Chapitre I. — Traductions. I
littérature nouvelle. Plus d'un nourrisson des Muses, ayant une connaissance imparfaite d'une langue étrangère, et pas beaucoup i)lus fort dans la sienne, se croyait en droit d'y mettre la main, et d'offrir le fruit d'un travail hatif et incomplet à un public avide de connaître les chefs-d'oeuvre étrangers qui ne lui étaient pas autrement accessibles. De là les négligences, les xénologismes, les mots choisis au hasard, dont le style peu correct de quelques uns de ces traducteurs est souvent entaché, et qui menaçaient de corrompre la langue plus que ne l'avaient fait les siècles de domination étrangère. Les meilleurs littérateurs s'appliquaient à combattre le mal, en recherchant et en remettant en honneur dans leurs oeuvres les tournures consacrées par les auteurs classiques de l'antiquité; et le dictionnaire français -grec dont nous avons parlé leur a été un bon auxiliaire pour cette tâche.
Nous ne disons cependant pas que tous les livres qui ont paru à cette époque n'aient été que des traductions, et n'aient constitué qu'une littérature d'emprunt. Des ouvrages originaux furent aussi publiés en nombre, et il y en a dans la foule qui ne manquent pas de mérite littéraire et scientifique. Un sol généreux, long -temps laissé en friche, se couvre spontanément de verdure, qui témoigne de sa fertilité naturelle. Il en fut ainsi du Parnasse Grec, où les anciens germes commencèrent à refleurir dès que les circonstances leur furent plus favorables.
Rangabé, Littérature néo- hellénique. II
102 //. Partie. — Livre I. — Prosateurs.