‹ Histoire littéraire de la Suisse romande des origines a nos joursChapitre 38 sur 69 · CHAPITRE 11 Les isavaiits · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11 Les isavaiits

I. Les sciences expérimentales : A. -P. de Cauclolle: quelques noms. — II. Un jurisconsulte : P. -F. Bellot.

C'est toujours Genève qui tient la tête du mouvement scientifique ; cette petite ville continue à doter le monde de grands savants, dont le plus illustre est certainement, au début de ce siècle, Aùgustin- Pyrame de Candolle' (1778 à 1841), l'auteur de la Flore française,

' Dans la Suisse catholique, je ne vois qu'un nom de théologien à signaler, celui du curé de Genève Jean-François Vuarin (1769 à 1843), un habile et fécond polémiste (v. De Montet).

^ Voir Wolf, De Montet et Galerie suisse.

^ A.-P. de Candoîle, sa vie et ses travaux, par M. A. de la Rive, 1851. Mémoires et souvenirs (cités dans le texte). Galerie suisse, II, 354 et s. Wolf, lY, 349 et s. De Montet.

(lu Prodromm systematis regni vegetalis, où il classe et décrit une moitié des végétaux du globe, et d'une quantité d'ouvrages et de travaux qui firent de lui lo plus éminent botaniste de son temps. Il a écrit de très intéressants Ifémoires, publiés par son lils en 1862. Nous y constatons qu'il ne fut pas d'homme plus ériidit, plus sage, plus aimable et plus heureux que de Candolle. Le secret de cette belle vie est peut-être dans ces mots de l'éditeur des Mémoires : « Personne n'a porté plus loin que lui l'économie du temps dans les affaires insignifiantes. » N'a-t-il pas dit lui-môme que la tactique la plus favorable au bonheur comme au talent était de régler son existence de manière à en retrancher tous les moments perdus?

Je ne citerai qu'en passant : F.-C. Achard, un chimiste distingué; le baron J.-F.-r/i. Maurice, un excellent astronome; J.-P. Maunoir, l'un des oculistes les plus habiles de l'époque : J.-L.-f\-A. Reynier, les frères M.-A. et Ch. Pictet, etc. Pierre Prévost (1751 à 1839), lui, fut non seulement un physicien émérite, mais un littérateur, dont le doyen Bridel disait : « Il a une façon très originale d'écrire et même de traduire ; il a déjà traduit une partie d'Euripide. » Il a fait mieux que traduire Euripide et divers ouvrages anglais, il a rédigé plusieurs notices très consciencieuses sur des savants de Genève. Sa Notice (1805) sur G.-L. Le Sage, en particuHer, est une étude biographique des plus attachantes. On y peut reprendre l'abus de détails parfois enfantins. Mais que de renseignements curieux et fort bien présentés! Quel joli chapitre que celui sur « les qualités morales » de Le Sage !

Quelques jurisconsultes nous attendent. Mais un seul d'entre eux a acquis une réputation qui dépassât l'ombre de son clocher : c'est Pierre-François Bellot (1776 à 1836), le principal auteur et le commerntateur, aussi ingénieux que savant, du Code de procédure civile de Genève.

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