‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 43 sur 135 · Chapitre III. — A. R. Rangahé · texte numérisé non relu

Chapitre III. — A. R. Rangahé

prend sous sa protection Alexis, et l'impératrice Marie, la femme d'Isaac.

C'est une tour isolée qu'il a donnée pour asile à Alexis. Il s'y rend, et l'étrangle de ses mains; après quoi il va auprès d'Isaac, lui annonce brutalement son forfait, insulte à son impuissance, et le fait mourir de désespoir. Ses affidés le proclament alors empereur. Cependant les Croisés, avertis par l'impératrice Marie, reviennent sur leurs pas. Sgouros, créé généralissime par Isaac après que Lascaris s'est retiré à Trébizonte, exhorte l'Empereur à sauver la ville. Avant de marcher contre l'ennemi, Doucas déclare avoir reçu d'Euphrosyne la main d'Eudoxie. et brise la résistance de celleci en lui faisant sentir qu'il tient en son pouvoir la vie de sa mère. Sgouros, tout en devinant et le crime et la violence, n'en considère pas moins de son devoir de verser son sang pour le grand scélérat qui est l'empereur et de qui dépendent les destinées de la patrie. Mais son dévouement est vain: Les Croisés s'emparent de la ville et la livrent aux flammes. Montferrat offre sa main à Marie, et permet à Euphrosyne de se rendre auprès de Comnène fugitif, à Eudoxie auprès de Doucas. Mais celle-ci déclare ne pas être la femme de l'usurpateur. Elle dévoile tous ses crimes , qu'elle avait surpris, ayant assisté, à l'insu du meurtrier, aux derniers instans d'Isaac. Montferrat condamne Doucas à être précipité du haut de la colonne de Théodose, et, sur les prières de Marie, il rend la Hberté à Sgouros, le

88 //. Partie. — Livre II. — Poètes.

plus redoutable des ennemis que les conquérants aient rencontrés, n'exigeant de lui que la promesse de ne plus prendre les armes contre les Croisés. Sgouros refuse, et Montferrat lui fait grâce.

Les deux autres tragédies, écrites en Alexandrins rimes, sont empruntées à l'époque de la domination ottomane. Phrosyne représente un acte de férocité d'Ali, Pacha de Janina, qui a fait périr dans les flots une noble jeune fille, aimée par son fils Mouktar. La Vigile est un tableau dramatique des aspirations du peuple grec pour reconquérir son indépendance. Cette pièce étant, ainsi que les Trente, trop longue pour la scène, parceque toutes les deux offrent des tableaux d'époques entières de la vie nationale, l'auteur a désigné à la fin des volumes qui les contiennent les vers qui peuvent être retranchés à la représentation.

Les comédies sont au nombre de trois, écrites en trimètres. La plus considérable, intitulée La noce de CoutrouHs^ fut d'abord publiée sous le pseudonyme de Christophane Néohgide. Elle est un jeu littéraire, où l'auteur prétend appliquer aux mœurs et aux conditions de la vie actuelle de la Grèce le cadre de la comédie antique, avec ses chœurs.

Une jeune fille, pour échapper au tailleur Coutroulis, que son père lui destine pour époux, et pour se moquer aussi un peu de lui, lui déclare qu'elle ne l'épouserait (^ue s'il changeait de condition, et s'il réussissait à se faire nommer .... ministre! L'homme simple

Page 1