‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 30 sur 256 · Chapitre III, — EcrivinM. — Bulfforiê · texte numérisé non relu

Chapitre III, — EcrivinM. — Bulfforiê

époque, sans exdure souvent les théories les plus abstraites, vers lesquelles l'entraînait la nature spéculative de son esprit. H a aussi composé une astronomie d'après Tycho-Brahé; mais il y laisse planer le doute sur tous les principes qui paraissent ne pas répondre exactement aux témoignages de Tancien Testament. Une géogrc^ phie de sa composition fut plus tard complétée et publiée à Vienne (1504) par Anthîme Gazés.

Dans le domaine des belles lettres cet homme universel signala son étonnante activité par la traduction d'une archéologie homérique et d'une archéologie de Cùrfou^ écrites en latin par le Vénitien Quirini. Mais ce qui le met hors de pair comme helléniste et Uttérateur, c est sa traduction en vers homériques de TEnéide et des Géorgiques de Virtjile*). C'est Catherine qui, ayant jugé ses forces, exigea de lui ce travail monumental. D s'en acquitta d'une manière qui dénote en lui une très-grande familiarité avec le langage du prince des poètes* et une vive conception de l'esprit et des beautés du poète latin. Par un effort gigantesque, il rendit au Parnasse grec ce chef-d'œuvre qui paraît lui appartenir, et n avoir que fortuitement été produit sur les bords du Tibre; et si son style manque parfois de cette souplesse et de cette aisance qui fait le plus grand charme de la poésie homérique, c'est qu'il avait à lutter corps à corps avec le plus grand écrivain de l'antiquité

I) Trois Vol. in Fol. St. Petersboiug, 1791.

68 Livre IL — Retour à la nie, nOO-^-lSOÛ.

romaine, embarrassé de Tarmure du géant de l'antiquité grecque. Du reste si Bulgaris n'est pas toujours simple en traduisant Virgile, on sait que Virgile ne l'a guère été en traduisant Homère.

Jusqu'à Théotokis et jusqu'à Bulgaris, les Grecs, fidèles à leurs traditions, exagéraient leur juste admiration pour leurs ancêtres au point de croire qu'il n y avait rien audelà de Tantiquité hellénique, que tous les progrès que les modernes avaient fait faire aux sciences n'étaient que des innovations oiseuses, et qu'il était inutile, souvent même dangereux, de les étudier. Eugène opposa toute l'autorité de son bon sens à cette prévention funeste; et tandis qu'il discutait avec Néophyte CAVSOCALYBrrE , grammairien distingué, professeur au Gymnase de Janina, et plus tard son ami intime, sur l'étendue et la compétence de la grammaire, il écrivait des réfutations contre un autre savant de la même ville, Balanos Vasilopoulos, qui, adorateur obstiné du passé, traitait l'algèbre avec un mépris souverain, croyait fermement qu'Euclide avait dit le dernier mot des mathématiques, et envoyait à toutes les académies de l'Europe une solution qu'il croyait avoir trouvée par la géométrie élémentaire, pour obtenir deux moyennes proportionnelles entre deux lignes de longueur inégale.

Bulgaris, champion des idées modernes et d'un sage progrès dans l'enseignement en Grèce, se livrait avec zèle à ces débats scientifiques, qui rappelaient les disputes des écoles de l'ancienne Grèce, et qui en étaient

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