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atlirail fort incommode ; mais en satisfaisant à cette bienséance exicrieure , dont il pouvait être comptable an public, il ne relâcha rien de son austérité dans Tintérieur de sa vie, dont il était toujours le mafire. Au bout de deux ans et demi , la princesse tomba malade. Comme il avait le pronostic fort sur , il en désespéra dans un temps même où elle se croyait hors de danger , et lui annonça sa mort, ministère souverainement désagréable en de pareilles circonstances , mais dont sa pitié, jointe à sa simplicité, Tempôchait de sentir le désagrément. Cette princesse , touchée de son zèle , tira de son doigt une bague qu'elle lui donna comme dernier gage de son affection , et le récompensa encore mieux en se préparant chrétiennement à la mort. Elle lui laissa par son testament 2,000 livres de pension viagère. A peine fut-elle morte , qu'il se débarrassa du carrosse , et se retira à Saint-Victor sans aucun domestique , ayant cependant augmenté son ordinaire d'un peu de riz cuit à Teau (1). »
Voilà le témoignage fidèle d'un contemporain : nous le reproduisons dans sa naïveté. On ne connaît que la frugalité du Vénitien Comaro qui ait égalé celle de Morin ; mais , pour Comaro , Tabstinence fut une méthode hygiénique , il ne devint sobre qu'après s'être épuisé par les excès : chez Morin , ce fut un parti pris par choix, non par contrainte. Avant lui, Port-Royal avait accueilli d'autres sages sous ses charmilles solitaires ; mais combien de ces ascètes vénérés avaient fui le monde sans le maudire? combien avaient, comme Morin , librement recherché le silence du cloître , sans
(i)Éiog€s de Fonteoelle.
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avoir besoin de guérir une plaie du cœur, ou de 1er un mécompte de l'ambition?
En 1699', au renouvellement de T Académie, Morin fat nommé associé botaniste de TAcadémie des Sciences* Il n'avait pas désiré cet honneur , mais son ami Dodart avait fait valoir ses mérites, et avait obtenu pour loi cetitre justement considéré. En 1707, Dodart mourut, el Morin lui succéda comme pensionnaire de l'Académie. Mous trouvons plusieurs de ses mémoires consignés, dans VHùUnre de t Académie deê Seieneeê.
Dans le DieiUnmaire des seiemeeê médieaUe^ à rar* licle seorbuif Fodéré recommande comme aliment euratif les plantes Craiches et acides, *t en particulier l'oseille ; il signale les excellenu résidtats obtenus de ce traitement. 11 avait été conseillé et appliqué avec succès par Louis Morin dans les salles de l'Hdtei-Dieo , eomme nous l'apprenons d'ime observation communiquée par lui à l'Académie, et insérée dans le volume de l'année 1708 (1). Nous lisons dans le même volmne (2)^ im travail de Morin sur les eaux minérales de Forges,, près de Goumay. Dans l'année 1699, il lut un rapport fort curieux sur im cas d'bydrophobie :on avait obtenu la guérison du malade en le plongeant dans l'eau , et aux symptômes de rage qui s* éuient d*abord manifestés, avaient succédé ceux beaucoup moins alarmants d'ime lèvre peu tenace. Les tables du Journal des Savante attribuent à notre Morin d'autres traités d'analyse cbimique et organique ; mais les tables de l'Académie restituent ces ouvrages à Morin ,de Toulon , associé botaniste.
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(S) Pige ST.
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Lorsque Tournefort entreprît son voyage dans le Levant, en 1700, il chargea Louis Morin de le suppléer, pendant son absence , dans son cours de Démonstration des Plantes , au Jardin-Royal , et il lid témoigna sa reconnaissance d'un tel service , en lui rapportant de l'Orient une plante nouvelle , qu'il nomma Morina Orienialiê.
Voici quelques détails sur les dernières années de Morin , que nous empruntons à Fontenelle :
« Morin, avançant fort en âge , fut obligé de prendre un domestique , et , ce qui est encore bien plus considérable , il se résolut à une once de vin par jour ; car il le mesurait aussi exactement qu'un remède qui n'est pas éloigné d'être un poison. Alors il quitta toutes ses pratiques de la ville , et se réduisit aux pauvres de son quartier, et à ses visites de l'Hôtel-Dieu. Sa faiblesse augmentait, et il fallut augmenter la dose de vin, mais toujours avec la balance. A soixante-dix-huit ans, ses jambes ne purent plus le porter, et il ne quitta plus guère le lit. Sa tête fut toujours bonne, excepté les six derniers mois. Il s'éteignit enfin le 1" mars 1715 , âgé de près de quatre-vingts ans , sans maladie, et uniquement faute de force. Une vie longue et saine, une mort lente et douce furent les (hiits de son régime.
» Ce régime si singulier n'était qu'une portion de la règle journalière de sa vie , dont toutes les fonctions ol)ser\'aient un ordre presque aussi uniforme et aussi précis que les mouvements des corps célestes. Il se couchait à sept heures du soir, en tout temps, et se levait à deux heures du matin. Il passait trois heures en prières. Entre cinq et six heures, en été, et l'hiver, entre six et sept , il allait à l'Hôiel-Dieu , et entendait le plus
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souvent la messe à Notre-Dame. A son retour, U lisail TEcriture sainte et dînait à onze heures. Il allait ensuite jusqu'à deux heures au Jardin-Royal lorsqu'il faisait beau. Il y examinait les piaules nouvelles , satisfaisait sa première et sa plus forte passion. Après cela, il se renfermait chez lui , si ce n'était qu'il eût des pauvres à visiter , et passait le reste de la journée à lire des livres de médecine ou d'érudition, mais surtout de médecine, à cause de son devoir. Ce temps-là était des» tiné aussi à recevoir des visites , s'il en recevait ; car on lui a entendu dire : • Ceux qui me viennent voir me
• font honneur , ceux qui n'y viennent pas me font plai-
• sir ; • et l'on peut bien croire que , chez un homme qui pense ainsi , la foule n'y est pas. Il n'y avait guère que quelque Antoine qui pût aller voir ce Paul.
• On a trouvé dans ses papiers im index d*Hippocrate , grec et latin , beaucoup plus ample et plus correct que celui de Fini. Il ne l'avait fini qu'iu an avant sa mort. Un pareil ouvrage demande une assiduité et une patience d ermite.
• Il en est de même d'un journal de plus de quarante années , où il marquait exactement l'eut du baromètre et du thermomètre , la sécheresse ou l'humidité de Tair, le vent et ses changements dans le cours de la joiunée, la pluie , le tonnerre , et jusqu'aux brouillards , tout cela dans une disposition fort commode et fort abrégée, qui présentait une grande suite de choses diOérentes en peu d'espace. Il échapperait un nombre infini de ces sortes d'observations à tm homme plus dissipé dans le monde, et d'une vie moins uniforme.
• Il a laissé une bibliothèque de près de 20,000 écus , un médailler et un herbier ; nulle autre acquisition. Soo