RÈGLEMENT DES ÉCOLES
Articles sur le bail et règlement des seholes publiques de la ville d'Albi lesquels ont esté adeisès par meure délibération.
I. Les seholes publiques de la présente cité daïby seront baillées annuellement par Messieurs les consuls de la dicte cité pour le terme de nng an commençant a la Saint Jehan Baptiste a un personaige homme de bien ydoine'et souffisant, de bonnes mœurs, bonnes instructions et littérature, pour estre maistre principal et régent desdictes seholes publiques pour la régence desquelles luy sera baillée la maison appartenant a ladicte cité en laquelle de toute ancienneté se tiennent et exercent lesdictes seholes publiques.
IL Item ledict maistre principal régent usera de ladicte maison en bon père de famille sans ycelle desmolir ou desteriorer. ensemble des meubles qui seront dedans; lesquels seront par luy receux soubz inventaire et vendus en nature a la fin du terme.
III. Ledict maistre régent exercera en diligence les actes de n auxdictes scboles publiques et fera en icelles son debvoir donnant l onne doctrine aux scholiers tant de la dicte cité que autres survenant en y tenant bon règlement a l'honneur de ladicte cité et prouffit desdietc scholiers.
IV. Item sera tenu de a • t despens comme pourra convenir fournir d'ung poète ei d'ung grammairien pour ayder aux lectures qu'apartiendra anzdicts scholiers, tels qu'ils soient gens de bien, de bonnes mœurs, bien doctes et instruit! aux facultés a eulx commises lesquels ledict maistre principal régeni sera tenu présenter anzdicts MM. consuls
pour estre examinez et approuvez auxdictes scholes et lesquels il ny pourra mectre ou substituer que au préalable ne soient pas lesdicts Messieurs consuls approuvez et acceptez.
V. Item lesdicts poëte et grammairien avant leur approbation et réception, dijudiqués sur leur instruction faculté et doctrine, seront tenus faire aux susdictes scholes publiques deivx ou trois lectures telles que leur seront assignées et baillées suyvant leur charge et profession et après leur acceptation et approbation ne pourront estre réprouvez par aulcunes privées affections, sans légitime cause de nouveau survenant.
VI. Item et au cas que ledict maistre principal régent au commencement desdictes scholes n'auroit pourveu de maistres poëte et grammairien qualifiez comme dessus, lesdictz Messieurs consuls en pourvoiront et substitueront en négligence dudict maistre principal à ses despens.
VIL Item lesdictz maistre principal régent, poète et grammairien lisront ordinairement et toutz les jours publiquement auxdictes scholes sans notable intermission ou délaisser les lectures ordinaires et déterminées, excepté aux vacations ci après déclarées et ne seront leux aulcuns libres ou auteurs reprouvez de maulvaise instruction ou doctrine, mais libres receux et approuvez, lesquels au commencement desdites scholes seront tenus bailler auxdicts M.™ consuls par dénombrement.
VIII. Item ledict maistre principal régent sera tenu toutz les jours et ordinairement lisre auxdictes scholes en théologie ou saincte scripture, et en philosophie, le poète en art oratoire en poètes et art d*honneste humanité, et le grammairien, les principes et rudiments grammaticaulx et aultres libres de grammaire; esquels il sera tenu par lectures ordinaires et deux foys le jovir pour le moyngs instruire les enfans grammairiens.
IX. Item ledict maistre régent sera tenu lire au caresme et jusques à la Penthecouste la grammaire en grec : c'est les introductions de Clenard de Gaze ou d'aultre grammairien grec, en faisant une lecture chascun jour sans en prendre pour raison de ce plus gran salaire.
X. Item sera tenu substituer ung ou deux personnaiges pour dire les leçons aux petits enfans non ayans maistres ou pédagogues spéciaulx sans en prendre aulcun salaire, sinon comme ci-après.
XL Item auclict maistre régent principal pour ses peines et labeurs seront payés les gaiges ordinaires de cinquante livres tournois aeouetumez donner aux maistres régens desdictes scholes lesquels gaiges seront payés et satisfaits par le trésaurier desdicts M.re consuls en deux termes : c'est la moitié à la feste de Noël et l'aultre moitié à la fin de Tannée.
XII. Item prendra les salaires des auditeurs escoliers tant caméristes que aultres quelconques comme seront ci-après taxés pour une taxation ordinaire, lesquels salaires pourra cuillir et exhiger sur lesdicts auditeurs
et scoliers pour toute l'année incontinent après passé la feste de Pasques et lesdicts scoliers et auditeurs seront tenus lui payer.
