‹ Histoire littéraire du Maine (volume 3)Chapitre 31 sur 52 · BIGOT (GUILLAUME · texte numérisé non relu

BIGOT (GUILLAUME

GUILLAUME BIGOT , ué à Laval , dans les derniers jours du mois de juin de Tannée 1502 , fut à la fois célèbre par son grand savoir et par ses malheurs. On peut dire sans figure que la mauvaise fortune Tassiégea dès le berceau ; car comme il avait, en venant au monde, deux dents déjà formées, il fut admi^ dans le conseil des matrones de Laval , qu un malin esprit avait choisi pour habitacle le corps de cet enfant prodigieux , et aucune d entr*elles ne voulut Taccepter pour noun'isson. On le confia donc à quelque femme de la campagne. Il avait un an à peine > quand la peste enleva treize personnes dans la maison qu'habitait sa nourrice : celleci, par pitié pour Tenfant confié à ses soins, prit la fuite

(1) Singularités Hist, et Uit, t. III, p. 49.

(i) Cette édition est devenue très-rare, et nous n'ayons pu vériUer si la dato de 1505 , donnée par Dom Liron , est exacte ; Cathcrlnot, dans sesÀrmaUi t\fpographiqu€ê de Dovrgci, Ta inscrite à Tannée iSOU.

k travers les champs , allant soccomber loio de lui mal dont elle sentait Thorrible atteinte ; ses voisins , moins charitables , le laissèrent exposé sur le bord d'no grand chemin. Il y a lieu de croire qu il y serait mort de faim et de froid , si son père , Jean Bigot , appelé de ce côté par quelques affaires particulières , ne IV vait trouvé gisant près d*tme haie , et ne Tavait recueilli. Telles furent les premières infortunes de Guillaume Bigot ; nous eu avons à raconter bien d'autres encore.

Son adolescence fut très-orageuse. Devé par des gens qui le négligèrent , il courut aux lieux de débauche dès qu il put se soustraire à leur discipline , et il fit , à Angers , certaine équipée qui lobligea de fuir la ville , pour éviter les poursuites judiciaires intentées contre lui par la famille de La Tour-Landri. Retiré à la campagne , il chercha , dans les travaux de TespHt , un aliment à son activité. C*i*st durant cette retraite qu*il apprit le grec , sans maître ; il n'étudia pas avec moins de fruit la philosophie , Tastrologie et la médecine. Mais le mouvenieul , iagitaiion , les courses et le bruil étaient pour lui un besoin tellement impérieux qu*il ne pouvait longtemps y résister. Il sortit de son asile pour s'employer dans unt» négociation diplomatique qui de\ait sin<;ulièrcnient flatter son gofit pour les aventures. Lan^ey du Bellay avait revu de François I" une mission secrète près d<*s princes dWliemagne ; il ne ile\ait pariiitre dans Icb cours (jue sous l'habit d'un marchand de pieneiies. Guillaume Bigot Taccompaj^na dans ce voyage , mais il le quitta bieiiiùt pour se faire recevoir professeur de philosophie à TUniveiiiitc de ïubingc. Dans le même

GUILLAUBIE BIGOT. 239

temps , il commenta la Logique d'Âristote et il étudia la médecine sou8 Antoine Cureus et Guillaume Asterot, ainsi que les mathématiques sous Fossanus. Puis, ayant eu querelle avec les autres membres de celte Université, au siiget des doctrines métaphysiques de Mélancthon, il alla séjourner quelque temps à Bàle. Il parcourut ensuite diverses cités d'Allemagne , provoquant les docteurs les plus fameux à des rencontres philosophiqoes , et se vengeant d'eux par des épigrammes , lorsque probablement il n'avait pas eu les honneurs du combat. Enfin , après avoir été reçu docteur en médecine f il revint en France où , s'étant placé sous la protection de MM. du Bellay , il ne fut pas inquiété davantage pour Taffaire d'Angers.

