‹ Histoire littéraire du MaineChapitre 13 sur 30 · JANNART · texte numérisé non relu

JANNART

Oralorien et bibliothécaire de la maison de TOratoire à Paris, Jannart était, suivant M. Desportes, originaire du Mans (4). On lui attribue : Vie abrégée de la bienheureuse mère de Chantai, extraite de celle de Jf. rabbé Marsolier; Paris, Babuty, 4752, in-42. Ce n'est qu'une compilation. En ..gardant lanonyme, l*abr$viateur n*a pas fait acte de modestie ; il ne pouvait guéres se nommer sans manquer aux convenances littéraires.

GUILLOGHON.

Labbé GUILLOGHON, curé de la Ferlé-Bernard, no nous est connu que par une notice assez étendue sur la ville de la Perte, insérée dans le Dictionnaire Universel de la France^ qui fut publié, eu 4726, par le libraire Saugrain. Voici quelques phrases de cette notice, qui contiennent le jugement de Tabbé Guillochon sur Tesprit et les mœurs des gens de La Perte : a La fertilité

(1) Bibiiographie du Maine*

iSk CBACCHOll.

est cause que les peuples y sont sujets au vin. Au reste les habitans de la ville sont pleins de politesse et d*hon« neur ; mais cependant avares, grands faiseurs de contrats de constitution. Il y a dans la ville un grand nombre d'officiers de cour ; ce qui contribue beaucoup i la politesse des habitants, qui sont naturellement guerriers. Il y a actuellement dans la ville six officiers de guerre, qui, par leurs bons et longs services, sont parvenus a être chevaliers de Saint-Louis et pensionnaires du roy. »

CHAUCHON.

Le catalogue de dom Gennes inscrit au nombre des écrivains Manceaux Tabbé CHAUCHON, aumdnier du duc d*Orloans , auteur peu connu et peu digne d'une plus grande célébrité. Il publia d'abord : La Journée Sainte, dédiée à madame d'Orléans, abbesse de Chclles; Paris, Lottin, 47i), in-4 2 ; c'est un petit livre de prières, avec quelques méditations. On lui doit encore: Reflexions sur la nécessité. Us effets et les atwUages de la discréticn; au Mans, Honnoyer, 4762, in-4S. Une analyse de cet ouvrage se trouve dans les Mémoires de Trévoux du mois d'octobre 4703 : on y discule la thèse de l'abbé Chauchon, et Ton fait voir que, pour défendre cette thèse, il a recours â plus d'un sophisme.

GLAUDB-HBNRI CX)UANIBH DB^LaMOBS. 255

COUAN lER-DESLANDES ( Claude-Henri ).

Cuudb-Hbnbi COUANlBR-DfiSLANDBS, oéà Laval vers laDoée 4725, eotra dans le clergé séculier et fui professeur d'éloquence au collège de la Marche. Le premier de ses essais liltcraires est un Eloge funèbre de Monseigneur le duc de Bourgogne^ publié chez Didol,eD 4762, iD*i*. C*est uoe dédamalion pleine d emphase. Elle D*aDDOOçail pas un écrivain original» mais un rhétear verbeux. Celte rhétorique étail à la mode, el les règles du bon goût en discrédit : Couanier-Deslandes éleva ses prétentions jusqu'au laurier académique. L'Académie française ayant mis au concours I éloge de Sully, il concourut, mais le prix fut remporté par Thomas. Après avoir juré de ne plus entrer en lice avec un ad^ versaire toujours sûr de vaincre, Couanier-Deslandes publia son morceau d'éloquence : Eloge de Maximilien de Beihvne^ marquis de Rosny, duc de Sully ; Paris , Simon, 4763, in-s"". Des notes étendues accompagnent ce discours: elles ne sont pas dépourvues d'inlérètf mais le discours est médiocre. Malgré l'insuccès de celle première entreprise, Couanier-Deslandes ne perdit pas courage et reparut au concours de l'année 4765. Mais il avait compté sur la retraite de Thomas^ et il fut trompé dans cetto espérance : Thomas concourut el partagea le prix avec Gaillard. Couanier-Deslandes obtint, du moins, l'accessit, el s'empressa de publier son discours : Eloge de René Descartes , Paris, Regnard, 4765, in-8*. Nous ne pouvons que rendre hommage à Téquité des juges : le discours de Thomas est tellement supérieur à

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celui de son rival. qu*il est même difficile d elablir entre eux quelque comparaison.