XIII. Item il ne prendra auscungs salaires des enfans de ladicte cité d'Albi ou consulat d'icelle, mais en seront toutallement quittes de quelle profession qu'ils soient.
XIV. Item ne sera permis à personne tenir aulcunes scoles particulières ou privées en toute ladicte cité d'Albi en préjudice des susdictes scoles publiques et dudict maistre régent, aultrement seront tenus lui payer sallaires comme scoliers venans auxdictes scoles publiques, réserve toutes fois aux scoliers de Saincte Gemme qui sont scoliers à M s* l'Evesque d'Albi.
XV. Item sera tenu deux fois l'an ledict maistre régent, par ung de ses disciples tel qu'A voira, tenir conclusions publiques pour exerciter les scoliers aux disputations. en l'ung des couvents dudict Albi, tel qu'il sera advisé par les susdicts Messieurs consuls d'Albi et pareillement faire continuer disputations particulières aux susdictes scoles despaye le commencement du Caresme jusques à la Penthecouste, de quinze en quinze jours.
XVI. Item les grammairiens tiendront norme aux susdictes scoles pour apprendre leur latin et en icelluy se exerciter et en oultre de quinze en quinze jours après la Saint Luc, leur bayller des epistres en vulgaire pour
- par lesdicts grammairiens et aultres scoliers estre transduits en latin pour plus avant les exerciter à leur grammaire latine.
XVII. Item les vacations auxdictes scoles annuellement seront comme ci-après, c'est de quinze jours au temps des vendang a, - a la
Sainte Katherine, trois jours à la Saint Nicolas et la veille Saint Thomas l'apostre jusques au lendemain après les Boys, de la Teille Rameaux jusques au lundy de Quasimodo sans aultrement les faire plus
•s ou en préjudice des Bcolî mpnelles.
XVIII. Item I - - :is la dite cité on consulat • tenus bailler par 1 de leur main les noms et Bornon
leurs dicts scolliers, de leur- pères et lieux de là <>ù seront habit fraude, quant en seront requis par ledit m
prendre sur eulx li payer de leurs propres deniers les salaires au dict maistre régent.
XIX. Item seront tenus et chascuns les susdite tant camérî que aultres payer entièrement leurs salaires audit ma
qu'ils - - nt des dit' time empesche-
ment on accusation.
XX. Item les confj - linte Katherine et saint Nicholas acoosta-
i la diète cité seront entretenues, en payant ;n huit de: nlement.
XXI. Item les susdits escoliers tant carriéristes que autres de quelque qualité ou profession qu'ils soient seront tenus soy monstrer obéissans à leur dict maistre régent et au cas qu'ils se monstreront proterves et rebelles le dict maistre régent en pourra faire plainte aux dicts Messieurs consuls pour les en faire punyr et courriger par justice.
Cy après sensu y vent les sallalres des susdit: escolliers.
XXII. Tant caméristes que aultres qui ont esté advisés pour estre payés au susdict maistre régent, exempts toutesfoys et quictes les enfans de la dite cité d*Alby et consulat, le dict maistre régent prendra sur chascun escollier en théologie, dialectique ou Philosophie naturelle, morale ou rationnelle, 25 sols tour.
XXIII. Sur chascun escollier auditeur en poésie ou art oratoire, 20 sols
XXIV. Sur chascun escollier grammairien ou aultre commençant les introductions et rudiments en gramaire grecque ou latine, lô sols.
XXV. Sur chascun alphabetiste, matutiniste ou aultre qui n'apprendroit que de lire tant seulement, 10 sols.
XXVI. Item pourra le dict maistre régent prendre sur les dicts scolliers que ung seul salaire suppousé qu'ils ouyssent esdictes scolles toutes les susdictes lectures, comme si ung gramairien venoit à ouyr en poésie, philosophie, théologie ; mais sera tenu le dict escollier payer le plus hault salaire : c'est comme théologien ou philosophe, jacoyt qu'il ne continuast ouyr toutes les lectures en théologie ou philosophie, mais seulement une lecture le jour et s'il uemeuroit auditeur en poésie tant seulement payera le sallaire de poète et s'il demeure aussi grammairien, payera le sallaire de grammairien en la forme que dessus.
