ROUSSEAU
L'abbé de La CrocharJière inscrit au nombre des écrivains nés dans le Maine, un certain Rousseau, autour d'un volume qui a pour litre: Ebats dUnnocents loisirs; 4C37, in- 4% sans indication de lieu. C'est un ouvrage fort médiocre. Rousseau remplissait, au Mans, les fonctions d*élu.
BOUVKT (Joachim).
On sait combien Colbert forma d'entreprises dans Tintérêi de notre commerce et de notre influence extérieure. Il^voulut un jour introduire en France les arts de la Chine et en Chine les sciences de la France, et communiqua ce dessein k quelques roi.ssionnaires de la Compagnie de Jésus. La mort empêcha Colbert deTexéculer. Il fut repris par Louvois, et celui-ci, vivement encouragé par l'Académie des sciences, invita le supérieur des Jésuites k choisir un certain nombre de leurs
JOACHIM BOUYBT. 263
plus doctes régenls, qui devaienl êlre envoyés à ia cour de I empereur. Us désignèrent les PP. Fonlaney, Tachar, Gerbillon, Lecorote, Visdelou el BOUVET.
Né au Mans le 47 juillet 4665, Joachim Bouvel était entré chez les Jésuites avec l'intention de se consacrer à rétude des sciences, et, négligeant les belles-lettres, il avait suivi de préférence les cours de mathématiques, de dessin el d'astronomie. Cependant, quand il eut achevé ses études, ses supérieurs le churgèrenl d'enseigner les humanités. Il faliail obéir ; il obéit. Quelque temps après, on lui permit de quitter sa régence et d entrer en théologie. Il aspirait au doctoral, quand il apprit que le chevalier de Chaumonl allait partir pour la Chine avec quelques missionnaires de la congrégation. Le plus ardent de ses vœux avait toujours été de courir vers les terres lointaines et de visiter des peuples nouveaux; el, comme il ne pouvait demander une mission en des circonstances plus favorables, Il s*empressa de faire valoir sa candidature. La prolecllon d'un provincial de Tordre, le P. Collet, le fil préférer à d'autres concurrents. Cependant, comme il n'était pas encore prêtre, il fallut l'ordonner à la hâte : il dit sa première messe le 4 4 janvier 4 685.
Les missionnaires désignés furent reçus par l'Académie des sciences qui leur donna ses instructions. Ils se rendirent ensuite à Brest, où les attendait le vaisseau qui devait les transporter sur les terres du roi de Siam. Bouvel passa par le Mans, où il fut reçu par sa famille avec les témoignages du plus cordial empressement. 11 avait une sœur aussi distinguée par son esprit que par sa piété, qui avait pris le voile dans le monastère de Notre-Dame d'Alençon ; un de ses frères, le sieur du
164 lOAcaiM aoinm.
Parc, exerçait la charge de président au siège prosidiil du Mans ; un autre, le sjcur do Bozé ou de Bossé, conseiller au même siège, était un des antiquaires de la province (l] Joacjiim Bouvet fut accooipagné par ses frères jusqu'à La Flèche, et il était à Brest au mois de février 4 585. Le départ des missionnaires eut lieu le 3 mars, et, après une heureuse traversée, ils furent ren« dus vers la fin de septembre dans la ville de Siam. Ils y séjournèrent respaced'uncanuée, puis ils quittèrent cette ville, et firent voile vers la cAte orientale de la Chine.
Ils débarquèrent à Ning-Po le S3 juillet 4687, et le bruit de leur arrivée se répandit bientôt à la cour de l'empereur Rang Hi. Celui-ci, jaloux d*avoir au plus vite un entretien avec ces doctes étrangers, les pria de venir à Pékin et leur fil les offres les plui» brillantes. Les PP. Bouvet et Gerbillon consentirent à demeurer auprès de lui, tandis que leurs compagnons se répandirent dans les provinces : le P. Bouvet se chargea de I u enseigner les mathématiques suivant la méthode des savants français, et le P. Gerbillon la physique. Il se plut dans leur commerce, et prit en telle affection les missionnaires français, que bientôt il donna Tordre au P. Bouvet de retourner i Paris avec le titre d envoyé, de promettre sa protection impériale à tous les docteurs de son ordre, et de ramener avec lui ceux qui voudraient entreprendre le voyage. Le P. Bouvet arrivait en France en l'année 4697. et tout le monde accourait •utoar de lui pour entendre de sa bouche les récits
(1) ABMrt, SiUioih. Uttér. - Bi$L Uttér, du Maine, ton. «i.
JOA€HIII BOCJVBT. S66
merveilleux qu'il Taisait de Toropire chinois. L'empereur avait permis aux uiissionnaires de bâtir uue église dans Tenceinte même de son palais, et les avait comblés d*hoDDeurs et de richesses Le P. Bouvet montrait un habit splendide que l'empereur Tavail prié de revêtir après lui, marque insigne de son estime ; il apportait, en outre, des présents pour le roi do France, et, parmi ces présents, quarante- neuf volinnes chinois. On admirait ces richesses; Versailles et Paris ne parlaient plus que de la Chine ; partout où devait se rentirc le P. Bouvet, il était précédé par une foule de curieux qui ne tardaient pas à Taccabler de questions graves ou frivoles. C*est pour répondre à tout le monde à la fois qu'il publia le Portrait Historique de l'empereur de la Chine, présenté au roi ; Paris, Michallet, 4 697, in-8" (4). Il annonçait dans cet ouvrage que l'empereur de la Chine était sur le point d'embrasser le chrisiianisme, et laissait soupçonner qu'il pourrait bien se faire Jésuite. Illusion qui dura peu !
