‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 39 sur 39 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Pa^ 1^9 ligne 11. Depuis que les premières feuilles, de ce tolume sont imprimées, M. Gbarrière a commencé la publication des Négociations de la France dans le Levant. On trouve duis le premier Tolnnie de cette importante collection, quelques lettres de Bayf extraites du recueil de Dupuy.

Page 4i. Tai bien des corrections à faire à cette notice sur Benjamin Aubery du Maurier. Tandis que la presse se bâtait trop len* tement de transmettre au public les feuilles qui lui avaient été confiées, une révolution avait lieu, et, quelques jours après cette révolution, j^étais préposé par M. le ministre de rinstruction publique à la garde des manuscrits français de la Bibliothèque Nationale. Je reconnus alors, ce que j^avais toiigours soupçonné, que cette Bibliothèque avait beaucoup de secrets, et que, ne sachant pas me diriger dans ce labyrinthe, j^avais pu, j^avais dû commettre plus d*une erreur, sur la foi de catalogues ou plutôt d*inventaires im-» parfaits. Puisque je puis encore rectifier quelques-unes de ces erreurs en ce qui concerne Benjamin Aubery du Maurier, j*iJoutarai, pour faire cette rectification, plusieurs pages au présent volume*

Je suppose, à la page 4S, que Bei^amin Aubery n*avait pas encore quitté la Haye en 16)9, et qu*en 1630 il habitait le Maurier. De ces deui assertions, la première est certainement inexacte, et la seconde semble Tètre. Dès la fin de Tannée 1626, Aubery ne repré* sentait plus la France à Tambassade de Hollande. Ce qui nous le prouve, c'est cette lettre écrite par lui à M. Dupuy, à la date du 5 janvier 16S7 :

« MORSIBCB,

cDepuis que j*ay le bonheur d*ètre labonreor de bonne foy, Aussy bîeii que lortde non employ, j^aj toi^ioiiri oonservé dière*

462 ADDITIONS BT GORABCTIONS.

ment le souvenir de voire amitié et d«»iré la ronservaiion d*icellc, m^asseurant que vous n^anrei non plus mal interprêté mon silence... que moy le vostre... Au surplus, ne vous pouvant entretenir que de ma vie champêtre et des accommodements que je prends pUisir à faire an cette mienne retraite, que Dieu m*a donnée aussy agréable que douce, ce seroit vous dérober le temps que vous emploi ei à choses meilleures, c*est pourquoi je passeray à vous dire que j*attens à toute heure mes quatre fils de retour de leur voyage d'Italie qu^ils ont Dieu mercy très heureusement accompli, les deui aisoez ayant fait leur cours en philosophie à Padoue sous le célèbre Grémoninus qui la leur a enseignée en particulier avec une attention et méthode incroyable. Cela fait, ils ont vcu Rome, Naples et tovl ce quMl y a de plus beau en cette plus belle partie de TEurope, Monsieur Prioleau me mandant que pas un d*eux n*a envie de demeurer ignorant ny oisif, de quoy je m*a$seure que vous aures du contentement...

« De la Fontaine Dangé, près Ghastellerault, ce cinquième jour Je

Tan 16t7.

n DU MAraiEB. B

Cette lettre, qui se trouve dans le volume 709 de la ColU*'iif»H Dupuy^ est intéressante à plusieurs titres. Nous y voyons d*abonl que du Haurier avait pris congé des affaires long- temps avant Tan* née 1630, et qu'il s*était dès Tabord retiré non pas dans sa terre tlu Blaurier, mais dans celle de la FontainG-Dau};é : enfui, elle coutient de très curieux détails sm* î»a famille.

Page 48. C'est ici que nous avons à faire des corrections ini{Mirtantes. Ce qui nous reste des missives diplomalitpies de du Usurier est très considérable, et nous avons à regretter de ne pouvoir >untsamment faire connaître, dans ces note» supplémentaires, des <loi-uments aussi précieux.

Voici d'abord ce que nous trouvons dan> lu Co/ifrtwn Duj>*'y.

Le volume 89 de cette Collection renferme trois pièces dWuliery du Maurier. I^ première est uu discours prononce devant les êt4t« de Hollande, le dernier jour de mars 1617. C'est une pièce oflicielle, transmise par du Maurier à son pMncnieuicnl. La sivonde t^t du même genre : c'est une harangue solennelle sur les agitations n li* gieuses de la Bollaude, prononcée devant le» états le 18 mars 161 h.