XXVII. Les susdits articles seront lus chascune année aux scolles publiques en l'assistence de Messieurs les consuls et présence et audience desdits maistre régent principal, poëte, grammairien et scolliers, le jour ou lendemain de Sainct Luc, évangéliste, auquel jour se commencent les actes ordinaires es dites escolles pour que ignorance ne puisse estre pour aulcung prétendue et sauf l'interprétation de ce que dessus ausdits Messieurs consuls, s'il y survenait différent.
(Archives de l'hôtel-de- cille d'Albi; CartulaireJ
Pendant ceste année dans Alby ont esté establis pour l'instruction de la eune.sse, et pour un asseuré chemin à la vertu, les RR. PP. Jésuites, quorum doctrinu in dictis scient la est, in factis veto, virti/s. Noos avons véritable-
ment passé par beaucoup de grandes difficultés, pour establir le logement de tels révérends pères. Mais comme il n'y a rien qui soit beau qui ne trayne quant à soy des difficultés, osons-nous avoir introduit dans
nostre cité d'Albyun prix si grand, ri beau et si excellent, qu'il n'y a sorte de labeurs pour si pénibles qu'ils puissent estre quy ne nous ait semblé doux et léger. Dieu veuille que ceste introduction de si révérends p soit remarquée comme un fidèle témoignage de nos saintes affections, et entre si avant dans le cœur de nos successeurs, qu'ils ayent de bonnes volontés, pour poursuivre l'entreprise et l'entier establissement du collège gouverné parles PP. Jésuites quorum mafigterium gtat de seientUtt9eâ mer çisterii aucturltas constat de cita. Plaise à Dieu que la mémoyre de ceste action que nous avons si heureusement commen -- rvir
d'assurance à nos concitoyens, de toute sorte de biens et avancement pour la république ! Plaise à Dieu encore que les assidus soins que nous y avons aportés fort volontiers pendant nos charges, servent de fondement stable et immuable au bien et progrès de toute nostre jeunesse albigeoise, pour que à l'advenir toute sorte de bonheur et de prospérité puisse combler la ville d'Alby : Au moins est-il très certein que ça esté notre principal but' auquel nous avons adressé toutes nos peines et toutes nos diligences. Que si nous avons faict selon le désir des gens de bien, nous quittons tout nos charges d'autant plus contents et consolés, nous assurant que la jouissance de si grands biens que nous avons selon notre possibilité ava fera que les bons habitants dresseront quelquefois leurs peu -
« Que si ceste félicité que nous souhaitons de toutes nos affections monte jamais à l'égal de notre souhait, nous croyons que nous aurons satisfaict à la gloire de Dieu et au service de nostre roy qui a le tout fort avantageusement authorisé; protestant, au reste, que nous ne recherchons autre récompense de nos emplois qne'notre propre confiance d'avoir bien faict. » (Archives communales de la ville d'Albi. — Testament consulaire de 1023.)
Discours pkoxonc k pab IL BOYEB lorsqu'il put rkçc a l'académie
] KANÇAISE A LA PLACE DE If. QIBT,
liBBSIEUBS,
beaucoup de confusion <|ue je m 'levant tu
de voua faire dans 11m]
sance où rje me trouve de m'en acquitter dignement. Il y a des grâces qui ne semblent pas obliger celui qui les reçoit à une exacte reconnaissance, ou parce que celui qui les fait n'en connaît pas tout le prix, ou parce qu'il croit par une généreuse modestie que son bienfait ne vaut pas la peine d'un remerciement. Il n'en est pas de môme de votre bienfait. Vous en connaissez tout le prix et toute la dignité ; votre générosité ne saurait se cacher à elle-même, et vous en êtes si convaincus, que vous nous faites une loi inviolable de la reconnaissance que nous vous devons, et que le remerciement, qui n'est d'ordinaire qu'une action de civilité et de bienséance' devant pour vous une action de devoir et d'obligation indispensable. Vous voulez même, tant vous êtes jaloux de la gloire de votre bienfait, que le remerciement en demeure dans vos registres, pour y être la marque éternelle de votre grâce et de notre gratitude.
