‹ Histoire littéraire de la Grèce moderneChapitre 93 sur 159 · Chapitre I. — Livres didactiques · texte numérisé non relu

Chapitre I. — Livres didactiques

CouMAS en a composé un autre sur la base de celui de Reimer.

Un travail d'un mérite particulier est le dictionnaire grecancien grec -moderne du très -savant helléniste Charles ou Scarlatos Byzantios. Plus court que celui de Gazés, il lui est supérieur par la méthode non moins que par de précieux matériaux, dus à la vaste érudition de l'auteur, et par des remarques fort intéressantes sur la comparaison des deux idiomes (2 Vol. grand 8°). Un vocabulaire du même auteur, donnant en grec ancien les équivalents des mots les plus usuels du grec vulgaire, est une œuvre philologique, produit de sérieuses recherches, qui a beaucoup aidé à relever la langue et à l'enrichir.

Sophocle, professeur de Grec à l'université de Boston en Amérique a publié un riche dictionnaire du grec biblique.

Une dizaine de grammaires, de chrestomathies et de dictionnaires contribuent à faciliter l'étude du latin, qui, en Grèce, est tenue au second plan, celle du grec offrant sous tous les rapports le principal intérêt pour l'éducation de la jeunesse. Le dictionnaire latin-grec de N. Ulrichs, ancien professeur de littérature latine à l'université d'Athènes, plus tard remanié et enrichi par son successeur Et. CouMANOUDÈs, est une œuvre capitale, dont le professeur Ch. PuLLius a donné un abrégé.

Parmi les dictionnaires des langues modernes nous

150 II. Partie. — Livre I. — Prosateurs.

devons une mention particulière à celui du français*), compose' par A. Samourcassi, homme d'un esprit brillant et d'une grande e'rudition, auteur aussi d'une grammaire française, Nicolaïdès Lèvadeus, médecin habile et littérateur de talent, et A. R. Rangabé. Le plus ancien dictionnaire français - grec , celui de Zaliki^ méritait à peine ce nom. Ce fut dans ce nouvel ouvrage qu'on essaya pour la première fois de mesurer le grec moderne avec toute l'étendue d'une langue aussi vaste et aussi achevée que le français. Par un travail sans relâche de quatre ans, les trois collaborateurs ont mis à contribution les auteurs de l'antiquité pour y trouver de quoi rendre tous les mots et toutes les expressions d'un dictionnaire complet de la langue française, c'est à dire tous ceux qui servent à exprimer la totalité des idées des temps modernes. On conçoit de quelle importance cet ouvrage a dû être à une époque où la tendance principale de la littérature renaissante était de s'approprier par des traductions les meilleurs produits intellectuels des autres nations.

Après que ce dictionnaire eut paru, une foule d'autres en toute langue le suivirent. Leur rédaction ne présentait plus de difficultés, et n'exigeait qu'un travail mécanique. Les équivalents grecs des mots français une fois trouvés, il n'y avait qu'à substituer à ceux-ci les mots de toute autre langue pour en faire le dictionnaire. On

I) 2 Vol. 1842.

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