‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 47 sur 135 · Chapitre JII. — A. R. UnDijahé · texte numérisé non relu

Chapitre JII. — A. R. UnDijahé

« Coutroulis.

«Pourquoi vous déranger? Mais dites-moi, je vous prie, votre bois d'oliviers prospère-t-il toujours? Il est magnifique. De quelle pureté est 1 huile qu'il produit!

« Misthophas.

«Il est toujours tel que vous le connaissez. Si vous daignez goûter de ses produits, je me permettrai de vous envoyer quelques olives confites, qui sentent comme du musc, et une jarre d'huile.

«Coutroulis.

«Ohî Je vous remercie bien. Je sais que vous êtes toujours magnifique en tout. Cependant, avant que nous ne choisissions la place, je désirerais bien, M. le souspréfet, entendre un peu le système d'après lequel vous vous proposez de gouvernez les bienheureux peuples.

« Misthophas.

«Mon système est simple et d'application facile: Soumission aveusfle et servile à vos ordres.

« Coutroulis.

«Digne magistrat.

« Misthophas.

«Toujours et en tout je protégerai, non point les intérêts d'un basse populace, mais ceux de mon ministre.

« Coutroulis.

«Digne magistrat.

« Misthophas.

«Je me ferai aider par les petits satrapes des provinces, et les aiderai à mon tour, pour forcer le peuple imbécile à payer et à obéir.

96 //. Partie. — Livre IL — Poètes.

« Coiitroulis.

«Digne magistrat.

« Misthophas.

«Aux votes, aux élections, je remuerai ciel et terre, j'emprisonnerai, je rouerai de coups, j'imposerai des amendes, et par tous les moyens légaux ou extra-légaux je ferai que l'élu de mes administrés soit toujours votre Excellence.

« Coutroulis.

«Digne magistrat.

« Misthophas.

«Et s'il arrive des revenus fortuits ou casuels, des dons de gratitude ou des arrhes d'avantages à obtenir, j'en ferai le partage équitable, le célèbre partage du lion, cinq pour moi, dix pour votre Excellence.

«Coutroulis.

«Digne, très-digne magistrat! Oh mon très-cher ! Depuis combien de temps nous nous connaissons ! Comme je me rappelle cette bague que vous portiez alors, et que j'admirais tant ! C'était une émeraude et les trois Grâces y étaient gravées. Œuvre antique! Vous rappelez-vous comme elle était belle?

«Misthophas (à part).

«Adieu, toi aussi, ma bague. (A Coutroulis.) Certainement, ô certainement. Mais à moi cette bague est inutile. Vous êtes un connaisseur d'objets d'art. On dit qu'elle est d'un très-beau travail.

«Coutroulis.

«C'est un chef-d'œuvre.

Ckdjritre III. — A. R. Rungahé. 97

aVous me rendriez heureux si vous vouliez l'accepter. Votre noble doigt lui servira d'ornement.

« Coutroulis.

«Jamais.

«Vous ne m'aimez pas.

« Coutroulis.

«Jamais. Pourquoi vous priver . . .

«Misthophas.

«Vous m'insultez.

«Coutroulis.

«Soit donc; je la porterai en souvenir de vous.

(ïStrovilis (à part).

«Mon maître thésaurise à merveille. Il est passé maître en métier de ministre.

« Misthophas.

«Je m'en vais, Excellence, et j'attendrai le haut brevet. Vous serez content de votre serviteur, et vous verrez que je n'oublie jamais mes obligations.

« Coutroulis.

«Je vous remercie.

« S trovilis.

«M. le sous-préfet est une éponge. Que nous l'ayons un peu pressuré, cela lui fait du bien.»

Le mariage d^Archontoula est une petite comédie

de mœurs, dont un habitant de province, ignorant des

habitudes et des manières de la capitale, fait tous les frais.

Rangabé, Littérature néo- hellénique. II. 7

9 8 //. Partie. — Livre II. — Poètes.

La troisième pièce, aussi courte que la précédente, est intitulée la visite de Jupiter. Du fond de la planète où il vit exilé, le père des Dieux et des hommes a entendu un poète pédant chanter chaque nuit les attraits d'une jeune fille, qu'il dit plus belle que Léda ou que Sémélé. Jupiter continue à être à quelques égards aussi curieux que par le passé. Il descend sur la terre pour voir cette merveille. Il y est rejoint par son fidèle Mercure, voit la jeune Athénienne, et la trouve digne des éloges de son chantre, digne surtout de ses propres faveurs. Il essaie de la tenter par l'étalage de tous les trésors et de tous les biens matériels qu'il peut lui offrir. Mercure endort la belle, et les chœurs des Dieux se présentent à elle dans ses rêves, et cherchent à l'attirer par leurs chants et leurs danses. Elle en est fascinée. Mais les chants d'église qui à minuit de Pâques arrivent jusqu'à elle, et lui parlent de biens d'un ordre supérieur, la ramènent à des sentiments plus élevés. Son honnête amour pour le jeune et pauvre poète prend le dessus, et elle finit par accepter sa main.

A ces drames nous ajoutons le contenu du 5^ volume des Oeuvres complètes. Il contient les traductions métriques d'Antigone de Sophocle et de trois comédies d'Aristophane. Le traducteur s'est attaché à suivre tant dans le dialogue que dans les chœurs les rhythmes des originaux, en substituant, d'après le système qu'il a adopté, les syllabes accentuées aux syllabes longues. Il fait précéder ces traductions d'une longue dissertation,

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