Chapitre IL — Prosateurs. — Philologie. — Codricas
fut attaché au Ministère des affaires étrangères de France. Dans un ouvrage assez volumineux, intitulé : Étude {Me- Xbttç) sur le grec *), qui présente assez d'intérêt au point de vue de l'histoire de la langue, il cherche à prouver que le grec actuel ne s'est écarté de la forme primitive que par des corruptions successives, et que ce doit être la tâche des hommes de lettres de ramener la langue à sa pureté classique. Les vingt siècles qui se sont écoulés et les vicissitudes qu'ils ont amenées ne comptent pas pour lui. On doit écrire aujourd'hui exactement comme les anciens écrivaient.
Mais le grec, ainsi que toute langue vivante, tout en restant le même par le fond , n'a jamais cessé de s'altérer légèrement et graduellement, et les auteurs d'un siècle consacraient souvent, même dans les temps classiques, des formes grammaticales inconnues aux siècles précédents. Écrire comme les anciens, c'est remonter le cours des temps pour chercher un point fixe là où il ne peut y en avoir.
Codricas soutint aussi son thème avec énergie dans plusieurs dissertations écrites en grec ou en français et publiées dans les journaux littéraires du temps, surtout dans la CalHope., périodique littéraire fondé à Vienne par le savant grammairien Athanase Stagirite. Il s'y livra à ce sujet à une polémique acharnée contre le Loghios Hermès^ la plus célèbre des Revues grecques
I) Paris, 18 18.
92 Livre III. — Renaissance, — De 1800 à 1821,
de cette époque, qui, publiée dans le même ville, défendait le point de vue de Coraï.
De même que son rival, Codricas a aussi plaidé avec zèle la cause de l'indépendance de son pays dans des lettres écrites en français et adressées à des personnages influents de son temps. On a de plus de lui im traité de Physique.^ et une traduction de la 3>Pluralité des Mondes^ de Fontenelle.
PHILIPPIDES.
Daniel Philippides, chef de fil du parti contraire, avait été diacre. Le rêve de toute sa vie était la délivrance de sa patrie. Il alla à Paris, pour se rendre par l'étude plus digne d'y coopérer, s'appliqua aux sciences, et acquit de profondes connaissances en philosophie et en histoire. Il reste de lui une corresporidance inédite, en français, avec le célèbre Barbie du Bocage, sur des sujets de géographie.
Un de ses amis, Constantin Stamati»), un Grec qui comme lui étudiait à Paris, et qui laissa des lettres fort intéressantes, mais d'un style peu recommandable, sur la révolution française et sur la politique du temps, écrivait à Codricas sur Daniel Philippidés en ces termes : 3>Le ci -devant père Daniel, maintenant Monsieur Philippidés, que la divine providence a envoyé dans ce lieu
I) Lettres de Const. Stamati, publiées par Emile Legrand. Ann. de l'assoc. pour l'encouragem. des études grecques. Ann. 1872. P. io8.