Guillaume Budée voulut le retenir à Paris , et lui faire obtenir une chaire royale. Mais il ne put y réussir : Bigot fut desservi près du roi par le célèbre P. du Chàlel {Cattellanui) , grand aumônier , qui , dit-on , lui fit Thonneur de le redouter. Un jour que devant le roi on parlait de notre Bigot avec beaucoup d'avaniage, du Châtel interrompit ses apologistes : — « Pourquoi , dit-il , élevez-vous si haut les mérites de cet homme ? N'est-il pas de la secte d'Aristote? — Que voulez-vous dire , lui demanda le roi. — Je veux dire , reprit du Châtel, que suivant Aristote, le meilleur des gouvernemenls est Taristocratie , et non pas la royauté. » Le roi reprit qu'il fallait tenir pour insensé ce propos d'Aristote , et les courtisans ne s'avisèrent plus de lui recommander maître Bigot. Celte anecdote est ainsi raconiée par Mélancihon (1). Suivant P. Galland , Mélancthon ,

(i) BufionM conifû ckrum ColonUimrm

240 QlILUCMfi BIGOT.

qal avait TesprU crëdale , a été grouièremeni abuié i la dialogue qu'il rapporte n'est qu'une flciion imagloëa par Bigot, pour coropromeiire du Ch&tel près du rëgeac de la nouvelle école péripatéticienne } ce Bigot n'ëtâli qu*un profes^^eur de ruelles , un brouillon , à quila Tanilé inspirait les plus méchantes calomnies (i). A ce démenti vient se Joindre celui de Bayle , qui a disserté en quatre points contre le récit de Mélanctbon , mais, il nous semble, avec assez peu d*à-propos(2). Bayle reclierchait trop les occasions de contredire. On peut lui opposer le témoignage de G. Naudé, qui , dans ses Ad* dliions à VHùioire de LouU XI (3) , accuse aussi du Chàtel d*avoir mal conseillé le roi au sujet de Bigot , ei d'avoir agi de telle sorte par envie.

On lui offrit une chaire à Padoue, avec de beaux émoluments : il la refusa pour aller à Nîmes, oàon rinvitait à restaurer TAcadémie. Le P. Galland nous dit que Bigot obtint du roi cette sorte de commission, à la prière du grand aumônier qui lut avait pardonné ses ôpltres ailoninicuses. Nous croyons volontiers que du Cliùlel aimait mieux voir liigotà Nimes qu'à Paris. Quoiqu'il en soit , à peine fut-il à Nimes, que par son adiarne* ment à défendre de prétendus privilèges universitaires , il se fit des ennemis tiombreux parmi les notables de la ville. Ils rappelèrent le protestant Claude Haduel qu'ils avaient récemment disgracié : mais Bigot ne voulut pas quitter la place , et il y eut un certain tumulte à TAcadémie , les deux maîtres ayant chacun leur parti

(1) Pctrus GalUndtis. in Yita Caneliani, num. 74. (S) MciioMuûrg hiuorique €t critiqué , ftu mot G. Bigot* (Sj Ibitkm. «

dans la ville el parmi les écoliers. L'affaire fui portée au paricmenl de Toulouse , qui valida les convenlions lUies par Bigot avec la ville de Nîmes et le maintint dans sa charge. Bigot reçut à Paris cette bonne nouvelle : il y était venu pour intéresser à sa cause les amis qu*il avait en cour , et particulièrement le cardinal du Bellai. Aussitôt il vendit tout ce qu*il avait de patrimoine à Laval « et partit en grande liâie pour Toulouse. Mais, dans cette ville , son mauvais sort lui résen'ait une disgrâce nouvelle et plus triste que toutes les autres. Il y avait laissé sa femme avec ses deux filles : celle-ci , peu soucieuse , comme il paraît , de ses devoirs , avait , durant le voyage de son mari , contracté une liaison fort intime avec un joueur d'instruments , nommé Pierre Fontaine , qui habitait le même toit que la famille Bigot. Or , il arriva que le galant , surpris sans doute dans un lieu où il ne sut justifier sa présence , subit 1^ châtiment infligé par le traître Fulbert à Taniant d*Héloîse. Ce qu'il y eut de plus grave pour le pauvre maii dans celte aventure , c'est que les amours de sa femme eurent en son absence ce tragique dénouement, que le public ne put l'accuser d'avoir lui-même vengé par un crime sa couche outragée. Comme ou le pense , le cas de Pierre Fontaine fit grand bruit , et l'on s'ia* quiéta beaucoup de savoir quelle main avait accompli l'œuvre mystérieuse. Il fui dit dans les salons et dans les carrefours , que l'auteur de ce guet-à-pens n'était autre qu'un certain Antoine Yerdau , ancien valet de Bigot, et, comme on ne manqua pas de4e supposer, ancien familier de la maîtresse du logis. Mais la honte de Bigot ne suffisait pas à ses ennemis :

comme ils voulaient sa perle, ils prétendirent que le

84% GULLAUME BIGOT.

