‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 87 sur 135 · Chapitre IX. — Callivourshs · texte numérisé non relu

Chapitre IX. — Callivourshs

«Il parlait le grec celui (^ui proclamait Athènes l'auguste avant- courricrc de Jdnisalem. Il le parlait aussi, le divin Socrate, lors(}u"il initiait les peuples aux lois tl'une morale toute chrétienne , et (]u'il déclarait l'âme immortelle, recevant la ciguë pour prix de sa sublime doctrine, comme la grande révélation valut à l'Homme- Dieu la torture plus douloureuse des clous. Aussi les chants en langue grecque sont-ils plus agréables à Dieu que ceux en tout autre idiome.

«Ils parlaient le grec aussi ces artistes qui faisaient des statues et des temples non égalés par les modernes. Dans leurs Parthénons la divinité était célébrée en langue hellénique. C'est cette même langue, enviée par les rossignols, qui exprimait l'admiration pour ces œuvres inimitables, et sa beauté semblait ajouter à la leur. Aussi les chants en langue grecque sont -ils plus agréables à Dieu que ceux en tout autre idiome.

«C'est en Grec que les Évangélistes ont écrit leur ouvrage inspiré, et c'est aussi en grec que les Synodes ont discuté le droit sacré. Ils ont préféré, ô Grèce, ta langue à toutes les langues de la terre pour écrire les canons qui gouvernent le vaisseau de l'église. C'est encore en grec qu'ont été écrites les paroles dorées des trois grands orateurs de l'église du Christ, dont les Bossuet même n'ont pas atteint l'éloquence. Aussi les chants en langue grecque sont -ils plus agréables à Dieu que ceux en tout autre idiome.»

C'est uile belle tirade que celle où le poète invoque tour à tour toutes les divinités de l'Olympe pour qu'elles lui procurent le spectacle de la procession de l'ancienne fête de Délos, et lorsqu'enfin la Vierge de Ténos lui

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accorde cette joie, le poète, aidé de l'antiquaire, en fait la plus magnifique description.

Nous ne pouvons pas consacrer à tous les poètes de la Grèce actuelle une attention égale, et nous nous voyons forcés de passer sur un grand nombre de ceux qui n'ont pas un caractère distinctif. Il y en a cependant plusieurs encore dont les travaux méritent de ne pas être livrés à l'oubli, recommandables qu'ils sont, soit par la beauté de leurs vers, soit par le sentiment, ou l'inspiration poétique. Tels sont entre autres:

Gorges Paraschos, qui met au service d'un patriotisme ardent et des plus nobles sentiments une langue robuste et des vers d'une grande perfection. Il a écrit, outre des pièces lyriques, quelques scènes d'un drame patriotique, qui respirent l'air des montagnes et l'amour de la liberté. Sa traduction en vers de «Hernani» de Victor Hugo mérite le plus grand éloge: Elle est digne de l'original.

J. Skylissis de Smyrne, publiciste que nous avons déjà cité, est un poète de talent et de goût. Il a traduit en vers «la Mort de Socrate» de Lamartine^ et les plus belles comédies de Molière, qu'avec un rare succès il appliqua aux mœurs et aux circonstances de la Grèce. Il a en outre écrit, en imitation de l'ancien poète Musée, une tendre et jolie Idylle sur Héro et Léandre., et plusieurs odes et chansons, toutes imprégnées des arômes de l'Ionie.

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