POÉSIE ÉPIQUE
ANTONIADÈS. — STAYRIDÈS, etc.
L'épopée est la première histoire des peuples. Elle naît des traditions et des croyances intimes, exploitées par le génie. Son caractère est la naïve fraîcheur et
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la grandeur sans apprêt, qui appartiennent aux inspirations des peuples bien doués pour la poésie. Elle est la végétation robuste et spontanée que la nature produit et que l'art n'a pas encore altérée. Aux époques plus avancées des sociétés il peut y avoir des imitateurs et des plagiaires plus ou moins habiles, il n'y a plus de poètes épiques. Rome a Virgile, elle n'a pas Homère.
La Grèce moderne, se réveillant de sa torpeur de plusieurs siècles, n'a pas eu à traverser de nouveau une période de naïve et crédule enfance. Elle est rentrée dans la lice de la civilisation tout armée. Elle n'a pas passé par l'ère de l'épopée. Sa poésie avait des précédents ; elle devait reconnaître les exigences de l'art et le frein des règles.
Cependant il ne s'en est pas moins trouvé des écrivains qui ont consacré de longs loisirs à composer des poèmes épiques.
Tel est A. J. Antoniadès , professeur de grec au Collège du Pirée, auteur de deux épopées qui, s'il était permis de n'avoir égard qu'à la seule étendue, devraient être mises à côté de l'Iliade et de TOdyssée. Elles ont pour sujet la chute héroïque de Missolonghi et les guerres de Crète.
L'épopée n'est pas un genre de poésie aussi facile que se l'imaginent tous ceux qui invoquent Calliopée. L'art ne peut pas aisément rendre ce qui tire ses principales qualités de l'absence de tout art. L'intérêt dramatique, qui anime la ballade ou la narration poétique