valet avait agi par les ordres du matire , et lU provoquèrent les geos de justice à une enquête crioiliiello. Si grande que fut Ténergie de Bigot, il fut accablé par '^' tant de coups. Son premier dessein fut de sortir do Toulouse , et d*aller chercher un asile ignoré à Meti om en Allemagne. Mais on lui conseilla de demettrer^ et de faire tôle à la calomnie. Il s y résigna » mio sasi beaucoup de peine , sur Tavis de quelques avocMs, et après irois mois de retraite dans le collège de Saloi- Marcel , il mil son affaire en règle , et se constitua prisonnier. A peine fut-il sous les verrom , que tous les venis se déchaînèrent contre lui. Nosseulement il entendit Pierre Fontaine l'accuser de sa déchéance virile ; d*autre part , on appela TanathèMO sur sa tétc, en disant qu*il avait professé Tathéisoie. II répondit à ces libelles, et obtint la faveur de prèseoier ime défense solennelle aux Grands-Jours assemblés ai Pny. Il sortit de cette nouvelle épreuve à son honneur i mais le chagrin avait épuisé ses f jrccs , les frais de jus* tice avaient épuisé sa bourse , et il se trouvait réduit k la condition la plus fâcheuse.

On ne sait ni le lieu , ni In date de la mort de Guillaume Bigot. • Je crois, ainsi sVxprlme Dom Liron (I), qu*il n*a pas vécu longtemps après Tan 1650. • On na pas même un catalogue exact de ses ouvrages. Opendasi il eut une grande célébrité. Mélancthon ne parait avoir connu , en France , à cette époque , que du Chiktel dont le savoir égalât celui de Bigot : • Duo sunt, dit-il, dans la lettre que nous avons déjà citée , in Galiia viri excellenier docii, Castellanus et Bigotius; • G. Naodé

(fl) Sbtpa.kUi.HHu.l. Lp. 438.

GriLLACME DTGOT. 2Î3

l'appelle • le premier philosophe de son temps , • et * Scali^rlni donne le même lilre : • Maxîmus philosophiis Gulielmus Bigolîus(l). • Il nous serait fort diflîcile de dire aujourd'hui quelles étaient ses opinions philosophiques : nous apprenons seulement qu'il veut être compté parmi les derniers défenseurs du péripatétisme scolasiique (2). On cite le titre de quelques poèmes publiés sous son nom. L'abbé Gouget a parle de lui dans sa Bibliothèque française (3), à l'occasion d'une épttre en vers français adressée à Charles de Sainte-Marthe, qui se trouve à la suite des poésies de cet écrivain. Quelques-unes de ses poésies latines furent imprimées à Bàle, suivant Gesner, en 1536; il paraît qu'il s en fit une autie édition à Paris, en 15S7, in-8**. Le P. Leiong cite de lui : Somnium de Expulêione iînperatoris Caroli F^ GalHa , Parisiis j 1537 j in-8^ : ce Songe faisait sans doute partie du voliuie dont nous parlons. £n 1569, il fit publier à Toulouse j-îd Jeêutn Chriêium Cartnen tupplex, et tuie épîlre soos ce lilre : Epistola yintilogica, in-4**. L'ouvrage le plus considérable, et sans doute le plus important de Guillaume Bigot, a pour titre : Gulielmi Bigotii, Lavalensis, Christianœ Philosophiœ Prœludium, opus cum aliorum tum hominis substaniiam luculenlis ei^primens rjr tionibus; Tolosâe , Guido Bontevilleus, in-/i^. En téie de cet ouvrage est une longue épitre en prose, dans laquelle l'abbé Gouget a lu la plupart des tristes détails

(1) Julîos C«s. Scatiger, de SmbtUiiate ad Cardan. Kztrdt. p. 307 num. 15.

(3) Ibidem.

(4) Tome XIII, page 65.

214 MARIN UDERGE.

tpj QOUft avoos racontas après lui , sur la vie Guillaume igot. Ces détails se irouvent aussi dans le />fc/ûmnaire de Bayle. A rariicle Claude Baduel, Bayle parle d*un livre publié par ce professeur sous ce litre : De Jtattone vita ttudiotœ ac litteralœ in Matrimonio eollocandœ ac degendœ , et il cilc un passage de ce livre où il est mentionné que Guillaume Bigoi avait promis au public un traité sur la nécessité du mariage. Si Baduel n*a pas voulu plaisanter son compéUieur,et se venger par une amère ironie des arrêts du parlement de Toulouse , il est à croire que les leçons do, Texpérience auront dissuadé Guillaume Bigoi de soutenir la thèse rigide qu*tl s*éiait proposée.

LIBERGE (marin).

