‹ Histoire littéraire de la Suisse françaiseChapitre 2 sur 18 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

grand ouvrage de M. F. Buisson sur Sébastiefi Castellion a permis d'éclairer d'un jour plus vrai cette attachante figure. Au chapitre v, on a utilisé les documents nouveaux sur Murait et les piétistes, publiés par l'infatigable M. Eugène Ritter. Sur le séjour de Voltaire dans notre pays et ses rapports avec Rousseau (chapitre vi),.la correspondance des deux grands écrivains, soigneusement relue, a fourni plusieurs détails qui avaient été négligés dans la première édition. Le chapitre x (la Révolution), a été corrigé sur bien des points, à l'aide de publications récentes. Il en est de même du suivant, où nous avons refait toute la portion relative à Benjamin Constant, et du chapitre xii, où les pages concernant le Réveil ont reçu des développements que nous avons jugés indispensables. Nous avons remanié le début du chapitre XIV, qui terminait notre première édition, et l'avons fait suivre d'un chapitre entièrement nouveau, et assez étendu, où nous retraçons le mouvement littéraire des cinquante dernières années.

Nous avions cru devoir, en effet, nous arrêter au seuil de la nouvelle phase inaugurée par les révolutions cantonales du milieu du siècle. Mais il nous a paru que cette période pouvait être déjà considérée dans son ensemble et dans ses résultats, bien que plusieurs des écrivains qui l'ont marquée de leur empreinte soient encore au nombre des vivants.

Les Gasparin, les Marc Monnier, les Amiel, les Rambert, les Bachelin sont entrés dans l'histoire

PREFACE Vn

littéraire du pays romand ; leurs écrits peuvent être appréciés avec un suffisant recul. Quant aux écrivains encore vivants qui ont contribué à illustrer cette période, nous ne pouvions évidemment pas les passer sous silence : leur œuvre, il est vrai, n'est pas achevée, mais ils ont déjà donné leur pleine mesure. Pour des raisons faciles à comprendre, nous n'avons parlé d'eux que très brièvement, nous bornant, en quelque sorte, à marquer la place qu'ils occupent dès à présent dans notre Panthéon littéraire et où l'on devra un jour ériger leur statue ou leur buste.

Nous devons beaucoup de gratitude à nos critiques d'abord, que nous avons écoutés même quand nous n'avons pas cru pouvoir suivre leurs avis, puis à tous ceux qui nous ont aidé de leurs utiles conseils. Dans l'impossibilité de les nommer tous, nous nous plaisons à les remercier collectivement en la personne de M. Eugène Ritter, en qui nous avons retrouvé le guide toujours bienveillant et admirablement informé dont le secours nous avait été si précieux pour notre première édition.

Si la seconde est un peu meilleure que la première et moins indigne de la distinction dont l'Académie française a honoré ce livre, c'est à M. Eugène Ritter que nous en sommes en grande partie redevable.

Voëns, Septembre 1894.

Philippe Godet.

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