‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 38 sur 39 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

C*est le nom d'un historien dont la renommée n*j guère franchi les limites du Haine. H était d'une lamille considérable dans cette province. Nous trouvons au catalogue de Fabbé Ledru un Julien Gorvaisier, ou plutôt Le Gorvaisier, du Mans, avocat en 4 567. Cet avocat est-il le même personnage que Julien Le Gorvaisier du Plessis, échevin du Mans en 4598 f2]? On peut le supposer. Quoi qu'il en soit, il est inscrit par Tabbé Ledru, nous ne savons à quel titre, au nombre des écrivains du Maine. L*oncle de notre historien, Jean Vasse. conseiller d*Etdt, lieulenant-criminel, étail aussi compté parmi les lettrés. Enfin, son père « se plaisoit quelquefois à la poësie, » et nous possédons de ses vers '3\

Antoine LE GORVAISIKB, seigneur deGourteillos, ne au Mans, fut d'abord conseiller, puis lieutenant-criminel au siège présidial de cette ville. Il exerrail la première de ces charges en 4643, lorsqu'il publia son Hisfotre des

Jt) iMti Lipta Bpùtof. ccotiiria S, epkL Sd. — Oatetta s ad Germ. et Galiot, cpist AS» (4586 et 1598.)

(S) IL CittHn, De rAémitu MmnUip., p. 48.

(S) BiH. éethf. au Ifaiu, à la la ée 11 notice rar Ch, de Bca»-

AHTOINK Ll CCmTAlilU M COVlTIILLIi. 44S

evesquesdu Mans; Paris, S. Cramoisy, in-i*. Cet ouvrage ne se recommaDde pas par une érudition très profonde et (rès variée; cependant ît faut reconnaître que venant le premier écrire Tbistoire du diocèse, le sieur de Courteilles a dû recourir aux archives originales, et qu'en effet il les a lues et mises à profit. Nous ne ferons pas non plus un grand éloge de son jugement, de sa critique; nous accorderons toutefois que, pour un historien de ce temps, il ne manque pas de liberté : les superstitions populaires ne le trouvent pas crédule; il attaque même quelquefois avec une heureuse audace les traditions les plus accréditées. Si Ton peut signaler bien des lacunes dans V Histoire des évcsques du Mans^ on serait injuste en ne plaçant pas cet ouvrage au-dessus de toutes les compilations postérieures.

Le clergé ne manqua pas de protester contre Timpiété ou tout au moins contre l'audace d*an historien qui contestait la mission apostolique de saint Julien, et imputait des délits très repréhensibles h quelques-uns des premiers pasteurs du diocèse. Un bénédictin de Saint- Vincent, Jean Bondonnet, se chargea de lui répondre; mais une indiscrétion fut commise, et Le Corvaisier connut avant le public lecrit de Bondonnet. Aussitôt il reprit la plume et publia : Défense anticipée de T Histoire des étes(fMS du Mans; Le Mans, 4650,1n-4*. Nous ne voulons pas entrer dans le détail de ces querelles Biles ne sont pas toutes épuisées; elles nous semblent, toutefois, n avoir qu*un médiocre intérêt.

On connatt encore quelques vers latins d*Antoine Le Corvaisier : ils se trouvent à la tète des Mémoires des comtes du Maine de Trouillart.

444 IBAH BONOOiniBT.

BONDONNET (jean).

Après Le Corvaisier il faut placer son opiniâlre sear Jean BONDONNET. Né au Maos eu 4 591 , Jean Bondonuet fit professioa de suivre la régie de saint Be- Dotl, en 4 64 2, chez les religieuii de Saint- Vincent. Ayaol ensuite quitté sa ville natale, il fit un séjour de quelques années à Tabbaye de Saint -Germain-des-Prés« où U exerça les emplois de procureur et de cellerier; il revini plus tard dans le Haine occuper le prieuré de Sarré, qui dépendait de Saint-Vincent, et mourut dans cette baye le dimanche 46 mars 4 661. Ses restes furent posés dans la chapelle de Saint-Laurent.

Son principal ouvrage a pour titre : Les Vies des evesques du Mans restituées et corrigées, avec plusieurs belles remarques sur la chronologie; Paris, B. Martin, 46»l, in-4*. C*est un homme échauffé conire les c esprits subtils et raffinez, » qui, « sous prétexte d'épurer la vérité des histoires, nient tout ce qui ne leurplaist pas, • renversent les traditions et inquiètent la foi par des qou veautés mal sonnantes (4). Après avoir discuté les raisons alléguées par Le Corvaisier contre la mission apostolique de saint Julien, il examine Tune après l'autre toutes ses notices biographiques et les rectifie quelquefois avec bonheur. Nous ne saurions nous passionner pour Tune ou pour Tautre thèse : nous dirons donc que les deux ouvrages de Le Corvaisier et de Bondoooel doivent être successivement consultés; qu*il y a cbei Bondonnet des erreurs mal justifiées par des textes dé-

ANTOINE BONDONNBT DB PARBNCB. 445

pourvus de toute autorité, et, chez Le Goirvàisier, des coUtradictioDS qUi trabisseut uoe érudition insuffisaDtè, des recherches trop précipitées, mais qu'en somme bien peu de diocèses ont rencontré pour rédiger leurs fiastes deux écrivains aussi recommandables.

