‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 123 sur 135 · Chapitre XV. — Le Roman · texte numérisé non relu

Chapitre XV. — Le Roman

sitions encore de ce genre qui méritent d'être particulièrement citées.

Tels sont deux ouvrages du savant Léon Mêlas,

qui a consacré tous ses soins à l'éducation du peuple. L'un a pour titre ^Gérostatfns^^ l'autre ^ Christophoros, ou les naiifragé.s.^ Sous la forme attrayante de narrations dialoguées, tous les deux se proposent de populariser des connaissances utiles et les préceptes d'une saine morale, appuyés des exemples de l'histoire sainte et de celle de de l'antiquité hellénique.

Jean Delyanni, ancien ministre des affaires étrangères, a écrit en 1832 quelques nouvelles, publiées en un petit volume, en 1845. Si nous en faisons mention, c'est moins pour leur valeur Httéraire, que parcequ'elles ont été le premier pas par lequel la littérature nationale s'essayait dans cette voie. Les sujets sont empruntés aux temps obscurs du moyen-âge de la Grèce et aux relations de la vie sociale actuelle dans le pays.

Le savant avocat et ancien ministre P. Calligas est le premier qui ait écrit un roman de quelque étendue. Il est intitulé ^Thanos Vlécos^^ et s'attache à décrire les mœurs de la population montagnarde de la Grèce. Il est pétillant d'esprit, et écrit dans un style qui peut servir de modèle. Achille Leventi s'est aussi attaché à dépeindre cette même partie du peuple grec dans un petit roman, qui ne manque pas de talent.

Le roman historique d'Emmanuel Roidés, intitulé *la Papesse Jeanne-» est une œuve remarquable par l'intérêt de l'intrigue tout autant que par le style puissant

2/2 //. Partie. — Livre II. — Poètes.

en même temps qu'incisif. On peut même dire que cette dernière qualité frise quelquefois de bien près les bornes que le bon goût et même la bienséance n'aiment pas à dépasser, et l'ironie dont tout le roman est empreint est souvent d'une âcreté que n'a pas le sel attique. L'auteur ne se pique pas non plus d'une trop grande circonspection dans le choix des situations, bien qu'il exploite une légende dont l'authenticité n'est pas audessus du doute. Ce roman n'en est pas moins l'un des plus considérables que la littérature grecque ait produits, et il a eu l'honneur d'une traduction italienne.

Et. XÉNOS est auteur de romans longs de plusieurs volumes (le diable en Turquie , l^ héroïne de la révolution) ^ qui dénotent de la facilité et de l'abondance, et beaucoup d'esprit et d'invention. Ils décrivent avec talent et avec vérité, bien que quelquefois avec quelque exagération, les conditions sociales de l'Orient, qui en est le théâtre. Mais en même temps il leur manque cet arrangement savant de la fable et cette perfection dans l'exécution, dont une œuvre littéraire ne peut se passer.

C. Ramphos , avocat et préfet , a aussi composé de petits romans, dont la scène se passe en Turque (p. e. Chalet- Efendi)^ et dont le principal mérite consiste dans le style vif et spirituel, surtout dans les dialogues.

Ampélas , historiographe et poète, a également essayé d'un roman, intitulé « Hélène de Milet , » qui traite des événements de la guerre de l'indépendance.

Le médecin Salabanda a écrit un roman historique qui raconte les péripéties de la ville héroïque de Souli.

Chaintre X V. — Le Roman. 2 7 3

Marictla Rali.i, une jeune fille de Syra, a puisé dans la Bible les sujets d'une collection de nouvelles qu'elle a publiées.

D. Pantazis, auteur de plusieurs livres didactiques, Test aussi d'un grand nombre de contes tirés soit de la mythologie, soit de l'histoire des plus anciens temps de la Grèce. Ils sont pleins de charme et pétillants d'esprit, mais ne s'élèvent pas jusqu'aux dimensions du roman.

Toutes ces compositions, bien qu'il y en ait dans le nombre qui ne manquent pas de mérite, ne suffisent cependant pas pour constituer une branche distincte de la littérature grecque, qui, peut-on dire, à de rares exceptions près, ne possède encore le roman qu'en traductions.

