Chapitre III. — Les prosateurs^ jusqu'à
les entrei)riseR commerciales, devaient la rendre un jour plus capable d'affronter la puissance de ses oppresseurs.
Les fugitifs de Byzance, ([ui abordèrent en Italie n'ayant sauvé de toutes leurs richesses que les trésors de la littérature antique, comme Enée fuyait de Troie en emportant ses Dieux, donnent par cet acte même la mesure de la noblesse et de la culture de leur esprit. Aussi furent-ils les premiers, et pendant' quelcpe temps presque les seuls à initier l'Europe aux beautés des chefs-d'œuvre dont ils la dotaient, à occuper aux hautes écoles les chaires du grec, à commenter les auteurs anciens, et à les faire connaître au moyen de l'imprimerie nouvellement inventée.
A leur tête il faut citer Bessarion, de Trapézonte (1425— 1472), qui, ayant perdu sa popularité parla part active qu'il avait prise au concile de Florence en faveur de l'union des églises, s'était retiré en Italie, où après une apostasie, il devint Cardinal. Il traduisit en latin les «Mémoires» de Xénophon, la «Métaphysique» d'Aristote et Théophraste.
Son compatriote Georges Trapézountios (1465) fit aussi la traduction de quelques traités d'Aristote, de Ptolémée et d'Eusèbe, et N. Toal^os traduisit Platon, et quelques parties d'Aristote.
Théodore Gazés, le grammairien, (1504), s'occupa également de traduire plusieurs parties d'Aristote, de Théophraste, d'Elien, d'Alexandre d'Aphrodisias , et le
28 Livre I. — Après la conquête^ 1453.
fit d'une manière supérieure. Il paraphrasa aussi V Iliade en prose grecque.
Jean Argyropoulos , de Constantinople (1453 — 147 i), traduisit en partie Aristote et St. Basile.
J. Grégoropoulos deCrèteet JustinDÉCADios (1490) furent tous les deux activement occupés aux éditions aldines.
D. Chalcocondyle d'Athènes (1471 — 15 n) publia Homère avec les commentaires d'Eustache, et traduisit Galien.
D. DouCAS (1500) publia les «Morales» de Plutarque, et ti-availla à l'édition d'un Ancien Testament polyglotte.
Zacharias Calliergis de Crète (1499 — 1524) fut l'éditeur de Pindare, de Théocrite et de Simplicius, et Alex. Phortius écrivit des notes sur Pindare,
N. SoPHiANOS de Corfou (1517— 1550), chargé par le Cardinal Marcellus de publier tous les anciens auteurs, ne suffit pas à cette entreprise gigantesque; mais il fit imprimer les scholies d'Homère et de Sophocle, et les questions homériques de Porphyre.
Parmi les meilleurs éditeurs comptent aussi le savant helléniste}. Lascaris (1453— 1535), et son illustre élève, Marc Musurus de Crète (1495— 15 17), évêque de Monembasie, qui publia en critique profond les textes d'Aristophane, de Platon, de Pausanias, d'Athénée, les épistolographes, Hésychius et Alexandre d'Aphrodisias.
Arsénius , aussi élevé à l'évêché de Monembasie (15 10), laissa de savants commentaires sur Aristophane