‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 30 sur 39 · HOYAU · texte numérisé non relu

HOYAU

C'est le nom d'une famille qui occupe dans les fastes du Maine une place assez notable. Nous connaissons

3S8 BOTAV.

d'iibord un poêle de ce nom qui parall avoir joui de quelque célêbrilé du temps de J. Tahureau. Celui-ci dit pux Muses, eu les convianl d*aller habiter le Haine:

Voyei et bcaa llct de flevittlçi Vojrei ca courlinrs propreUci Qu'a? ec la Varie et HOYAD, Mon frèrf, vostre Tahoieaa»

A i>aft toi:» dresse, dans rombrage De ce fettlIlp-soDnant bocage (4)«

Mais c*esi là tout ce que nous apprenons sur ce poète. Si curieux que La Croix du Maine ait été de transmettre a la postérité les lîlres littéraires des moindres écrivains nés dans sa province, il a négligé de mentionner celui-ci.

Nous lisons encore les noms de Peançois HOITAU, né au Mans en 4661, échevin en I6S5, qui obtint ea 1690 l'office de procureur du roi; d*Honorat Hoyau, procureur du roi en la prévAté en 4690; de Jacques Hoyao, procureur du roi titulaire en 4 693, et de François Hoyaa, substitut titulaire du procureur du roi en 4698 (2). Ao témoignagedel abt)é Ledru (;:], I*échevinderannée4 664 a composé quelque ouvrage historique; mais nous ignorons même le titre de cet ouvrage: il n'est rappelé dans aucun des catalogues que nous avons consultés.

(I) Poiiiêi et J. Tâkoreiii. Bpltre au M i

(S) M. Gamla. Dt tAimmiêtr. munitip.^ p, S5 et 56,

(I) JmMmmreétiûSûrtht^UkVL

FHAMÇOIB GUYAUT. Stt9

PEROT(r...).

Nicolas BergeroD, avocat au Parlement de Paris, l'uq des savants les plus ingénieux du xvi* siàcle, est désigné par la plupart des bibliographes comme auteur de l'opuscule suivant : Table historialle contenant un abrégé de ce qui est advenu de plus notable depuis le commen cément du monde jusqu'à présent; Paris, 4 580, 1581. Du Verdier a fait, toutefois, observer qu'il connaissait une édition de cetle table imprimée a long-temps auparavant, » à Lyon, chez J. de Tournes, sous le titre de: Sommaire des temps. Or, suivant La Croix du Haine, ce Sommaire des temps depuis la création du monde jusqu'à présent^ aurait été publié pour la première fois, à Paris, chez Yascosan, en 4 562, par R. PEHOT, né au Mans, et celui-ci n'aurait fait que traduire de latin en français Touvrage d un certain Rodolphe Coudun, qui nous est tout*à-fait inconnu.

GUYART (FRANÇOIS)-

Du Verdier (4 ] et Israël Spacchius(2] nous font connaître Fbançois GUYART, né dans le Maine, comme auteur d'une introduction à Tétude de la logique, publiée sous ce titre : Tractaius preambulatorius in omnem scientiam logicalem; Lugduni, Nourrit, 4543, in'4*ouîn-8*. Nous

(1) BibUoik. Ltd.

(S) Hammeimter teripU Phitm^

S60 iteOUB HB U VÀTlil.

n*avons pas d'aulre» reoseignements sur ce livrei qui inaiH)ue partout où noua TavoDS recl.ercbé.

LAYAYRie (jérohede).

Nous lisons dans la Bibliothèque frmçùise de La Croix du Haine : a Hiebosme dr LA VAYR1B, geotilhomme da Maine, aieur dudit Keu e( de la Vaudelle, au baa pays dm Maine, appelé vulgairement le pays de Nui ou Nu»trie, poêle latin et françois, théologien, orateur et historien. Il a traduit on françols les Harangues de Tboci* dide et de Tite-Live, non enoorea imprimées. II a davantage traduit rilisloire Romaine de Tite-Live, !•• quelle n'est encoies imprimée: il In fist transcrire ao Mans par un écrivain nommé Meseretle, pour la faire imprimer. J*ai apprins cecy de Georges du Tronchay, sieur de Ballade. » Ces Iraduclions n'ont pas été imprimées, el elles paraissent perdues, ainsi que !<*n poèmes, les discours et les traités tbéologiques de Jérôme de la Vayrie. Tahureau a célébré ses mérites dans lesonnel suivant:

81 onqvet le chantaj «Taa éeril Yéritable Les lioiDiiici d'icy-bof omet de Mml bosheari Vko, CaUope, ? ton ne pretter te btenr, ITIittfMnBt de U voii le chant trts détectable.