A la suite des Vies des Evesques du Mans, se trouve une Response sommaire à la défense anticipée du sieur de Courteilles. G*est une dissertation de trente pages contra la chronologie de Le Corvaisier. Maiscelui*ci n'était pas seul à défendre cette chronologie : ses conjectures, il l'avait déclaré, s'accordaient avec celles de Nie. Lefebvre, de Pr. Bosquet, des PP. Sirmond et Petau et du chanoine de Launoy. Boodonoet voulut prendre à partie le plus redoutable de ces novateurs, et publia contre lui l'écrit suivant : Réfutation des trois Dissertations de M* Jean de Launoy contre les missions apostoliques dans les Gaules au premier siècle; Paris, Piot, 4653, in-4*. Ansart reproche à Bondonoet d'avoir négligé dans ce traité le fond de la question pour s'attacher à des faits particuliers d'un intérêt contestable f4). Cette critique est fondée.

BONDONNET DE PARENCE (antoihb).

Né au Mans le 28 septembre 4 662, BONDONNET de PARENCE fut un habile jurisconsulte. Pourvu de la charge d'avocat du roi au siège présidial du Mans, il remplit cette fonction, au témoignage d' Ansart, « avec un applaudissement général, » pendant plus de quarante

(i) Bihlioth. MU du JfaiM, f. SM

4M H^NACB CHBVAUU.

aas (I). GeUe bonne renommée loi vakil, en I72S, k tiire d'échevin. Il a laissé deux ouvrages manuscrits. L*un de ces ouvrages nous esi indiqué sous ce litre : Ikcueil des déeiskm et jugements rendus au siège pnmdial du Mans depuis n^Ojusquen 4740, sur lesfohus de droit les plus impartants. Olivier de St.-Wast a souvent cité ce Rectéeil dans ses Commentaires sur les cohtînmes du Maine et de V Anjou. L'autre manuscrit se trouvait dans la bibliothèque de Négrier de L.aCrocbardiérp, sous ce titre : Observations de M. de Parmce sur les Règles du droit français de M. Poquet de la Livoniere, 4 vol. iiHful. (1). Bondonnel de Parence moum^auM— i, le 16 mai 4748. Son portrait est conservé dans ooe des salles du tribunal civil.

CHKVALIËR (igmack).

L*auteur de la Notice historique sur Evron v^;. M« l*abbé Gérault, reconnaît avoir trouvé de grands secours pour son travail dans un cartulaire du xvu* siècle sur lequel il s'exprime en ces termes : « L.e cartulaire dont je me suis servi avec tant d'avantage a été écrit en iatiUi par un religieux d'Bvron, Ignaci CUBV AUKE, sous-prieur de la communauté. Chargé de ce travail par on visiteur de la congrégation de St-Maur. il eut l'extrême patience de parcourir et d'examiner tous les actes et titres authentiques renfermés daas lechartrier de TÂbbaye. Ce manuscrit, conservé par le dernier

(1) Bib, au. eu Mminêj p. Sao.

(S) Bikii^gr. eu Mêin€ ptr M. DcHiortct.

(») Uvii, IMO, M.

PiBAAB ADBObYN. kVt

prieur elauslral, Dom Barbier, et donné rioemment par ses hériliers è la bibliotbàque du presbytère d'Evron, finit en 4 668(1). » Lorsque M. Géraullécrîvait ces lignés, il ignorait sans doute que Dool Ignace Chevalier avait déjà recherché dans son cartulaire les éléments, leS matériaux d'une histoire de Tabbaye d*Evron, et qu'il avait lui-même composé cette histoire. Le manuscrit de ce travail est sous nos yeux; il a pour titre : Histoire de CÀbbayede N. D. d'Evron, composée par D. Ignace Chevalier^ rMgiet^ de la congrégation de St-Maur en 4669 (s). C'est un volume in4*, sur papier, de médiocre c(H[itenance. Nous ne croyons pas qu'on y puisse rencontrer quelque pièce inconnue à M. Gérault; il nous a semblé, toutefois, utile de le signaler.

AUDOUYN (piEaRE).

