Chapitre VIIL — Vizyénos
lorsqu'ils reviennent de leur consternation, envoient à Tennemi une députation pour demander son corps. A la nouvelle que l'oracle a eu son accomplissement en faveur des Athéniens, les Doriens prennent la fuite, et le peuple d'Athènes, ne trouvant plus personne digne d'occuper le trône de Codrus, abroge la royalité, proclame Médon magistrat à vie, et lui donne Thelxinoé pour femme. »
Le poème commence par une invocation à la Muse en ces termes:
«Muse, fille du ciel, quitte pour un instant l'Hélicon, et viens me dévoiler le siècle 011 vivaient des hommes semblables aux Dieux. Eclaire mon esprit de ton flambeau, et déchire le voile qui couvre le long passé. Sur les bords du Céphise prête-moi ton Pégase, et ceins ma tête d'un laurier du Parnasse.
«Touche de tes doigts immortels les cordes de ma lyre , et chante par ma voix l'hymne de l'amour de la patrie. Conte la mort héroïque du grand Athénien ; redis à quel prix il acheta le salut de ses concitoyens, et comment il est mort, laissant à sa patrie la liberté en héritage.)'
Toutes les parties du poème sont également recommandables. Nous faisons suivre le passage où Thelxinoé et sa nourrice se rendent pendant la nuit auprès de Médon :
^< Enveloppées de voiles noires, elles marchent sur la pointe des pieds, comme des biches effarouchées, qui craignent d'être vues à la lumière. N'est-ce pas Hécate qui erre de nuit dans les carrefours? ou sont-ce plutôt
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des ombres de morts qui privés de sépulture, viennent à travers les ténèbres demander le dernier repos au parent oublieux ? »
«Il n'en est rien. L'une d'elles, appuyée sur le bras de l'autre, comme une liane s'attache au tronc d'arbre, a les yeux pleins de larmes, et son sang est glacé. Cependant la douleur ne teriiit pas la fraîcheur de ses joues. C'est ainsi que le ver qui pénètre au cœur de la pomme en épargne la couleur.
«L'autre, qui porte le fardeau de plusieurs lustres, a accumulé dans son esprit une large moisson de sagesse. C'est là qu'elle puise ses conseils, et elle dit à la jeune fille: vv Considère, ô ma fille, la vie comme une planche jetée sur un lac obscur, et ayant pour ancres l'espérance et la patience.
«-Tantôt le calme y règne, tantôt l'onde est agitée, et puis survient la tempête, et puis ... le nautonier verse du vin dans sa coupe et boit en chantant. Pourquoi cette aversion pour la vie? Demain tout aura peut-être tourné au mieux.» C'est ainsi que la prudente nourrice parlait à sa maîtresse chérie. La jeune fille incline la tête comme une fleur, et prononce des paroles sans suite. »
Chaintre IX. — Zrdacostas. I 69