Chapitre II J. — Histoire moderne
E. Castorchis, tout en contenant souvent des renseignements précieux, n'ont pour la plupart que la valeur de matériaux dont l'historien ne peut pas toujours faire usage sans les avoir soumis à une sévère critique. On en doit dire autant de V histoire du siège de Missolonghi par L. ZoRPAS ; de celle des otages aux 'j)riso7is de Tripolitsa par Th. Zaphiropoulos ; des biographies de Cafsanfoni par E. Phrangista . et de Ckatzichristos par T. Sporidés; de Canaris par N. A. Marathonius ; de la correspondance de Thanos Canacaris avec ses fils. Em. Xanthos, l'un des fondateurs ^t'^'IIétérie^ en a aussi écrit les mémoires. C'était un homme de trop peu d'instruction pour que son ouvrage, intéressant d'ailleurs, ait un mérite littéraire.
Nous devons reconnaître une portée supérieure à l'œuvre de M. Oeconomos du Péloponnèse, qui pendant toute la durée de la guerre fut le secrétaire privé de Colocotroni, le fameux chef qu'on a surnommé l'Aratus moderne. Homme lettré et d'un esprit cultivé, Oeconomos tenait des notes et conservait des documents sur les événements qui se passaient sous ses yeux. Il en tira plus tard un gros volume, écrit dans un style sans art et sans apprêt, et nu comme la vérité. L'ouvrage manque de plan et d'unité dans l'exposition. Il est aisé de voir qu'entre des notices sur des événements secondaires, traités avec de grands développements, sont souvent intercalées fort en abrégé les parties les plus im-
198 IL Partie. — Livre I. — Prosateurs.
portantes de l'histoire, qui ne servent qu'à les relier. D. Criézis l'a réfuté sur quelques points.
Un travail de longue haleine est celui des Vies 'parallèles du D^ N. Goudas, qui n'ont de commun avec Tœuvre immortelle de Plutarque que le titre. Ce sont des biographies d'hommes marquants de la Grèce moderne , pleines de détails inconnus , laborieusement recueillis par l'auteur. L'ouvrage entier devait être en 10 gros volumes. — Papazaphiropoulos a aussi écrit des vies 2^cirallèles de quelques uns des hommes d'Etat grecs; et une médaille d'honneur a été décernée par l'association pour l'encouragement des lettres grecques à Politis pour son étude sur les Grecs modernes.
Les souvenirs historiques de N. Dragoumis sont une œuvre qui marque dans la littérature. Ils traitent surtout de l'époque qui a suivi de près la révolution. L'auteur, homme de lettres des plus distingués, avait occupé une place dans la chancellerie du Président Capodistrias, et des postes importants sous le Roi Othon; il a même fait partie de son dernier ministère, qui ne fut que de courte durée. Lié d'amitié ou de rapports officiels avec tous les hommes les plus considérables de son pays, il connaît une foule d anecdotes curieuses et piquantes, sur leur vie publique et privée, et sait les raconter avec une grande finesse d'esprit et un grand charme de style, qui rendent la lecture de son livre des plus attrayantes. Sa langue est classique; il y a peu