JOURNAUX
Une génération avide d'instruction et de connaissances ne pouvait se passer de journaux, ces puissants oiganes de la circulation des idées. Aussi depuis 1810 jusqu'à 182 1 en parut-il plusieurs, dont un seul, publié à Vienne, reproduisait, mais sans commentaire aucun, les nouvelles du jour contenues dans les feuilles offideUes de l'Autriche; car la Grèce n'était pas encore ressuscitée à la vie politique, à laquelle les journaux servent d'agents, de laboratoires et d'aliment quotidien. Touts les autres étaient plus ou moins exclusivement consacrés à la littérature, et servaient à instruire, à éclairer le peuple, et à le rendre plus propre à se lancer dans la carrière qui allait s'ouvrir pour luL
1) Leipz. 1806. ^ >) Constant 1816.
ChapUre IIl. — Proêoienrt. — Sdenceê. III
Bs étaient tous publiés à Tétranger, à Paris ou à Vienne, d'abord parceque les villes grecques sujettes de la domination ottomane manquaient encore d'imprimeries, à ^exception de celle du Patriarcat à Constantinople, et d'une autre que P. Patrikios fonda à Bucharest sous les auspices des Princes Phanariotes; mais surtout par la raison que latmosphère de liberté; indispensable à la publicité, même lorsqu'elle s'abstient de la politique et se borne aux spéculations scientifiques et littéraires, n était à trouver que dans les capitales de l'Europe civilisée.
Les principaux de ces journaux étaient VAbeiUe^ que S p. CoMTOS publiait à Paris; la CaUiope^ rédigée par Âthanase Stagirite à Vienne; la Minerve; VIris; le Mercure littéraire (Àâyioç ^Ep/j^ç) , un recueil fortremarquable, qui comptait parmi ses principaux rédacteurs et leurs collaborateurs des hommes d'une grande érudition.