ADDITIONS n GOHBtenoHS. 458

Il y a, dang cette harangae, (foxceUentes maiimes. Nous aimoni entendre un minisire français condamner avec énergie, dans k» premières années du xvii* siècle, remploi de la violence dans le règlement des contestations religieuses. Voici ce que du Maurier déclare, après avoir discuté les divers moyens qui peuvent être mis en usage pour apaiser les troubles : « Pour celuy (le moyen) de la force, je croy qu*il ne se tronveroit homme si déponrveu de sens commun et d*humanité qui Testimast ny conseillable ny praticable, parce qu*il répugne non seulement à la profession chrestienne, mais encore à toute société, diverses expériences ayant bien cbère« ment appris à ceux qui les ont fàictes... que les moyens humains ne doîbvent rien entreprendre sur ce qui n^appartient qu*à Dieu seul. » Nous trouvons enfin, dans le Aiême portefeuille, la lettre écrite par du Maurier aux états de Hollande, le jour même de Texécution de Bameweldt. Nous allons la publier ici comme un des plus beaux monuments de la diplomatie française :

MUSIBURS,

« Pavois désiré parler à vos seigneuries en leur assemblée, de la part du roy mon maistrc, sur le subject qui sfy présente, ayant eu commandement très exprès de S. M. de vous continuer jusques à la fin ses offices sur ces occasions : et pour cest effect ay, dès cejourd*huî, avant cinq heures du matin, envoyé prier BIM. de Brackel et de DoH, depputés de la province de Gueldres, de vous demander andiance pour moy; mais leur response ayant esté quUls ne le pouvoient ftiire, puisqu'elle m'est déniée, si ne veux-je défaillir en mon debvoir,et à l'ordra qu'il a pieu à S. M. me donner sur ce Ikict. Tay donq recours à ce papier pour vous dire qu'ayant entendu e^mv fThui, seulement à quatre heures du matin, que les juges par vous nommés aux prisonniers ont enfin prononcé contre aucuns d'iceux, nommément contre le sieur d'Oldenbamevelt, et mesme que ce jour est désigné pour lui flaire esprouver la rigueur de leur jugement, S. M.,d6longne main, m'a chargé, cela arrivant, de vous dire que, pour le lieu qu'elle tient entre vos amis et alliés, elle persiste à vous exhorter et convier d'user de clémence en cet endroit. A laquelle fin j'employe les mesmes raisons que je vous representay de sa part le premier de ce mois, lesquelles, selon vostre désir, je vous baiUay par escrit dès le lendemain. Elle oe prétend point entrer plus avant en

kik ADDlTIOHt ET OOUBGTIOKS.

oocrDoîs8aQG6 des causes motWes de ce jugement, puisqne vous ne loy en âTés rien voulu communiquer, mais certainement elle estime que s^il défault quelque chose à la seureté de ces! estât, il ne sera pas suppléé par le peu de sang restant à un vieillard qui, par le cours de nature et sans Taide d*aucune violence, ne peult éviter qu'il ne luy paye bientôt son tribut.

« Ainsy, pour les raisons que je vous ay représentées et que vous pouves mieux juger, le conseil de S. If. tend à espargner U vie du plus ancien officier de ceste république, à laquelle il convient et se trouvera luy estreplus salutaire qu*au particulier de la pei dont est question; car en un moment il peut être délivré de sa misire, qui ne sera plus subjecte k aucun retour, mais le mal quevoatre patrie en peut recevotr est en danger d*avoir une longue suite. Car, outre qu'il seroit trouvé estrange que vous n*eussies pas eu de clémence pour celuy qui a usé sa vie en vous servant, je vous diray, avec la fhinchise convenable au ministre d'un si grand roy, que si vous permettes cette rigoureuse exécution, vous vous rechargères d^une pesante angoisse sur tant de magistrats que Ton à déposés en ceste province; car, quelque douceur dont on leur veuille amoindrir Famertume de cette médecine, indubitablement Us se réputteront de nouveau flestris en ceste personne avec laquelle ils ont eu non seulement communauté d'avis, mais aussi d'afflictions et de désestablissement. Ce que S. M. croit et désyre que par \ostre sagesse vous debvei prévenir, afin qu'au lieu de guérir une pla^e, elle devienne chancre. A laquelle raison, qui vous touche de bien près, elle joinct d'abondant sa très alTectionnée prière, et croyes qu'elle gardera un long souvenir de la déférence que vous auicx faicte à ses bons conseils.