Nous n'avons en général nommé dans cette esquisse que ceux des littérateurs qui s'élèvent plus ou moins par quelque qualité distinctive, quelquefois même peut-être par le nombre seul de leurs travaux, audessus du commun. Les régions plus modestes du Parnasse grec sont aussi peuplées d'une foule d'auteurs industrieux, qui font infiniment de travail, et, en alimentant la littérature journalière, contribuent à rendre à la fertiHté première ce sol que l'esclavage avait condamné à rester en friche pendant des siècles.

Dans le tableau que nous avons présenté nous avons vu les lettres suivre en Grèce pas à pas les destinées

Rangabé) Littérature néo- hellénique. II. l8

2 74 II' Partie. — Livre IL — Poètes.

du pays qui fut leur ancien berceau et leur temple. La littérature s'y développait dans la même mesure que la liberté. Sous le despotisme à peine brillait -elle comme un point prêt à s'éteindre. Lorsque la Grèce eut recueilli toutes ses forces pour les diriger vers l'indépendance, elle aussi traversa les ténèbres comme un rayon ardent, qui dardait sur un seul point. Enfin, depuis que les Grecs eurent brisé leurs chaînes, la littérature s'est répandue en surface lumineuse, qui a embrassé toutes les connaissances humaines.

Si, grâce à ses efforts persévérants, la race Grecque atteint les destinées auxquelles elle aspire, lorsque son intelligence, réunie autour d'un foyer, aura acquis partout un égal degré de culture et d'élévation, alors sa littérature prendra aussi le nouveau caractère que lui aura imprimé cette grande révolution. Elle sera ce que sera la Grèce elle-même, la médiatrice entre l'intelligence du midi et celle du nord et le foyer commun où viendront se refléter les rayons de l'imagination ardente et de la froide raison.

TABLE ALPHABETIQUE.

Aenian (G.) 95. 196.

Agalopoulos (N. J.) n, 189.

Alberti (J. N.) II, 190.

Alexandre (exploits d') 22.

Alexandridés (D.) 98. 105.

- (J-) 233- Alexiadés (Th.) 199.

Alexoudés (Anth. D.) 208.

Alkéos (Th.) II, 190.

Allatius (Léon) 24. 29.

Ampélas (Tim.) 207. II, 190.

Anagnostakis (A.) 237.

Ananias (Dercôn) 69.

Anargyros (Ch.) 169.

Anastasiadés (Léontios) 163.

Andricopoulos (G. A.) 232.

Andronis (S.) 241.

Angélopoulos (G.) 199.

Aninos (Th.) 260.

Anselm 183.

Anthimos (Patriarche) 71.

— (de Syros) H, 187.

Anthracite (Méthodius) 71.

Antoine 37.

— (de Byzance) 72. Antoniadés (A. J.) II, 180. 184.

— (Emmanuel) 258.

— (George) 201.

— (Lampros) 106.

— (Spyrid.) 181. 184. 201. 249.

Antonovitz 254.

Aphentoulis (Th.) 236. 238.

Aphthonidés (C.) 245.

Apostolidés (D.) 253.

— (G.) voy. Cosmétés.

— (Missaël) 218. 219.

Apostolis (J.) 255.

— (Mich.) 23. 31.

Aravantinos (P.) 186. 205.

Archigène (M.) 237.

Argyramos (Dem.) 33.

Argyropoulos (Jacques) 106.

— (Jean) 28. 32.

— (Lucas) 106.

— (Périclés) 249. 261.

— (Mme Ralou) 112.

— (Timoléon) 265.

Aristarchis (G.) 233.

Table alphabétique.

Aristias (G. Cyr.) II, 190.

Aristoclés (J.) 216. 252.

Arnîotakis (Ev.) II, 190.

Arsénius 28.

Assanis (Sp.) loi.

Assopius (Const.) 154. 164. 171.

— (Irinée) 263.

Athanase (de Paros) iio.

— (de Stagire) 104.

Athanasiou (G.) 224. 247.

Averkios 228.

Axélos (J.) 254.

Bacalopoulos 203.

Baffas (Ch.) 231. 232.

Bajatzi (G.) 98.

Balabanis (Démosth.) II, 143.

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