Ccst oici qn*U me faot de too mm plot aimable Cbanler cl de toy-nnaei et de tes wmun niomnear, Too Vajrie, qui pcat de M docte dooeeor Soslca poélef latioa le oMBUrer adalrabtet

QqI de cnt et ceot mille aatm fertus oosUé

ITha )uiaU pe« HmiHr Tvlr ton fiprH troiil4é « De en grosia encwt qœ ngnorapioe admlrr .

Bien beaieax dooq» livret» iMurevc si quei^neibls Dedani ws doctn maiof arrifer tu pofinttb Et qu*n te tst rhouiear Kttleawniafc le liie'(l)t

TAUON (RENE et JEAN).

Voici dans quels termes La Croix du Maine parle de RBNâ TARON : « René Taron, advocat du roy au Mans, frdre aisné de Jean Taron, sieur de la Roche, conseiller du roy au Mans, elenooresde M. Taron, chanoine en réglise de ladilte ville du Mans. Il estoil poêle François et orateur et encores plus grand théologien. Il a traduit du latin en franoois TApocalypse de S. Jean, laquelle n'est encores imprimée. Elle se voit éscrite à la main avecques les commentaires dudit Taron sur ioelle Apocalypse, le tout escrit de la main de ibaistre Nicole Manceau, sieur de la Gaudinière, grand amy dudit René. Ce livre fut baillé à Claude de Tesserand, gentilhomme parisien, pour le foire imprimer, et pour cet effet II l'envoya à Lyon; mais pour tout cela il n*est encores en lumière. Il a escrit plusieurs vers françois, tant pour servir de prières à Dieu que sur autres subjects, des troubles de France, etc. , etc., non encores imprimez. Il mourut en la ville d'Alençon, l'an 4667, le 4 S* jour de may. » Nous n'apprenons pas qu'aucune des œuvres de ce René Taron ait été publiée depuis

(1) lêt PoMf éêJp TêhtÊTMBf p. 65^ vênê^

rannée 4584« et leir.

doit avoir été perdu.

gretlal)l^s.

La Croix du Haine s tt Ce seigneur de la R< du droit, s'est pieu aui.

çoise. Outre cela, il es:

grande et louable curiosi de toutes sortes de beaux bibliothèque est lelleroeo' Tune des plus belles et p voire en Anjou et en Toun.

belles et propres relieures c mais pour avoir choisi les ^ exemplaires, h quelque prix au Mans cette année 1584, et aucunes de ses œuvres, que j quand il voudra, en escrire d( sieurs différents sul:s^^« ^^^ tant de beaux livres en sa pos.^ qu il ferai ayant relascbe aux at eatude qui est la jurisprudence, rempli ce vœu de La Croix du Hi> quelque ouvrage, il n'en a rien fai Nous n'avons de lui que des ve.

grec de J. A. de Balf, qui sont iit^ Pcésiet de J . Tabureau (4 ) . «-^

Noua ne voulons pas dire, toutefi ait peu mérité ces éloges dont La Crr.

si prodigue à l'égard de ses amb. Tah

(i) Paris, 1574.

IMAV TAB03I, 866

parmi les illustres Manceaux du xvi' siècle (l), et, pour éterniser sa mémoire, il a pris soin de lui adresser une de ses meilleures odes. Nous ne pouvons nous abstenir d'en publier au moins quelques vers :

Aa tcmi» pasié^ la poêiie nichement docte fleurinoit, f l des plus graodftpriocetclMiiiev Comme saiote lei raTiHoiU»«.