« Vos seigneuries ont divers moyens, avec leur gloire et seureté, de commuer la peine que l'on dit luy avoir esté imposée, soit en le confinant en Tune de ses maisons aux champs, soubs la caution de tons ses proches qu'il n'attentera rien, ny communiquera avec personne dont vous puissies avoir jalousie, soit en le reléguant hors de ces provinces où vous trouvères plus à propos. S. M. vous en prie derechef, et vous saura aussi bon gré d'avoir eu csgard à son intercession si affectionnée que vous aurici de préjudice et elle de regret si vous en usies autrement.

« U ne me reste qu'à prier Dieu qu'il vous inspire on esprit de

IDDITfOIfft R GOHBicnoirt. 4tt5

douceur et de ne refuser U seule prière que S. If. V0fis a fidct^; c^yant, s*U tous plaist aussy, que je suis, Messieurs,

«yostre,etc., etc.

« A La Haye, le lundy, treisiesme jour de may, 5619, à 6 heur^ du matin. »

Le Tolume MO de U Coilection Dupuy ne renferme qu*une ; d^Aubery du llaurier. CTest une lettre autographe à M. de Rotny, ou plutôt un discours déclamatoire sur les périls qui environnent la grandeur, sur les fautes que Torgueil lût commettre. • Dans le Tolume 687, un extrait d*une lettre au roi, du • octo-

Iwe 18SS>

Dans les volumes 638 et 701, Tépitaphe de Marie M ad el e i n e , femme de Beqjamin du Maurier, par Hugo Grotius.

Dans le volume 648, deux pièces autographes. Proposition fkite anx Etoto de Hollande, le i mai 1619, en faveur de Bamevèldt et de m» co-accusés; discours prononcé devant les Etats le 18 mars 1618. Cette piemière pièce se trouve d^à dans le n« 89 de la mtoie collection.

Le volume n« 709 renferme des papiers plus importants. (Test une suite de lettres adressées à Dupuy du 14 juin 1617 an 5 janvier 16S7. Ces lettres, tontes autographes, sont au nombre de trentesept.

Qndques missives et quelques manifestes diplomatiqoesd^Aubery du Maurier, se rencontrent aussi dans la ColleetUm de Béthime, Nous désignerons les plus importantes de cea pièces.

Le volume qui porte le n« 9097 du fonds français (ancien fends du loi) contient une lettre de du Maurier au président Jeannin; elle volume 9190, une autre lettre an même. Dans le volume 9766, la missive anx EUU, du 18 mai 1619; dans le volume 9981, U même pièce, et, en outre, U lettre du 18 mars 1618 que nous avons d^à vue dans le n« 89 de Dupuy. nfeut se méfier de ces copies; ellesne

sont pas exactes.

Dans la collection des lettres écrites an chancelier Segnier (MSS. de Stp-Germain, fr., n» 709), se trouve une lettre de du Maurier àce personnage. EUe est datée du Maurier^ 95 mars 1688.

Réparons enfin la plus grosse de nos erreurs.

Le P. Lelong nous avait signaléi comme existimt à la bSbliotbèquft

456 IbDlttÔNâ BT OOMBCnOHS.

dd rabbaye de Safnt-Oennaiiiwlfit^Prés nn recoeil consUénblp de lettres de du Maurier. Aucune de ces collections diploa»* tiques n*ayant été dépouillée par les auteurs du répertoire qui eeC en usage à la Bibliothèque Nationale, comment y aurioDs-nont trouvé trace des lettres mentionnées par le P. Lelong? On aTalt» ea outre, mis entre nos mains non paa, comme nous le pensions* Tancien catalogue de Saint-Germain, mais Tinventaire dre«é par Méon des manuscrits flrançais transportés de Saint-Gerante, en 1792, au dépôt central de la nation, et, dans cet inventaire, on ne rencontre pas, en effiBt, une seule fois le nom de Benjamin Anbery do Ifaurier. Ainsi ni les catalogues, ni les inventaires, ni les tibka alphabétiques, rien ne nous indiquait les précieux manuscrits qw «ouB eherchions, et il ne nous était pas encore permis d^aller continuer notre enquête sur les rayons mêmes du fonds de Saint-Germain. L^errenr que nous avons commise ne nons sera donc pn vèrement reprochée.

Les missives désignées par le P. Lelong existent en eflèt, un fonds spécial de Saint-Germain, dans le fonds Harlay. nées sommairement sous le titre le plus vague et au catalogue de ce fonds, elles occupent une bonne part de six gros volumes in4»bo i|ue nous allons décrire.

