XII ' PREFACE
douzaine (FÉtats ou de provinces en miniature, associés entre eux la plupart, je l'accorde, par la connnunauté des intérêts confessionnels ! Eh bien ! nos érudits exceptés , nul ne paraissait soupçonner que l'on pût composer deux gros volumes sur l'histoire de notre littérature nationale , et deux gros volumes qui dussent être captivants, si l'auteur y mettait quelque bonne volonté et un peu de talent. J'ajoute que si mon travail était ennuyeux, il faudrait taxer, non le sujet de sécheresse et de pauvreté, mais Fauteur de maladresse et d'insuffisance.
On dira peut-être qu'il m'est facile de parler d'opulence, que je me suis approprié les richesses d'autrui, que j'ai fait entrer dans mon Histoire des œuvres et des hommes qui appartiennent à la France aussi bien ou davantage qu'à notre pays. Il va de soi que je n'ai pas entendu par « littérature romande » celle-là seulement qui est un produit indigène à tous égards. J'ai rangé parmi nos écrivains, d'abord tous ceux qui sont incontestablement d'origine suisse ' et qui n'ont pas brisé sans retour les liens les unissant à leur patrie, ensuite tous ceux qui sont devenus nôtres par la naturalisation ou la durée et la continuité de la résidence. Au surplus, nous ne revendiquons pas sur ces derniers un droit exclusif, et nous admettons fort bien que la France partage avec nous Fhonneur de compter les meilleurs d'entre eux parmi les représentants les plus brillants des lettres françaises.
Berne, ce 20 septembre 1889.
' J'ai étudié aussi les auteurs de la Suisse allemande qui ont écrit en français: Murait, Sinner, Tscharner, Henzi, Lerber, Haller, Bonstetten et quelques autres.
Supplément aux ERRATA (v. p. 524).
Page 80, ligne 34, lire : l'octosyllabe, au lieu de : le huitain. » 359, » 24, lire : aie, au lieu de : ait. » 492, » 21, supprimer : d'abord.
PREMIÈRE PÉRIODE LES OUIGMISrES'
-I II <<S>» Il s»-