' La Croix du Maine et Tauteur de Vllùioire des camiez d^ Aletiçon et du Perche , Gilles Bry, ne font pas •- naître au même lieu cet illustre professeur. Voici comment s'exprime La Croix du Maine : • Marin Liberge, Manceau, ou Mançois, natif de la Chapeile-Soëf, au pays Cl comté du Maine , près Bellesmc , au Penlio, docteur es-droits , par cy-deuant lericnr en cette profession en rVniuerhiié de Poiciiers,ei maintenant à Angers.* Suivant Gilles Bry, Marin Liborgcesi néà Bellou- Ic-Trichard, de révéché du Mant , et de Tordinairc du Perclie (l). Cette dernière opinion a été adoptc^e par le

(1) Uiuoire det corniez d'Alençon^ etc., etc., p. 374.

MARIN LIBERGE. 2i5

plus grand nombre des historiens qui ont parlé de Marin Liberge. Lepaige, il est vrai| ne s*y rend pas volontiers (1) , mais elle est défendue par Gilles Ménage (3)| qui est, en cette matière i une autorité considérable* Au surplus 9 ce qui pour nous tranche la question ïm^ portante I Marin Liberge s*6st inscrit lul-mâme parmi les écrivains du Maine : dans le titre de ses livres i comme le fuit observer le P. Niceron (5) , il se désigne ainsi lui-môme : Marinuê Libergeui Cenomanetnii. Après avoir étudié le droit à Paris , Marin Liberge Ait docteur-régent en cette faculté , à TUnlversité do Poitiers. Il professait dans cette ville en 1569, quand elle fut assiégée par Coiigny et se défendit vigoureusement contre Tcffori de toute une armée protestante. En 1576, Liberge quitta Poitiers pour venir à Angers , occuper la chaire de droit civil (4). Il était renomme

(f) c La famille et le nom de Liberge subsistent encore en Anjou , cl possèdent des lilres qui prouvent qu'ils sont do la ni^me famille que Marin. Marie Liberge , aogevine , mon aïeule paternelle, étoit de cette famille, ainsi que Anne Lit>erge, épouse (Je M. Trotté, avocat au Mans , et le sieur Liberge , apothicaire , associé, en qualité de cbimiste, de la Société royale d*Agriculture da Mans. » Lepaige, Diciionn, iiisi, du Haine^ t. i. p. 9!2.

(2) Remarques sur la vie du P» AyrauU, p. i S8.

(5) Hommes illustres^ t. XL. p. 53.

(4) « Die 7 julii 1574, convenenint In collegio Dominus rector , etc., etc.. Super eo quod Dominus Ayrault et De rKITrelinc dixorunt et déclara verunt locavisse Domiuum Liberge, ut légat in bac Universilale in facullate juris civilis ; petierimt quatenus Dominus rociur et doctorcs cseterique de Universitate videant, et délibèrent de adoplando diclum Dominum Liberge in doctorem bujus l'nivcrsituiis cl de assignando bonorario. Auditis vocibus et opinionibus collegiantium , Dominus rector concludendo dixit : « Dominum Liberge recipiendum et adoplandum in doctorem re- » gentem in jure in bac Universitate... Et pro bonorario diclus » Dominus Liberge babebit centum libellas ex reditibus Uni versi- > taiis I cum emolomentls regenUae , et quadragentis lilicliis-

246 UXKÏS LIVERGE.

oomme Jurisconsnlte , et sans doute à Juste titre. G. Ménage raconte cependant qu'ayant en GoamnicMiiMl des leçons manuscrites de Cujas , il les dictait comWÊm siennes h ses élèTes; il ajoute que Cnjas nlgnora pts cet atms de confiance , et qu'il en fit part au puMic (I). Qnoiqull en soit , Liberge jouit k Angers d*«n sriHii crédit. Au commencement de la Ligue, des troobtet éclatèrent dans cette ville; notre docteur caloui demi fois rémotion populaire. Cest en reconnalsuoce de cet important ser%'ice, qu*il fut nommé en 1589, après l*faivasîon dt* la ville , échevin perpétuel : il refusa d'aborfl cette dignité , craignant sans doute de se faire mal voir , soit par le parti royaliste , soit par les adhérents du comte de Brissac; mais un ordre exprès du maréchal d'Aumont , qui commandait dans le payStroMign d*accepter (2). Il avait assisté aux Etats de Bloit , en 1588 , comme représentant de la province d* Anjou , dont il avait rédigé les cabiers. Au printemps de Tan* née 1578 , lleuri IV ayant résolu de terminer les tnm* blés de rOuest , vint eu personne demander une entrevue au noitveau chef de la rébellion , le comte de Mercœur. Il passa par Augers, et un dis^cours ollicîel, em forme do rcciuète , lui fut recité par Marin Liberge. Le ri)i, nous apprend Gilles Bry , «fut tellement touché d'entendre ro grand personnaige, qu'apn*s Tanoir embrassé et loué publiquement et respondu à tuos les points de sa harangue , donna en sa faneur à fUniver-

• proiiiKsis |K*r I>. IC|>is^'opanj Andcfiavcn^m... • Exlnit dc« d«'*lih(^raUon« de la CaculU* d<* Driitt île rt'iii\enâiê irAaKrr»» dan» le?t /Icmari/Nn de G. Ménage »ur ta tir Jf P, A^auU , p. tt»|.