Le premier, sous le n» 2S9 *, contient cinquante lettres anlogmphes écrites par du Maurier à Villoroy, à de Puysieux, avec le brouillon des réponses de de Puysieux, et quelques copies de pitres ad re w éei par du Ifaurier aux EUU de Hollande. I.a plus anciniBe des lettres est dutt mai 161 i; la plus récente, du S4 octobre Itlt. Bttti le ■• ttt *, dii»neuf pièces seulement; ce sont des lettKs à de Pnyiienx du 10 juillet 161S au 15 décembre de U même année. Dans le n» f» », cent trente-huit pièces autographes; lettres an mi, à la reine, à de Puysieux, du l*r janvier 1615 an 10 décembre de la même année. Dans le n» tt9 •, cent vingt-deui pièces de même nntare, du l«r Janvier au SI octobre 1618. Dans le n» S» ?, cent dixsept pièces ou dépêches, du 7 janvier 1619 au 15 décembre 1690. Dans le n» 1I9«, cent quarante et une missives, du 9 janvier tOt an 19 janvier 1694.

Llmportance de ces pièces nons fait vivement regretter qn*elks n'aient pu encore été publiées.

Aiy» 4ê. Ant plaidoyers de Pensset de MonUnban qni ont été

IDDITIORS BT GOMtCTIOim. 4BT

comert^ i^tons ici : Plaidoyer de M* Pma$et pour t^ Marie PigortaUf veuve de Henry de Beatdieu, Cette pièce se trouve manuscrite à la Bibliothèque Nationale, Rendu de Si-^Germain^ paquet 17, vfi 8.

Page 139, ligne % Si Ton Ycut avoir d'autres détails sur cette dam de Chatillon et sur rinTraiscmblaDce de son mariage avec Jean du Bellay, on peut consulter le tome 5 de la Correspondance inédite du président Bouhier ( MSS. de la BibUotb. NaU). On y trouTe une longue lettre de Tabbé Leclerc, dans laquelle le récit de Brantdmc est très ingénieusement commenté. Suitant Tabbé Leclerc, ]a jeune et belle dame dlionneurdont parie Brantôme n'était d^à plus jeune en 1505, lorsqu'elle épousait le sieur de Gb&tillon. Elle était alors veuTC d'un sieur Raymond d'Agoult, comte de Sault. Or, Jean di| Bellay n'ayant été nommé Cardinal qu'en 1556, elle devait avoir à cette époque environ 50 ans.

Page t44, ligne 14. Nous trouvons dans un des manuscrits du fonds de Béthune ( Biblioth. Nation., n* 84S4, page IS), une lettre de Pierre Gueuret. Cette lettre contenant des détails biograpbiques qui ne sont pas sans intérêt, nous la publierons ici :

a Au Roy, mon souTerain seigneur»

« Sire, je me recommande à voustre bonne grâce si très bumblement, comme je puys. Sire, sept ans a, feu Monseigneur du Maynne, duquel je estoys chappellain, me commanda escrire une lettre en forme de procuration, et m'envoya jusques à nog village ntmmé Ifassille porter la ditte lettre à ung homme que je devoys trouver, lequel estoyt Agilbert de Grasay. Sire, la ditte lettre portoyt pratique dndit feu Monseigneur du Maynne audit Gilbert, qui lors estoit au duc, et ny entendoys aleurs nul mal; mes tantoiist me vint un entendement que c'estoyt grant mal et m'en allé confesser et dire messe, et despuys ne m'en empesché, mes me suys absenté doublant votre indignacion. Sire, on puys ne cesse de prier Dieu qu'il lui pleust me Caire la grâce de obtenir voustre bonne miséricorde, laquelle je vous supplie qu'il vous plaise me faire; et tout le temps de ma vie prierai Dieu et Noustre Dame pour voustre bonne intencion, laquelle Dieu veille bien confinner et garder.

« Voustre très humble et très obéyssant serviteur et suget,

« Pimi GuiBT. »

488 ADDITIOKS IT OOMBCTtOKS.

Cette lettre n*a pas de date» mais elle se trouve avec des pièctti du règne de Louis XI. Si la traduction de laint Ephrem porte le nom de Pierre Ctieuret, on voit, par U signature do cette lettre, que La Croix du Maine a été autorisé à donner au même auteur fe nom de Pierre Curet. Rien n*est plus fréquent, au xv« siècle, que ces Tariantes dans Torthographe du même nom.

FIN DBS ADmriOlfS ET OOMBCTIONa.

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