Chapitre IIL — JProsaieurê* — Sciences. lOl
cité plus haut y Const Coumas, dont Tétonnante activité brille dans toutes les branches des connaissances humaines, a publié en 8 volumes un cours de mathé" matiques élémentaires et transcendantes. D. Gobdélas de Thessalie, directeur du Gymnase de Jassy, et Etienne DuNCAS, professeur au même établissement, des traités de Mathématiques^ qui ont servi à l'enseignement jusqu'au moment où, après la révolution grecque, des livres plus méthodiques les eurent remplacés.
BE^{FAMIN de Lesbos, qui avait commencé par être n:iarmiton chez un riche de Constantinople, devint par son infatigable persévérance un mathématicien distingué, et laissa des ouvrages estimés sur les sciences qu'il cultivait, entre autres une géométrie calquée sur celle d'£udide')- S p. AssANis traduisit le traité de Vabbé CaiUet >sur les sections coniquesc, et le moine Jonas Spar- Mions celui de Guidon de Grande sur le même sujet. Ce livre fut revu et publié par Anthime Gazés*). Gavras a traduit les »Êléments« d'Euler.
N. Darvaris, toujours ardent à populariser la science, écrivit une physique populaire, fort estimée dans ce temps, et D. Philippidés traduisit celle de Brisson, ainsi que la »Chimie« de Fourcroy^ qui fut aussi traduite par Th. Heliades, et »rAstronomie« deLalande. Toutes ses traductions sont aujourd'hui oubliées avec la langue dans laquelle il a eu la malheureuse idée de les faire. Rigas
«) VicDne, 1820. — *) Vienne, 1802.
I02 lion IIL — BmaiêêaMe. — Dt 1800 à 1821.
de Phérœ, le premier ap6tre de la révolution grecque, a aussi écrit une Pkyêique populaire, et a publié une carte de la Grèce ancienne et moderne sur une trèsgrande édielle. Coukas, le savant aux connaissances universdles, est aussi auteur d'une Phyiique^ d'une trar duction de la »Chimiec d^Adet^ en deux volumes'), et d'un court abrégé de toutes les acieneeê. Un autre traité de Physique est dû à Serge Macréas d'Agrapha, directeur de l'école patriarcale de Constantinople; et un ouvrage plus long sur le même sujet a été écrit par l'helléniste Codricas; mais le plus complet, et qui résume les derniers progrès de la science, est celui de C. Vardalachos d'Alexandrie. Etienne Duncas a composé un traité sur le vide^ et C. Popp a traduit de l'allemand une physique populaire, en vue surtout de combattre les superstitions des dasses ignorantes.
Les ouvrages historiques sont rares dans cette période. Tout préoccupés de leur propre patrie, les Grecs en apprenaient l'histoire ancienne dans Plutarque, dans Thucydide et dans Hérodote, qui étaient alors, comme ils sont encore, les premières étapes de leur éducation. Quant à l'histoire moderne, dont les pages étaient muettes sur le sort de la Grèce, ou qui n'en racontait que le triste
I) Vienne, 1808—9.
CkapUrellL — Prosaiewrt, — Seiene$ê, 103
esdavage, son étude ne les touchait pas de près, ou bien dk leur était pénible.
Cependant quelques livres historiques, et surtout quelques traductions, ne sont pas tout à fait indignes de mention. Spyridion Contos, qui a pendant trois ans publié à Paris le journal littéraire ^VAbeUlet^ entreprit un grand ouvrage ^d^Eîêtoire universeUet, dont le premier volume a seul paru.
Pins heureux que lui, Coumas termina et publia son SUtaire unwerêeUe en douze gros volumes, composée surtout diaprés l'ouvrage de Schneider. Cette grande oeuvre pèche surtout par le style un peu gauche et pesant, et par la prétention pédante de l'auteur d'helléniser tous les noms propres modernes, même ceux qui se prêtent le moins à cette transformation, au point de les rendre souvent impossibles à reconnaître. Coumas est aussi l'auteur d'une Chronologie').
Gr. PAUOURms, professeur à l'école de la colonie grecque de Livoume, a composé une hùtaire et une ardiiologie de la Grèce, Chacun de ces deux ouvrages est en deux volumes, et tous les deux ont rendu de trèsbons services dans ces temps de transition. A. Méukls de Courfou a écrit en français im excellent essai sur la civilisation des anciens Phéaciens, qui fut traduit en grec par N. Mavroscatis.
Anthime Gazés, l'auteur du dictionnaire, a, sous
I) Vienne, 1813.
I04 Livre IIL — Eenaiesance. — De 1800 à 1821.
le titre de Bibliothèque hellénique^ publié en deux volumes une histoire de la littérature ancienne, puisée aux sources; et Athanase de Stagire, des biographies des grands homme» de Tantiquité, une histoire et géographie de l'Ëpire et une Mythologie fort détaillée en cinq volûmes, qui traite aussi des antiquités religieuses, et porte le titre ^Ogygie. Une autre Mythologie en un gros volume orné de gravures, et intitulée le Panthéon^ est l'ouvrage du moine Ch. Megdanos, de Macédoine.
Ch. PERRHiEBOS d'Olympc a raconté en deux volumes les guerres des Souliotes contre Ali Pacha. Ce premier essai d'une histoire nationale, plein de détails curieux sur cette poignée de Grecs intrépides, qui, en affrontant la mort, ont toujours su préserver leur indé* pendance, n'a pas peu servi à entretenir dans toute la nation l'élan d'enthousiasme qui a bientôt éclaté en actions glorieuses. Il est écrit avec une simplicité qui n'exclut pas la vigueur, et rappelle par quelques parties le style aisé et peu prétentieux de Xénophon.
Le moine Constantius, depuis patriarche œcuménique, homme d'un vaste savoir, a composé une description archéologique de Constantinople, contenant plusieurs renseignements neufs et précieux, une archéologie d'Alexandrie, de l'Egypte et de la Nubie, ornée de planches, et a fait une traduction du latin des antiquités homériques. L'Archimandrite Cyprœn, plus tard métropolitain de Chypre^ sa patrie, en a écrit une histoire et une ar* chéologie.