[ît l'tid 1i. Mtnatjit, p. 57.

(t) Gillct ic7, Um. été cwmici é'AltmiMH thi Dinke , Ut. T.

MARIN LIBERGE. 247

silc dodit lieu , le droict d^appélissement de pintes à partager avec la maison de ville (1). >* Ce droit , que lUniversîlé d'Angers conserva jusqu'à la re'volulion de 1789, ne fut pas le seul accordé par l'ordonnance royale de 1698 , à la sollicitation de Marin Liberge ; Gilles Bry ne mentionne pas quelques autres privilèges d'une importance non moindre (2).

Liberge mourut à Angers, et fut enterré dans l'église des Cordeliers , en 1599 ou en 1600. On n'est pas d'accord sur cette date. On a de lui : Vniversœ jurU HiiioriœDeicripttOj ex variisauthoribus collecta et in Pictaviensigymnasioexposiia; Poitiers, 1567, in-d^. U publia à Poitiers , la même année : De Ptœientù iem-

(i) Jm.

(2) Yoid le texte de Tordonnance :

« Henri, par la grâce de Dieu, etc., etc. Nos chers et bienamez les maire et échevins, manants et habitants de notre ville d* Angers 61 les docteurs régens ès-droits de TUniversilé dudit lieu , nous ont» en noire conseil , fait remontrer qu'il a plu aux rois nos pré* décesseurs établir en ladite ville un corps de ville et Université , et pour l'entretien des charges qui en dépendent, ordonner quelques droits de si peu de valeur qu'il n'y a en ladite Université fonds pour gager un seul docteur, et au corps de la ville n'y a pour tout revenu au'un droit de cloison affermé cinq cents écus, qui ne peut suflSre à l'entretenemcnt des portes de ladite ville. Nous supplians et requérans en faveur de notre heureux avènement à icelle , et pour sa décoration et augmentation , leur octroyer un sou pour livre à prendre sur les décimes du clergé de notre dit pays d'Anjou, pour l'entrelenement de l'Université de ladite ville , et pareil droit snr les deniers des fermes de nos huitièmes de toutes les élections de notre dit pays, avec l'établissemenl et levée de l'impôt et droit d'appétissement des mesures des vins et autres breuvages qui se vendent en détail dans ladite ville et élection d'Angers , et leur en faire don pour être les deniers reçus par les receveurs des deniers communs de ladite ville et employés au payement des gages desdils docteurs , rég^ents des droits de ladite Université , et le surplus pour les affaires du corps de ladite ville. A ces causes,,,, avons octroyé et octroyons par ces présentes, etc., etc. • PrhnUgei tk VCmttrtùê â*Ang€H , Angers, veuve' d'OUvieri atril 4736, in-4».

Sis WCnCL BUREAU.

putalU 0i êeculi ealamiiaîê OraHo^ in*&*. La relalian qu*U fl( du sicge de celle ville i a pour titre : AmpU d^ê* $êun de ûê quiê'êii fbiê êl pand au êfdgê de /W« iiên I ëci^i durant Icelut par un homme 1|ttl eeioU ildanii Hoiteoi 1160 1 in-4*. Ce diicoan hit r4lm« primé ovea dei additions » k Parti » Cbo*aeaU| II60| |Q-S*i à Pûltlert, 1870, lD«&\et 1611, lo-ll \ Rouen 1695, in-lS. Voici le titre de trois antres ditcourt de Marin LIbcrge : De Calamiiatum Gallim eauiiê Oratio^ 1569, in-4^ ; De JuUitia et juré Oratio, in Andegavensi juris audilorio habita, anuo 157& ; Paris , \hlh , xn-hr ; De Artibue et dUeipliniê qnibus juris sludiosum ÎDstructum et ornatum esse oportot , 1591 , in-S*. En téie des Harangues ovl Hemon» traneeê de Guy de Lesrat , lieutcnant-gén<^ral d*Angers , on lit une longue EpUre latine adressée par Liberge à ce magistrat.

MM

Page 1