Ansart inscrit PiEnns AUDOUYN au catalogue des écrivains du Maine, mais sans faire connaître ni sa famille, ni son lieu nalal. Dès sa première jeunesse (il était encore au collège], Pierre Audouyn fut pourvu d*une prébende dans Téglise cathédrale du Mans; mais ayant peu de goût pour la vie du siècle, il renonça de lui-même aux espérances que devait lui faire concevoir pour revenir une faveur si facilement et si têt obtenue, et il entra dans la congrégation des Célestins. H

(i) PréCModelaAbliM hiiimqgêiurSvrmu

(S) M 8S. de hi BibUoilb ItaHonalet fMèa de Sdnt-GennaiBi pa^ ill, n*8.

hiS IBAH DE MOUCHASTftfi.

proDODfa aes vœux le 10 juin 1560 (4). ProvincMl de l'ordre en 1 599 ; il mourut prieur de llarooussi , le 24 joio 1600 (t).

Pierre Audouyn a laissé, suivant Ansarl, (rois traités inédits, le premier sur le Canon de la Messe, le second sur le Sacrement de la Pénitence, lo troisième sur la Puissance des Prélres. Ansart nous dit encore que les manuscrits des trois ouvrages avaient été vus à la bibliothèque des Célestins de Paris. Au commencement du xvia* siècle, lorsque le P. Becquet, gardien de cette bibliothèque, rédigeait son Catalogus Chranologicus ei HistoricuSt il n'y trouvait déjà plus que le premier des traités mentionnés par Ansart. Il le désigne sous ce titre Cœremoniarum missœ et sacri Canonis tam lUteralis quam Iropologica Exthesis . A ce renseignement il ajoute Habelur MS. in Biblioth. Paris, ln-4*. Incipil : « Mémoriamfecit mirabiUum suorum. »

Aucun des manuscrits dont il est ici question n'ayant été transmis à la Bibliothè<|ue Nationale, nous n en pouvons rien dire de plus.

MONCHASTRB (jkah de).

La Croix du Maine parle de lui dans ces termes : « Frère Jean db MONCHASTRB, natif du pays du Maine, doc-

(I) Le 11 iuta 156S, MivttBl AttMirt; mtU Aosirt te Irompc, car MUS «f ODS font les yevi It registre des tctci de It iiaiHMi de P«rii« tt MMity Utoot : • Hdruft Aodoujn, coenomaocmlf dktceils fvtt profcstusiseo, iO jttBii •

(S) Le Cûtëiùgmt €krmotogU-us et hUtoricui tfriplormm m emh$Umotmm (Bibliolk, Nm.« MSS dn UleMim, ■• 94)» ftit ffr P. Aadouya «o Taoïiée 1599,

PHILIPPE DE OVIBRLAVniVB. 449

tbur eo théologie à Paris, el prieur do couvert de^Jacobips audit lieu. Il esloit graad théologien et forék>queni oraleuir. U a presché et anoûocé la parole de Dieu eo divers eodroicts de oe royaume, taoi è Paris, è Rouen et au Hans qu'en autres villes, esquelies il à presché lé caresme et les ad vents. Ces sermons ne spnten lumière. U mourut de la peste en son couvent à Paris, Tan 4583, en octobre, âgé de iO ans ou environ, ayant pour lors la charge et dignité de prieur. » Il y a lieu de croire, malgré 1^ dire de La Croix du Maine, que oe Jean de Monchastre n*élait pas un prédicaleur si renommé, puisqu'il n*est pas parlé de lui dans la Bibliothèque dOs écrivains de son ordre.

QUIERLAVEINE (Philippe de).

Ce PuaippE DB QUIERLÂVELNE, sieur de la Cornuère, a composé trente-six sonnets en l'honneur de demoiselle Lucrèce* Legras, fille ainée du sieur de la Fresnaye-Mescrin, sa maltresse» Imprimés au Mans en 1 579, par Marin Chalumeau, au témoignage de La Croix du Maine, ces sonnets ne se retrouvent plus. LesQuierla veine étaient gentilshommes. Ils sont quelquefois nommés dans les anciens titres Crolavoine ou Crctula" voine, Gilles Ménage fait à ce sujet la remarque suivante: « J ai appris de M. Gohory de Sablé, homme très versédans les généalogies des familles de la province du Maine, que Crolavoine et Quierlavoine étaient la même bmille, et que Quierlavoine étoit une corruption de Crolavoine; ce qui est très vraisemblable. Crolavoine, c*est Cribum. S9

480 PHiliPPÉ DE OunKLAVElNk.

lans âùtnam (4). » On peut lire, dans la seconde partie dé VHisiùire de Sablé (1), de très amples détails sur bs Qdieriaveiiie. De Jeaû, receveur de Sablé et de BrAloD, naquit Raoul, qui fut l>ailli de Sablé et avocat du roi au Hàns. Raoul Quierlaveine eut de Hichelle-Foomier Philippe Quierlaveine, qui lui succéda dans ses deux emplois : ce Philippe Quierlaveine eut ensuite de Mar* Une Le Large, Philippe, sieur de là Comuère, Tauteur des trente-six sonnets. C'est une famille dont la branche principale s*est éteinte, au dire de Ménage, vers 46SS.

(i) BùL éê SMi, demièflMpartiei p. U9« (I). P. ii5 et Mit.

PIN OU TROlSlSm VOLLMI.

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