Chapitre III. — Les j^'osatciirs, jusqu'à KWO
et sur sept tragédies d'Eurij^de. Les commentaires d'Eustache sur Homère furent publiés avec grand soin par Di'.VARis; Dan. Pimruanos (1574 — 1605) commenta Théophraste et quelques écrits d'Aristote.
François Portos (1550), homme très-savant, et son fils Emile (1600), plus savant encore, publièrent, le plus souvent avec des traductions latines, et quekiuefois avec des notes critiques, un nombre prodigieux de poètes et de prosateurs grecs.
Léon Allatius de Chio (1600 — 1650) traduisit, annota et publia, à Rome et à Paris, de nombreux auteurs de la basse époque de la littérature grecque; il est célèbre par son immense activité comme editor princeps.
Mais ces travaux d'éditions n'étaient pas les seuls à occuper alors les érudits de la Grèce asservie. Plusieurs d'entre eux ont aussi composé des ouvrages originaux, qui ne sont pas toujours sans mérite.
Un fait curieux s'est produit à cette époque. Lorsque le niveau de l'esclavage eut passé sur toutes les dissensions politiques, et que la polémique religieuse fut dorénavant sans but, une lutte nouvelle s'engagea parmi [es savants, lutte toute théorique et désintéressée, concernant les mérites comparatifs de la philosophie de Platon st de la philosophie d'Aristote. On se divisa en deux camps presque ennemis; l'animosité fut grande de part 2t d'autre. Elle semble presque témoigner que l'empire s'est abîmé avant que ses forces intellectuelles n'eussent été épuisées. Il en avait fait un mauvais usage.
jO Livre I. — Aprks la conquête, 1453.
Georges Curtésius ou Gennadius, le premier Patriarche à dater de la prise de Constantinople, surnommé ScJiolo rius probablement à cause de l'école nationale qu'il y fonda, était un grand admirateur d'Aristote, et a soutenu ses théories dans un ouvrage dont une seule partie a été publiée tout récemment par un savant Grec, Mino ides Minas. ^) Les autres écrits philosophiques et religieux de Gennadius sont encore inédits.
Son adversaire, ou plutôt celui d'Aristote, fut Georges Gémistos de Lacédémone, qui grécisant son nom s'appela Pléthon. Enthousiaste de Platon, il professa sa philosophie à Constantinople, à Athènes , à Sparte, et plus tard à Florence, en attaquant sans merci tous ceux qui osaient mettre Aristote au niveau de son idole. Le « Traité des lois^^) contient la substance de son système, et porte, ainsi que la dissertation sur la différence des deux philosophies rivales 3), l'empreinte d'un néoplatonisme mystique, entaché à tel point de réminiscences du paganisme, que Gennadius, qui crut voir en lui un nouveau- Julien, poussa la rigueur jusqu'à l'excommunier. Il n'est pas bien sûr que dans cette condamnation il n'ait aussi quelque peu visé Aristote. En outre Pléthon écrivit des lettres philosophiques, adressées à Bessarion,^) et un mémoire sur les événements contemporains du Péloponnèse. 5)
ï) Paris, 1858. — 2) C. Alexandre Péhssier. Paris, 1858. — 3) Venise, 1540. — Bâle. 1574. — 4) Orelli, Zurich, 1824. — 5) Elissen, Annal. V. Gott. 1860.