‹ Histoire littéraire de la Suisse romande des origines a nos jours (volume 2)Chapitre 5 sur 76 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

VHistoire littéraire de la Suisse romande comprendra deux volumes. Le premier embrasse : I. Les origines. IL Le moyen âge. IIL Le seizième siècle et la Béforme. IV. Le dix-septième siècle et les premières années du dix-huitième. Le second, qui sera publié au printemps de 1891, ira Aq^ premières années du XVIIl siècle à nos jours; seuls, les écrivains vivants n'y figureront pas. Cette division peut sembler arbitraire. J'ai tenu compte de l'abondance des matières; j'ai considéré d'autre part que l'abolition à Genève du Consensus (1706) et de la Confession de foi obligatoire (1725) marquait une évolution assez considérajjle dans notre vie religieuse et politique, pour que je fusse en droit d'arrêter mon premier volume à l'heure où le néo-calvinisme a définitivement triomphé.

Un mot encore.

« Nous ne sommes pas un peuple très littéraire, » affirmait Aimé Steinlen {Bévue suisse, XIV, p. 740), dans son introduction à un « cours sur la littérature suisse. » J'ai acquis la conviction que nous sommes l'un des peuples les plus littéraires du monde. Nommez-moi donc un pays où la vie intellectuelle ait été relativement aussi intense que chez nous à partir de la Réforme ! N'est-il pas extraordinaire que notre Suisse romande, avec une population de langue française qui est à peine, à cette heure, de six cent mille âmes, possède toute une littérature, très variée, très originale, très riche, qu'elle ait été la patrie d'origine ou d'adoption d'écrivains qui s'appellent Hugues de Pierre, Calvin, Bonivard, Henri Estienne, Agrippa d'Aubigné, Jean- Alphonse Turrettini, Jean Le Clerc, Charles Bonnet, Jean-Jacques Rousseau, H. de Saussure, ]\Ime (Je Charrière, Mallet Du Pan, M"^^ ^e Staël, Benjamin Constant, Sismondi, Alexandre Vinet, Tiipifer, Juste Olivier, Petit- Senn, Marc-Monnier, Amiel, Eugène Rambert? Existe-t-il une contrée où l'on ait davantage la passion, sinon toujours éclairée, du moins toujours éveillée, des choses de l'esprit? Et songez que la politique a fait de nous, non pas un état centralisé ayant de grandes ressources et capable de grands efforts, mais une demi-

Page 1