‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 71 sur 256 · Chapitre I, — Caractkre général de Vépoquê etc. I · texte numérisé non relu

Chapitre I, — Caractkre général de Vépoquê etc. I

du patriotisme le plus pur et le plus désint^essé. Mais« éloigné lui*même du théâtre des événements, et voyant souvent à travers les préventions des partis qui le ren» seignaient, il a plus d'une fois émis des jugements re* grettables, et parlé un langage propre à attiser les passions qu'il aurait dû mettre toute Ténergie de son pa* triotisme à éteindre.

Lorsque enfin, par une lutte héroïque, alors applau» die sans réserve par tous les peuples civilisés, la Grèce fut sortie triomphante de sa lutte désespérée, son affi-an* chissement rappela du même coup à la vie son activité littéraire. Son problème social avait changé de nature. H s'agissait pour elle non plus de préparations ou dé combats pour acquérir, mais bien d'efforts pour conserver et pour organiser les dons précieux de l'indépendance qu'elle avait acquise ; et la littérature, expression suprême et miroir fidèle de la société, a dû porter, elle aussi, cette empreinte des temps. Le peuple grec n'était plus une masse inerte, écrasée par la t3rrannie; chaque indi* vidu, relevé à la dignité de l'homme, devenait un citoyen, ayant des droits à défendre et des devoirs à remplir. Ces droits et ces devoirs sont les mêmes partout^ car ils émanent de la nature; mais il n'y a que les nations civilisées qui s'occupent à les approfondir, et cherchent à se mettre à même de sauv^arder les uns et de s'acquitter dignement des autres.

Voilà pourquoi, dès le premier instant de leur éman* dpation, les Grecs ont considéré l'instruction comme uq

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besoin universel, et non comme un luxe réservé à qudques individus d'élite, qui, autrefois, se donnaient la mission de se passer à eux seuls le flambeau sacré, et d'en entretenir la flamme. Leur premier congrès national, réuni au bruit du canon ennemi sous les orangers d'Epidaure pour proclamer leiu* droit de s'asseoir parmi les peuples libres, n'eut pas de soin plus pressant que de s'occuper de l'instruction publique. Son second décret après celui qui consacrait l'existence nationale concernait Torganisation des études. Dans tout le pays il consacrait pour les écoles primaires la méthode lançastrienne, que déjà avant la révolution Cléobule avait introduite aux collèges grecs de Jassy et de Bucharest, et plus tard à celui d'Odessa. C'était celle qui convenait le mieux aux temps et aux nouvelles conditions du peuple ressuscité, impatient d'obtenir le plus de résultats avec le moins de moyens possible.

Cette méthode est pour ainsi dire l'instruction en fabrique. Elle a tous les avantages, mais aussi quelques uns des défauts communs à tous les produits datelier, une production plus rapide et plus étendue, mais aussi moins perfectionnée. Plus de matière et moins de solidité, plus d'objets et moins de persévérance, tel devait être le caractère de l'instruction à laquelle le peuple entier était appelé à participer.

Dans l'ardeur que les Grecs mettaient à entretenir les écoles créées par cette assemblée on peut voir la meilleure preuve de leur ambition de ne pas déchoir, mal-

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