Cependant, messieurs], j'ai beau chercher dans mon esprit de quoi répondre à votre attente et à toute la sensibilité que j'ai pour la grâce que vous m'avez faite, cette recherche n'a produit que d'inutiles désirs et des pensées stériles. Le seul moyen que j'ai pour vous remercier, est de vous persuader de toute ma reconnaissance, en vous persuadant de la haute opinion que j'ai de l'honneur que voits m'avez fait. Je vous dirai donc, messieurs, que cet honneur m'a paru si grand, que j'ai passé plusieurs années sans oser le demander. Une pensée si ambitieuse n'osait sortir de mon cœur; j'attendais que le temps lui donnât plus de force et plus de hardiesse, et j'ai cru que ce qui me manquait du côté des qualités nécessaires, pour obtenir cette place, serait suppléé par le mérite de cette retenue et d'une longue patience. Je puis vous dire encore que je n'ignore pas combien il m'est avantageux d'occuper la place de M. Giry. Je sais que ce grand personnage a fait beaucoup d'honneur à notre siècle et à notre langue, et qu'il a été une des premières sources de la pureté et de la politesse; et pour dire encore davantage, je sais qu'il a vécu avec tant de probité, avec des mœurs si pures et si belles, qu'on peut dire de lui qu'il a vécu comme il a parlé. Mais ce n'est pas assez, messieurs, pour remplir mon esprit de tout ce qu'il y a de glorieux dans la place que vous m'avez accordée dans votre Académie; j'ai jeté les yeux sur tous les grands hommes qui la composent, j'y ai vu des esprits de premier ordre, qui portent leurs regards jusqtte dans le sanctuaire, et qui développent tous les jours les secrets de la science de Dieu ; j'y en ai vu d'autres à qui la nature a ouvert tous ses mystères, et qui. ayant civilisé la philosophie, ont fait d'une science étrangère et barbare, une science de la cour et du monde poli. J'y vois des personnes de la première qualité, qui auraient cru leur gloire imparfaite, si ayant les premiers emplois et les plus hautes places de l'État, ils n'en avaient obtenu une parmi vous. J'y en vois d'autres qui, remplis de la science des lois,
occupent avec dignité les premiers tribunaux de la justice souveraine; j'y vois des personnes d'une profonde érudition qui, sachant toute sorte de langues, se peuvent vanter d'être de tout le monde; j'y en vois d'autres que nous pouvons appeler les trésors vivants de l'histoire ; j'y vois les plu 8 fameux poètes dans le genre délicat, galant et sublime, des orateurs digne R de l'ancienne Rome; j'y vois enfin les plus savants et les plus justes estimateurs des ouvrages de l'esprit, et tout ce qu'il y a de plus beau et de meilleur dans l'empire des sciences et des belles-lettres.
Ma vue ne s'est pas seulement arrêtée sur cet amas de gloire et de mérite ; j'ai voulu remonter jusques à celui qui a fondé notre auguste Académie, à ce grand cardinal de Richelieu qui a jeté si avant les fondements de la grandeur royale, que son élévation fait trembler aujourd'hui toutes les puissances de l'Europe. C'est ce grand homme, quia donné naissance à cet illustre corps, et qui a cru qu'il était également de la gloire de son ministère d'apprendre aux Français à bien obéir et à bien parler.
Pour achever ces glorieuses idées de la dignité de votre Académie, je n'ai pas oublié votre illustre protecteur, le grand Séguier, qui n'a rien vu de si grand que lui parmi ses prédécesseurs. Après cela, messieurs, je pense que je n'aurai pas beaucoup de peine à vous persuader de la grandeur et de la vérité de ma gratitude, lorsque vous me donnez une place dans une compagnie qui renferme en elle tout ce qui fait le plus solide éclat et la plus haute dignité. J'attends seulement de cette honorable société que je vais commencer avec vous, qu'en me donnant l'avantage de vous voir de plus près, je connaîtrai mieux tout ce que vous valez, et que cette connaissance augmentera l'estime et l'admiration que j'ai pour votre mérite et la respectueuse reconnaissance que j'ai pour votre bienfait.
Discours prononcé par M. LECLERC lorsqu'il fut reçu a l'académie française A la place dl: M. PBIK8AO. (22 juin 1662.)
Mkssieurs,
L'avantage que je reçois aujourd'hui, et que j'avais ton jours co comme le terme que Be devait proposer an homme qui aqn pour les belles-lettres, et pour les douceura d'une illustre et d'une char-
mante société, me remplit l'esprit d'une satisfaction qu'il me serait malaisé de vous pouvoir exprimer. Mais, Messieurs, je me vois en même temps obligé de vous avouer qu'il s'y mêle une juste crainte fondée sur la connaissance de moi-môme, qui ne me permet pas d'en jouir pleinement, et qui me fait un secret reproche d'avoir souhaité de remplir une place qui demande un génie plus heureux que le mien, et une expérience plus consommée.
