‹ Histoire littéraire du Maine (volume 3)Chapitre 10 sur 52 · MORIN ( LOUIS · texte numérisé non relu

MORIN ( LOUIS

LOUIS MORIN naquit au Mans, le 11 juillet 1636. Son père, contrôleur au grenier à sel de la ville , avait eu de son maiiage seize enfants , desquels Louis était Tainé.

Fort jeune encore , Louis Morin manifesta le goût le plus vif pour Téiude des plantes : on désigne , «tomme son premier maître dans cette étude , un marchand de la campagne qui approvisionnait d*herbes médicales les apothicaires de la ville. Ce ne ftit pas une grande affaire pour lui que de posséder en peu de temps toute la science de son agreste professeur : pour en apprendre davantage , il vint à Paris aussitôt qu'il eut achevé ses humanhés.

A cette époque , la botanique n'était pas encore une spécialité scientifique ; on ne la èultivait pas d ordinaire pour elle-même et dans le seul but d'ajouter quelques découvertes à la somme des observations acquises , mais à cause des propriétés attribuées aux plantes par la thérapeutique : on était botaniste pour devenir mé-

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decin. Louis Morin fut reçu docteur en médecine vers Fan 1662. Ou le vit alors embrasser un genre de vie dont Taustériié fut un objet d*admiration , même dans un temps où la plupart des savants se recommandaient par des mœurs rigides. Pour se maintenir Tesprit libre à toute heure du joiu*, il ne faisait consister chacun de ses repas qu'en un morceau de pain et un verre d'eau ; s'il ^joutait quelquefois à son ordinaire , c'était un (rnit , mais rien de plus. Ce régime lui permettait de travailler avec assiduité : aussi consacrait-il à la science tout le temps qu*it n employait pas auprès de ses malades. Consulté souvent par Fayon , Longuet et Gallois , lorsqu'ils travaillaient à VHortu* Begiuê ou Catalogue des simples du Jardin Royal , publié en 1066 sous le nom de Vallot , premier médecin , il leur communiqua des renseignements fort utiles et qu'ils mirent à profit.

* Après quelques années de pratique , Louis Morin fut reçu médecin expectant à l'Hôtel-Dieu de Paris : plus tard il y fut admis comme médecin pensionnaire. Il n'était pas riclie : cependant comme, avec ses goûts et ses habitudes , il dépensait moins que peu, à toutes les époques où sa pension lui était comptée, il déposait la somme dans le tronc de Tllospice. • Ce n'était pas là , dit Fontenelle, senir gratuitement les pauvres, c'était les payer pour les avoir senis. • Bientôt la réputation daLouis Morin ftit grande dans Paris. Mademoiselle de Guise désira l'attacher à sa personne comme son médecin , et pria le célèbre Dodart, son intime ami, de lui offrir cette place. Louis Morin résista quelque temps, mais, à force de prières, on le fit accepter. • Sa nouvelle dignité (nous copions Fontenelle ) l'obligea à prendre un carosse »

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