‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 102 sur 135 · Chapitre XII. — Poètes hellénistes: Philip2)e-Jcan · texte numérisé non relu

Chapitre XII. — Poètes hellénistes: Philip2)e-Jcan

main de notre mère vénérée et les lèvres de mes sœurs, et de rendre au Dieu tout-puissant des actions de grâce pour mon salut. Mais telle n'a pas été la volonté du Très -Haut, et je tombai loin de ma patrie en combattant dans les premiers rangs contre les barbares et pour la liberté des chrétiens. Mais ne t'afflige pas trop, ô mon frère, de ma fin. Ma mort ne mérite pas des larmes. Je ne suis plus esclave, je ne suis plus témoin des insultes des Turcs et des souffrances de notre patrie. J'ai quitté, il est vrai, sur le schamps de Dragassan mon corps privé de sépulture. Il y sera la proie des bêtes féroces, et mes os y pourriront à Tair humide. Mais moi-même je suis monté au séjour des bienheureux, où je partage avec d'autres les douces récompenses réservées aux martyrs. Ne pleure donc pas, Philippe, pour moi; donne tes soins à la maison paternelle, à notre mère, à nos tendres sœurs ; et lorsque la patrie aura recouvré sa liberté, ne livre pas mon nom à l'oubli. Dresse auprès du temple du Sauveur une petite colonne, qui porte le nom de ton Régius.»

«C'est ainsi que parla mon frère chéri. J'étendis mes bras pour l'y presser ; mais ce fut en vain, car la vision nocture s'envola,' et avec elle le sommeil déserta aussi mes paupières. Ses chers accents retentissaient encore à mon oreille après que je m'éveillai, et mes yeux étaient mouillés de larmes.»

212 II. Partie. — Livre II. — Poètes.

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