L*abbé Claude-Henri Couanier- Deslandes mourut au Mans en 1766.

Quelques calalogues lui allribuent encore : VBloge de la Chirurgie; kmtievàam et Paris, Dufour, 4768, iii-l2. , Celte attribution est erronée. V Eloge de laChirurgie est Touvrage d'un autre Couanier- Deslandes, parent de Tabbé, peut-être son frère , correspondant de TAcadémie royale de Chirurgie , qui , après avoir été chirurgien-major des hftpilaux militaires, dans les possessions espagnoles de la Floride et de la Havane, obtint le mémo litre et remplit les mêmes fonctions dans les possessions françaises de Saint-Domingue.

D.\MOURS (Louis).

Louis DAHOURS , né au Lude , fut avocat au conseil du roi ; mais il ne se laissa pas accabler par les affaires, et consacra ses loisirs a composer des traités de juris* prudence , des mémoires écouomiques et politiques , et quelques autres ouvrages, moins graves peut-être, mais plus estimés et plus intéressants. C'est à lui qu'on doit : Lettres de Ninon de Lenclos au marquis de Sevigne ; Amsterdam, 4751, t val. in-4 2 ; ouvrage imprimé dans la même ville, chez Fr. Joly , en 1757 , en 4 767 et eu 4775. Celle dernière édition , qui a trois volumes , diffère souvent des précédentes. Nuus en désignerons en* oore une édition ; Paris, Capelie, ISOO, en 3 vol. in-4S. Damours, qui avait fait une étude particulière de la vie

LbuiS OAMOURS. SS7

et de Tesprit brigiaai deNioonde Lenclos. 8*était si bi^û mîsà sa place dans ses lettres supposées, que beaucoup de gens les attribuèrent encore à Ninon après qu'il eût fait Taveu public de cetie supercherie. Les Lettres de Ninon de Lenclos sont une constante apologie de ces amours nées du caprice, où le cœur s*engage peu, et qui égaient Tesprit et les sens, sans jamais leur causer des émotions trop vives. Cette sorte d'amour ne ressemble pas plus à celui des héros de lancien roman qu'à celui des héros du roman moderne : à une égale distance de la fadeur et de la furie, il serait bien nommé le libertinage ; mais c'est un libertinage sans obscénité. Après les Lettres de Nhum^ notre avocat au conseil publia quelques ouvrages d*un autre genre : Exposition abré-gée des loix , avec des observations sur les usages des Provinces de Bresse ei autres^ régies par le droit civil ; Paris , 1754 , in-8* : Conférence de l'ordonnance concer^ nant les donations avec le droit romain, les anciennes ordonnances, etc., etc.; Paris, Bauche, 4753, in -8*: Mémoire et consttttation pour les Etats de Provence contre les Etats du Languedoc; Paris, 4764, in-i*: Mémoire pour f entière abolitilion de la servitude en France; Paris, 4765, in-4*. Ces livres, d'une incontestable gra< vite, n'avaient pas fait , il parait , oublier les Lettres de Ninon : pour se réconcilier avec les mères de famille , Damours composa d'autres lettres dans un tout autre esprit Ce sont les Lettres de Miladi *** sur V influence que les femmes pourraient avoir dans Védiuxition des hommes; Paris, veuve Duchesne, 4784 et 4788 (4), 2 vol. in-42. Un jeune et brillant seigneur , Français de

(i) L^éditton de 1788 est celle de 1784, avec an titre dilKrent,

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