Cet aveu qui part, non d'une fausse modestie, mais du véritable sentiment de mou cœur, au lieu de me dégager de l'obligation que j'ai à vous rendre mes très-humbles actions de grâces pour une faveur qui a p mon mérite et mon espérance, m'impose ce devoir plus fortement qu'à tout autre. Mais. Messieurs, vouloir entreprendre d'y satisfaire, ce serait diminuer le prix de cette même faveur, et j'aime bien mieux vous être éternellement redevable, que de travailler à m'acquitter envers vous avec si peu de succès.
N'attendez donc pas de moi de longs et d'inutiles remerciements. Permettez-moi seulement de me présenter à vous avec un cœur touché d'une parfaite reconnaissance, plein de respect pour cet illustre corps, et de zèle pour ses intérêts, avec un esprit docile, et tout disposé à recevoir les impressions de ces grandes lumières, qui remplissent d'admiration toute la France, et même toute l'Europe, et qui me laissent un désir trèsardent d'en être éclairé.
Que si, Messieurs, vous m'avez fait la grâce de me juger digne de cet honneur, pourquoi du moins n'espérerai-je pas pouvoir le devenir quelque jour? Pourquoi appellerai-je de votre jugement, et pourquoi ne croirai-je pas le mériter en quelque façon? Oui, Messieurs, je vous l'avoue, je me trouve tout changé dans ce moment, et il me semble que c'est ici le véritable antre d'Apollon, où à peine l'on avait mis le pied sur le seuil, qu'on se sentait rempli du Dieu qni y présidait, et qu'on voyait clair dans les choses les plus obscures, et les plus impénétrables. Pardbnnez à cette saillie, peut-être un peu moins modeste qu'elle ne devait l'être, et laissezlui trouver sa justification, sinon en moi, du moins dans le sujet qui la cause. Je ne sortirai donc point, Messieurs, de cette confiance, qui m'élève au-dessus de moi-même, et qui peut me porter à l'avenir à quelque chose de plus considérable; mais je le devrais toujours bien moins à mes propres efforts, qu'au bonheur d'approcher tant de grands hommes, dont cette illustre compagnie est toute composée , et qui sont les justes et fidèles arbitres de tout ce que la science, l'art et la politesse peuvent produire de délicat, de fort et de magnifique.
C'est ici, Messieurs, que si je suivais mon inclination, et 6i je ne me défiais de mes forces, je tâcherais d'en étaler tous les avantages. C'est ici
que remontant à sa source, je dirais que le grand cardinal de Richelieu, par rétablissement qu"il en a fait, n'a pas moins travaillé pour la gloire de cet empire et pour la sienne propre, que par l'éclat de tant de belles actions, dont sa vie est toute brillante. En un mot, je dirais que ce génie extraordinaire, qui fera l'étonnement de tous les siècles, à trouvé par là l'unique et le vrai secret d'y faire vivre son nom, et de s'ériger un monument plus durable que tous les superbes mausolées de marbre et de bronze que nous élevons à la mémoire de nos héros. C'est ici que je devrais encore parler des grandes qualités de celui qui est maintenant le Chef et le Protecteur, aussi bien que de la Justice, qu'il a rappelée sur la terre (1). Enfin, Messieurs, c'est ici que je trouverais en chacun de vous une ample et heureuse matière à faire un panégyrique, et que je pourrais faire voir, que si le siècle de notre jeune et invincible Louis a produit d'aussi grands guerriers que celui d'Auguste, il n'a pas été moins fertile en beaux esprits, et qu'il ne manque ni de Cicérons ni de Virgiles ; mais pour venir à bout d'un si grand dessein, il faudrait être ce que vous êtes. Ce sera donc par mon silence mieux que par la faiblesse de mon discours, que vous me permettrez de vous faire connaître la vénération que j'ai pour tout ce que je ne puis qu'admirer, et la gratitude que je conserverai toute ma vie pour le bienfait que je reçois aujourd'hui, et que rien ne sera jamais capable d'effacer de mon souvenir.
Après que M. Le Clerc eut achevé son discours, il lut le sonnet qui suit :
A l'académie FBAXÇAISK,
De L'aveugle ignorance invincible ennemi Qui sais à la vertu donner son juste prix. Délicieux concert des plus nobles esprits, Honneur de notre siècle, illustre Académie,
Tu vois du grand Louis la puissance affermie Bon bras eût tout dompté, s'il eut tont entrepris,
Et son cœur de la gloire est tellement é] Qu'il ne sent qu'à 1 leur endormie.
Mais le temps flétrirait l<
Que - ndards ont cueilli nos guerriers,
San- le secours dea vers et celui de l'histoire.