Histoire littéraire du Maine
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
BABTHELEMY HAtIRËAli
TalEIlllSItlE
l AU MANS
t ADOLPpE LANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR
Nî
UTTÊRAIRK
s LAZARE DE BATF.
environ , assister aux séances du Parlement C'est là qu'il fait la rencontre de Christophe de Longueil, et que y cédant à ses conseils , il laisse Tétude de la jurisprudence et court à Rome , où il va , dit-il , se former Tesprit (1). De retour en France , Lazare de Bay f reçoit de François V' Taccueil que ce prince faisait à tous les gentilshommes qui manifestaient du goût pour les lettres; il est prié de venir à la cour et d*y occuper l'emploi do protonotairc, en attendant qu'il y ait une vacance dans les ambassades.
Dès Tannée 1529, Lazare de Bayf fut désigné pour aller représenter la France près de la seigneurie de Venise, et Jean du Bellay , qui était à Londres, crut devoir le recommander en ces termes au maréchal de Montmorency : « J*ay entendu. Monseigneur, qu'on envoyé le prothonotaire de Bayf estre ambassadeur à Venize. Je vous promets que quiconque» en aura faict élection n*y aura deshonneur, et que mais qu'il ayt un peu passé par l'estamine des affaires, il sera bien pour faire bon service au roy (2). » Nous ne savons pour quel motif son départ fut alors ajourné ; mais on 8*accorde à dire qu'il ne se rendit pas à Venise avant l'année 1531. Interrompons un instant notre récit pour laisser raconter les commencements de la vie de Lazare de Bayf par son fils Jean-Antoine:
Ce mion père angevin , gontilhommo de race,
L'un des premiers François qui les Muscs embrasse ,
( 1 1 Ca*9 rcnscigncmenls se trouvent k la fin du Traité de Lazare de Uavf De re Vest tarin.
■9; Lettre do J. du Jkllav à M. do Montmorencv, du 15 juin l.'uni. Mannsrnts de IWtbunc . n« 8.6():L | Bibl. du roi. l
LAZIAE DE tATF.
D*igBoraBee enneiiii , désireux de saroir.
Posant tocTOW el moots , jus^** Rose alU voir Musare (1^, Candiot, qu'A oait pour appnadre Le grec des vieux antenrs el pour docte sj rcadre Oà si bieD traTailla ifiie , dedans quel^aes ans , Il se fil admirer el des pins snifisans.
Doefe fl rerinlen France, el eonune il ne désire Ri» Uni ifne le saroir, en Anjou se relire Dans sa outson des Pins , non guère loin dn Loir, A qui Ronsard deroil si grand nom laire avoir. Ce bon Laiare U , non IoucIk d'ararioe, El moins d'ambition , sut la muse propîee , El rîen moins na penaoil que venir à la court. Quand un courrier exprès à sa relnile court Le sommer de la part dn grand roi qui le mande . Elle Tenir trouver sans refus lui commande.
Qu*osl'fl lait? devoil-il an lepos s'amuser On TÎToil si coulent ? ponvoîl-il refuser Son roi qui le SBandoil? Ces! un pauvre héritage De croupir au savoir, sans le mettre en usage. Il se range à son roi , qui ne le renvoya , Mais Tooit et le cbérit , et bien tost Temploja 2). .
Les Etats de Yeoîse étaieol alofs alliés i la France. Menacés dans leur indépendance par les entreprises de Charles-Qoînt, ils ayaient enfin compris qne leur
(1] Marc MusuTua, né à Candie, enseigna le grec à Venise et à Rome, avec une grande réputation. Il mourut en 1517, avec le titre d^arcbev^e de Malvasie , en M orée. On a de lui plusieurs ouvrages très-estimés.
(2* Nous regrettons de ne pouvoir consacrer une notice spéciale à Tauteur de ces vers. H n*est pas né dans le Maine , mais dans les étals de Venise , durant Tambassade de son père. Lazare de Rajf , qui n'élail pas marié , eut à Venise une iningue galante arec une demoiselle de condition , e( de celle union illégilinie naquît Jean-Ânloine de Rayf (Ménage , au lieu cilé. j