‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 72 sur 256 · Chapitre L — Instrtu^ioiu 1 5 X · texte numérisé non relu

Chapitre L — Instrtu^ioiu 1 5 X

gré tous leurs désastres, de la dignité de peuple civilisé. Ces établissements ne pouvaient pas être soutenus par TEtat, engagé dans une lutte de vie ou de mort. Cependant, même au milieu des plus grandes catastrophes, ils n étaient jamais désertés. Le jeune Pallicar, déposant son fusil encore fumant, venait s'asseoir sur leurs bancs, où il était appelé par le devoir de se rendre plus digne de la liberté qu'il achetait de son sang.

Mais c'est surtout lorsque l'indépendance de la Grèce fut assurée sous le sceptre du Roi Othon que l'instruction du pays fut définitivement organisée. Le règlement des écoles primaires fut l'œuvre de M. de Maurer, membre de la régence du Roi mineur; un savant éminent et un sage administrateur. Le premier projet organique de Tinstruction secondaire et supérieure, comprenant les écoles helléniques, les Gymnases et l'université, fut élaboré par A. R. Rangabé, alors conseiller au ministère de l'instruction publique, et reçut depuis plusieurs remaniements.

Touts ces établissements, auxquels il faut ajouter ceux d'enseignements spéciaux, tels que l'école militaire, d'abord fondée par le président Capodistrias , le séminaire théologique, dû à la munificence d'un citoyen, G. Rizaris, l'école des beaux arts, etc. sont aujourdliui annuellement fréquentés par 85,000 jeunes gens et 15,000 jeunes filles, ou ioo,ooc:^ élèves sur une population de 1,500,000 âmes. Les plus aisés des étudiants de l'université vont d'ordinaire, à la fin de leurs études, se per-

152 //. Partie. — Livre L — Proêoteurt,

fectionner aux hautes écoles de la France ou de TAUemagne. On en voit les plus pauvres ne pas reculer devant les travaux les plus abjects, pour se procurer, comme Qéanthe dans Tantiquité, les moyens de s'instruire, s'engager même quelquefois comme domestiques à la seule condition de se réserver les heures de Técole. L'État dépense pour l'instruction 0,053 de son budget de recettes, ce qui est une proportion beaucoup plus élevée que dans le reste de l'Europe. La raison en est que l'instniction, considérée en Grèce comme un instrument indispensable de régénération, est gratuite à tous les degrés.

Après cette extension des établissements scolaires, ce qui manquait encore à la Grèce pour compléter son développement intellectuel, c'était une Académie. Les éléments pour sa formation ne faisaient pas défaut, et un grand patriote, le Baron Sina, a fait élever à Athènes, pour la recevoir, im palais dont la splendeur et la beauté peuvent être admirées même à côté des merveilles d'architecture dont les mines parent la ville de Périclés. Ce qui manque jusqu'ici à cette œuvre de haute nécessité, c'est l'organisation qui doit l'appeler à la vie. Le peuple grec y a suppléé en partie de sa propre initiative, en formant des Sociétés savantes, qui s occupent de sciences, font des qours libres, et se donnent pour mission d'établir des écoles partout où les'conditions locales ne permettent pas aux habitans d en entretenir. Plusieurs de ces Sociétés sont des sections d'académies, qui attendent

Page 1