Chapitre I. — La langue. — Cor aï
mentée de l'Epitre de St. Paul à Timothée, et de fiiielques discours de St. Jean Chrysostoine^ une traduction du latin du rapport des trois éveques au pape Jules III, en 1553, une grammaire de Vllèhreu^ et un Manuel ecclésiastique^ dirigé surtout contre l'esprit d'empiétement et contre l'arrogance qu'il reproche au clergé.
Mais ce qui plus encore que la philologie préoccupait le céèlbre savant, c'était l'avenir de sa nation. Son esprit, nourri aux nobles exemples de l'antiquité, aiguillonné par les triomphes de la révolution française, se révoltait contre la condition abjecte de ses compatriotes, ces aînés de la gloire et de la liberté. La première protestation contre le joug sous lequel ils soupiraient fut sa traduction du traité des délits et des peines de Beccaria, dédiée à la république alors nouvellement créée des îles ioniennes. Il accompagna ce travail d'une longue Préface, où il saluait avec enthousiasme cette première- née de la liberté hellénique, et augurait pour toute sa patrie des destinées aussi heureuses. La langue de cette traduction est une application des théories philologiques de Corai. Elle est claire, élégante et pure; mais elle manque souvent de cette correction sévère, dont plusieurs écrivains du Phanar et du Patriarcat se faisaient une règle.
En même temps, par des dissertations pleines de feu, écrites en grec et en français, Coraï rappelait à ses compatriotes leurs devoirs envers eux-mêmes, et faisait appel en leur faveur aux sentiments de justice de l'Eu-
QO Livre III. — Renaissance. — De 1800 à 1821.
rope. C'est surtout du jour où la Grèce descendit dans l'arène que le grand philologue, sans cesser de se livrer à ses travaux de prédilection, devint en même temps un infatigable publiciste. Il écrivit , en Français , un long Mémoire »sur l'état actuel de la Civilisation en Grèce « , et il plaçait à la tête de ses éditions de trèslongues préfaces, qui étaient des ouvrages entiers, et qui contenaient des conseils et des instructions à l'adresse des champions de la liberté. Mais cette partie de son activité appartient plutôt à l'époque suivante, et nous y devrons revenir.