Mais où est maiotenant le poète.

Où est* ie TOUS pry, récrhrain»

Tant il ait la plunae parbite.

Qui n*aille truraïUant eo vain?

11 ne peut pas d^uoe couronne Se Toir goeidonné scnlement, 81 Iny-mesme ne se la donne. Serrant eocor d*esbaleinent«

Tontesfots mon Taroo, ne pense Que je plaigne comme perdu Tool le temps qu*en cote foufenee J*ay povr les M uses dépcodo.

Certes Testode n*est pas ?aine Qui se passe si goajcment.

Et qui, pour le fruict de sa peine, Cause un si grand contentement.

Il est ainsi, fc le oonfesae.

Que fay touIu les fers choisir, Pour €hejr à ma lennesM, Qui s*7 baignolt d*ttn doux plaisir, Espérant bien tonajoura que Taage

(1) Dans son épitre aux Ifuses. Il leur dit :

Voyei Trooillard, voyei Neieu»

Et Taroo qui drôsent un ? ceu.

Un Tien duquel, d*aage en autre aage^ Nos nefcox ftrottt tennoignaiei**

TkhumVfPagettS de lei Poé$!$$»

86( JBiir «oiBAO.

Bt qw^ d*ia plus nMbflonnfe»

De on enenn nfoloiigiwroit.

Puliiay-le dtenniit fliiMivi% Mon Tvoo» ail cfaenin plu wv, Btf C0IIUD6 loyf M|{ciiicnt vlfiCi^ Teotant uo phu grafe bbev I Pait9iofif*MiiB, en tranqaHle fie».

Déformais bite ingénient Dca antraib dont la poMa Itoat déicnanirn donceaMut (i)«

MOREAU (jkan).

Jean HOREAU, docleur en théologie, chanoine en réglise de Saint-Julien, du Mans, est auteur d'une lé^ gende dorée des évèques du Mans dont la bibliothèque de celle ville possède trois manuscrits, sous les n^ 97. S06, 245. Celle légende a été imprimée dans le recueil des Bollandistes, à la date du 16 avril. Voici le tilre que portent les manuscrits : Nomenclatura^ seu Ltgenda Aurea pontificum Cenamanensium, ab anno Verbimcarnati 902 usque ad annum 4 672. C'est un abrégé du Liber Pontificale, fait avec quelque discernement. L'auteur du Cenomania, Corvaisier, Bondonuet et Tabbé Renouard ont beaucoup pris dans cet abrégé, et P. Viel en a traduit une bonne part pour son Histoire de la vte, mort, pastion et miracles des saints (2).

La Croix du Haine el l'abbé Ledru (3) désignent la

(1) POêmétk TalHifcan, ^ 4i, »irMw

(2) HiMî. au. /« JMMpt i»p. 199.

(S) Jumuin et Pan ou

ÎBAN MOftBAtJ. 366

ville du Mans comme le lieu nalal de Moreau. Mais ils .sonl coniredils sur ce point par une aulorilé qui parait irrécusable, celle de Horeau lui-même. Tels sont, en effet, les termes de sa Dédicace à («h. d*Angennes : « Clarissimo palri purpurato à RambuUeto, vigilaotissimo Genomanorum praesuli, Carolo d'Angennes, Johannes Morellus, LavallensiSy etc., etc., felicilalem et animo precatur (l). » Il était donc de Laval. Il nous est moins facile d*établir la date de sa naissance. Aucun des (rois manuscrits de la bibliothèque du Mans ne parait être Toriginal. Celui qui porte le n* S06 est dé la main de dom N. Prodhommeau, moine de Saint-Vincent, qui a fait celte compilation en 4 64 8 : « Excerptum est hoc opus ex eodem D. Horello per P. N. Prodhommeau, Vincentium monachum, anno Domini 4 648.9 Or, répKre dédicatoire de Tauleur à Charles d*Angennes étant de Tannée 4572, il n'est pas invraisemblable que dom Prodhommeau ait connu J. Moreau. H pouvait donc être bien informé de la date de sa mort, lorsqu'il ajoulait cette note à la préface de la Légende dorée : « Obiii aulhor et doctor Horellus 4 4 jan. ann. 4 573, œtaiis 77. » A ce compte Jean Horeau serait né en 4 496. Mais voici d*autres renseignements qui ne s'accordent pas avec celui-là. La Croix du Maine, qui doit avoir entretenii des rapports familiers avec Jean Horeau, nous dit à ce sujet: a II florist au Mans, cette année 4 684, âgé de plus de 60 ans. n Si peu de confiance que mérite d'ordinaire le lémoignage de La Groi^ du Maine, on ne le croira pas assez léger, assez élourdi, pour avoir, en 4684, compté parmi les vivants un homme mort en 41(73. Be-

