‹ Histoire littéraire de la Grèce moderneChapitre 135 sur 159 · Chapitre IV. — rhiloxnphie. — ThéoUxju · texte numérisé non relu

Chapitre IV. — rhiloxnphie. — ThéoUxju

G. Mavrocordatos, professeur de droit à Tuniversité d'Athènes, un homme d'une érudition solide et de convictions inébranlables. Ceux-ci invoquaient les canons et l'histoire ecclésiastique pour soutenir (juc ri\glise de Grèce ne pouvait relever que de celle de Constantinople, et que son action devait être en tout et toujours indépendante du contrôle de l'Etat. La partie adverse, défendue par Th. Pharmakidés, en appelait aussi à l'histoire et à ce qu'elle disait être le bon sens , pour repousser l'axiome que l'église d'un pays libre peut être sous la dépendance de celle d'un pays subjugué, et pour réclamer en faveur du droit du gouvernement de s'immiscer à toutes les affaires de l'Eglise, au moins, d'après l'avis des plus modérés, pour tout ce qui ne relève pas du dogme. L'exemple de la Russie ne suffisait ni aux uns ni aux autres: Pour ceux-là l'église russe n'est pas émancipée de l'autorité temporelle autant que les canons le prescrivent; pour ceux-ci, elle ne l'est que trop au gré de la raison. Ces deux manières opposées de voir, au milieu desquelles dans cette occasion aussi, comme le plus souvent, la vérité est à chercher à égale distance de toutes les deux, ont donné naissance à plusieurs ouvrages de polémique, dont la plupart, tout en étalant un grand savoir, ne respirent pas toujours cet esprit de charité qui est le caractère et le triomphe de la religion chrétienne. Des deux coryphées, le P. Oeconomos a le style énergique et virulent des philologues d'autrefois, qui ne ménageaient pas l'épithète, et ne reculaient même

2 22 IL Partie. — Livre I. — Prosateurs.

pas devant 1 invective; l'autre, Pharmakidés, un homme iiTascible et violent de sa nature, mettait de la passion dans la recherche des vérités même les plus abstraites. C'est dans cet esprit que l'un écrivit le Tomos (les bulles patriarcales s'appellent ainsi), et l'autre Antitomos^ deux gros volumes pour et contre les prétentions de l'église de Constantinople et de ses prôneurs ; et plusieurs autres ouvrages enrichirent la littérature des deux camps, jusqu'à ce que le débat finit par le triomphe des idées d'émancipation.

Un autre sujet de controverse a été fourni par l'archimandrite N. Vambas, qui a traduit en grec -moderne Vancien et le nouveau Testament. Le langage de la Bible est assez généralement compris par les Grecs d'aujourd'hui, même les plus illettrés; mais comme il est de haute importance de populariser la lecture des livres Saints et de la rendre facile à toutes les classes, le travail de Vambas n'était pas sans utilité; seulement on lui en a voulu d'avoir consulté pour la traduction de l'ancien Testament le texte hébraïque, et d'avoir ainsi reconnu à celui-ci une autorité égale, si non supérieure quelquefois, à celui des Septante. Le P. Oeconomos a protesté contre cette manière de traiter la traduction que l'église grecque considère comme inspirée, et il en est résulté une vive polémique, qui a produit un grand nombre d'ouvrages , et en dernier lieu un livre très - remarquable du P. Oeconomos, en 4 gros volumes, qui, sous le titre modeste d'un traité sur la traduction des Sep-

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