Chapitre V. — Orphanidès. 1 I J
balivernes! Mais que veux-tu? Tu pourrais tarir le Mississipi, tu pourrais renverser le sommet des hautes montagnes au moyen d'une fine aiguille, (ju'il te serait impossible de tenir en frein une langue médisante et bavarde comme la mienne, surtout lors(]u'elle se propose de t'amuser et de s'amuser elle-même. Mais laissons cela, puisque tu semblés ne pas y trouver du plaisir, et revenons à la glorieuse ville de Syra, où nos étrangers sont en train de débarquer, abasourdis par les cris des bateliers.»
C ARYDIS.
Sophocle Carydis, du Péloponnèse, est l'un des satellites qui gravitent autour du soleil d'Alexandre Soutso. Il est d'une fertilité prodigieuse. Ses odes, ses poésies patriotiques sont en très-grand nombre. Il a aussi écrit des poèmes de longue haleine; il a même essayé du drame. Mais c'est surtout dans la satire qu'il s'est montré inépuisable. Pendant une longue suite d'années il publia un journal, souvent même deux ou trois à la fois, écrits en entier ou en partie en vers satiriques, agressifs, s'attaquant à tout et à tous par les personnalités les plus crues, quil croyait se faire pardonner en commençant par soi-même cet acte de dénigration. générale. Il a surtout choisi dans Soutso et outré la partie justement qu'Orphanidès a cru devoir écarter ou au moins mitiger. Que la satire ainsi maniée puisse avoir l'effet moral qui doit être le but et qui est l'excuse de ce genre de littérature, c'est ce dont il est permis de douter; mais on ne saurait contester de l'esprit et du ta-
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lent aux compositions du poète, qui, lorsqu'elles seront réunies, formeront plusieurs volumes. Toutefois le style se ressent souvent de cette excessive facilité de production. Le temps et le travail sont des conditions de succès dans la poésie comme dans tous les arts.