(1) HaDinerlli du Mans, n* Soe.

366 JBAll MOESÀi).

marquons, eo effet, qu*il 8*agit ici d*un personnage considérable dans le diocèse, d*un chanoine, du premier historien de la province. Il faut donc que le compilateur Dom Prodhommeau ait commis quelque erreur. Cette erreur avait déjà été remarquée et corrigée par le co« piste du manuscrit qui porte le n« 845. Ayant d'abord reproduit la date de 1673, celui-ci a surchargé le chiffre 7 et en a fait un 8 : ainsi, Jean Moreau mort en f 583, à rflge de 77 ans, serait né eo 4 506. Pour mettre d'accord ee copiste et La Croix du Vaine, aup poeo ns i|oe Jean Moreau a cessé de compter parmi les vivants vere Tannée 1581.

Du Boulay et de Launoy vont maintenant nous aider à compléter cette biographie de Jean Moreau. En 4537, il enseignait la logique à l'Université de Paris, lorsque, le 4 1 janvier de cette année, il fut nommé procureur de la nation de France. Ensuite il étudia la théologie et fut reçu docteur en 4553. Ce sont les dates de du Boulay : suivant de Launoy, historien plus exact, J. Moreau ao* rait commencé dès Tannée 1 510 son cours de théologie, et il aurait reçu sept ans après, en 4547, les insignes du doctorat.

il y a plusieurs écrivains du xvi* siècle, nommés /ecM Mord ou Jean Moreau , qu'il ne faut pas confondre avec notre chanoine. Dom Housseau (4) ne sait trop s*il ne doit pas lui attribuer une brochure publiée en 4 597, aous ce titre : Joannis Morelli oratio de cc^wncibme scholarum Rhemenris et dnomanensis (2). C^e attri-

(I) Maaoierits de la mbUoik Nttk»ale, caitM iOL

(S) On peut lire Mr cette AMioodctdeiii eolMsct de Bciaf et 4« ■aot ce m i*ai dit à ceMifetdsM U ooUoe nr Ctete di aaaolr. BisU iUu ém Mmm, t. ii, p. 5li

GUILLAUMB LBDOYBH. 3(5^

bùtiOQ serait erronée. Ko effet, Tauteur de Topuscule désigné par Dom Uousseau nous est bien connu ; c'est un Jean Moreau, principal du collège de Heims à Paris, qui vivait encore en 4 622 ; outre cet opuscule, il en a composé d autres en prose et en vers. Pour ne laisser de prétexte à aucune méprise, nous distinguerons encore de notre Jean Moreau celui de ses homonymes qui publiait à Paris, en 4586, in-8*, une déclamat ion sur la mort d'Edouard du Monin : In miserabilem indignamque necem EduardiMonini, Ce Jean Moreau n'était pas chanoine à la cathédrale du Mans, mais clairon au Royal- Bourgogne, professions assurément incompatibles.

BROUÂRD (jean).

Jean BROUÂRD, prêtre, né à Laval, a écrit un livre ayant pour titre : La leçon à ceux qui disent : « Je ne sçais quelle religion je dois tenir. » Ce livre, comme le fait observer Rigoley de Juvigny, eût été fort curieux s'il eût été bien raisonné ; mais nous ignorons en quels termes Jean Brouard avait soutenu sa thèse. Son écrit, mentionné par La Croix du Maine, n'est pas parvenu jusqu'à nous. Il y a lieu de croire qu'il n*a pas été impt imé.

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