de la fin du 15® siècle, de Bry ennuis et de Théodoret^ dont le dernier consacra sa plume à repousser les attaques des détracteurs de relise grecque; il traduisît du latin louvrage sur la procession du St. Esprit par Adam Zœrnicahius^ théologien prussien converti à Téglise grecque, ainsi que trois autres traités qu'il publia sous le titre >de fil bien tordue >), l'un sur la divinité du christianisme par 8oam Jenyus^ Tautre sur 1 autorité des évangélistes par Deccur sobre ^ et le troisième sur la généalogie de J. C. par Camlet Sous le titre ^Entretiens pieux ^ il écrivit d'excellents commentaires philologiques et archéologiques des deux testaments, et plusieurs autres dissertations de même nature. Il traduisit aussi les confessions de St. Augustin.
Mais son esprit juste et clairvoyant, sachant concilier Tautorité avec la liberté, comprenait que la vraie piété n'exclut pas la tolérance. Afin de renforcer ce principe salutaire chez ses compatriotes, le théologien profond, le chrétien dévoué, ne craignit pas d'emprunter la plume spirituelle du plus grand esprit de son siècle, et traduisit le traité de Voltaire sur les dissidents de Pologne.
La philosophie à laquelle Eugène consacra les plus puissantes facultés de son âme était le reflet de ses
I) S-napriov eurptrov , d'après ce passage de l'Ecclésiaste (IV, 2): «Le fil bien tordu ne se rompra pas.«
Rangabé, Littérature néo - hellénique. 5
66 Livre IL — Ratovr à la vu, 1700-^1800.
principes religieux. Fortement convaincu des vérités du christianisme, mais convaincu aussi que la vérité est une, il répudia et combattit constamment tout principe qui était hostile à la religion, ou qui ne Tadmettait qu^avec certaines restrictions mentales, avec des accommodements qui répugnaient non moins à sa sincérité d'homme qu'à sa foi de chrétien et à ses convictions de philosophe. Repoussant également les systèmes fatalistes de Spinoza et de Hobbes, il est dans ses écrits essentiellement éclectique, prenant dans les anciens et dans les modernes tout ce qui lui parait constituer un système qui se concilie le mieux avec les grandes vérités, enseignées par la révélation à la faiblesse de l'entendement humain, et mises hors de l'atteinte de toute discussion.
Fidèle à ces principes, il traduisit la logique de Grabesend et la métaphysique de Genuenstufs^ detix philosophes éclectiques. C'est ce même esprit qui préside à ses propres compositions philosophiques, la logique et la Métaphysique^ écrites en grec ancien, ainsi qu'un traité fort remarquable sur la crainte de la mort
Ses ouvrages sur les sciences exactes ne sont pas moins recommandables. Après avoir traduit le couis de mathématiques de TaeuAti'us^ il écrivit lui-même des éléments de cette science, et sous le titre de Btcréations philosophiques il publia un couxs de ph^ sique^ où il expose de la manière la plus méthodique tous les progrès que la science avait faits jusqu'à son