Le P. Bouvet repartit pour la Chine en l'année 4698, accompagné de dix Jésuites, de cinq missionnaires appartenant à d'autres ordres et d'un peintre italien. Il s'éloigna de la Rochelle le 7 mars et reparut à Pékin dans le cours de l'année 4699. L'empereur fut joyeux de le revoir, fit le meilleur accueil à ses compagnons, et, ayant reçu de ses mains un don envoyé par Louis XIV, la collection des estampes du cabinet du roi, il ne se lassa pas d'admirer les prodiges de la gravure et de la reliure françaises; mais il ne parut pas au P. Bouvet
(4) Cet ouYrage a été traduit en latin par Leibnits : leon regia monarchœ Sinarum nunc regnantis; 1699, iii-8.
M6 JOACHm BODYBT.
qu'il fûl sur lepoinl d'abjurer le culte de Gonfucius : ou l'on avail négligé sa conversion, ou son intelligence se montrait décidément rebelle. Pour lui complaire, le P. Bouvet apprit le tartare, que ce prince préférait au chinois» et bientôt il put s'entretenir avec lui dans cette langue : il devint alors non seulement son professeur, mais encore le confident de ses entreprises, le conseiller de son règne. Cet illustre missionnaire mourut à Pékin le 28 juin 4732. On n'a pu le comparer sans emphase à saint François Xavier [I]; mais il est incontestable qu'il rendit d'éclatants services à son ordre et à son pays. C'est la mission de 1685 qui commença les rapports de la France et de la Chine.
Il a laissé quelques écrits. Après le Portrait ffis/onque de l'empereur, nous mentionnerons d'abord quatre Relations de voyages, qui sont demeurées manuscrites. Le chanoine Ansart et H. Abel Rémusat ont rédigé d'à* prés ces Relations les notices qu'ils ont données sur Joa • chim Bouvet dans la Bibliothèque Littéraire du Maine et dans la Biographie Universelle. La plupart de ses Lettres paraissent penlues. Ansart en connaissait quelques unes, et il en désigne trois : trois autres ont été imprimées dans le second volume des Lettres édifiantes ei dans le Recueil de diverses pièces par M. Leibnitz. On trouve encore quelques fragments du P. Bouvet dans les Mémoires de Trévoux (janvier 4701] et dans la Description de la Chine àxi P. nuhalde(?). Il contribua pour quelque part à l'ouvrage suivant : Etat présent de la Chine, en figures^ gravées par le P. Giffart, sur les des-
(t) Aniart, BiUioth. Uttér. du Maitte.
(t) 17tS, iB-fol., diDt le« ton. i H ii.
JCAN-BAPTItTK IjOUAIL. 967
sins préuntéiau roi par le P. Bouvet; Paris, 1 697, iofol. Il composa, pour l'usage de Tempereur ou des Chinois convertis, quelques (railés sur les maladies qui affligent rhumanilé, sur la philosophie, sur la géométrie, sur di* verses maiiéres Ihéologiques, ei traduisit en tarlare les éléments d'Euciide. On lui doit encore plusieurs Disser* talions sur la Chine et la langue chinoise, qui sont désignées par M. Abel Rémusat comme renfermées dans un carton à la biblioihéque du Mans : elles' ont été envoyées i rinsiitut depuis quelques années.
LOUAIL (Jean-Baptiste).
La plupart des bibliographes font nattre Jban-Bap- TisTB LOUAIL à Mayenne ; dom Liron lui donne pour lieu nafai la ville d'Bvron (l ). Ayant été dès son enfance, élevé près de l'abbé de Louvois, il fit ses premières études avec lui, ei ils prirent place en Sorbonne sur les mêmes bancs. Mais celte égalité ne pouvait toujours durer entre le fils de quelque pauvre artisan et Théritier du grand nom de Letellier. Louail , qui avait l'indépendance d'un plébéien , ne voulut pas obtenir las insignes du doctorat au prix d'une lâcheté. On n'élait reçu docteur qu'après avoir signé le formulaire : plutôt que d'accepter un accommodement avec les Jésuites , Louail refusa de signer et demeura bachelier (t). Un
(1) Notes manuscrites. (Biblioth. Nat.)
(9) G*est ce qu on Ht dans le Nécrologe janséniste : le Diction' naire de Moreri lui donne, toutefois, le titre de docteur; article Camille Le Tellier.
968 IBAH-BAnUTi LOVÀIL.
grand seigneur qui , dès TAge de neuf ans , avait été pourvu de trois bénéfices, ne pouvait pour de tels sera* pules tourner le dos à la fortune qui lui tendait les bras.
En quittant la Sorbonne , Louait se rendit au prieuré de Viliers, près du célèbre auteur de ri4fiii^e Chrétietme, l'abbé Nicolas Letourneur. Celui-ci , qui avait de grandes relations avec les solitaires de Port-Royal » leur fil connaître ce jeune défenseur de la vérité. Leur exemple l'encouragea dans sa résistance aux prescriptions épiscopales.
Il rencontra, vers le même temps, dans quelques cercles jansénistes , Marguerite de Joncoux , fille d*un geo. tilhommc d'Auvergne, qui avait engagé son esprit, son courage et sa fortune au service de la cause proscrite. Unis de sentiments , ils ne lardèrent pas à s'associer pour une action commune. Le premier livre qu'ils pu • blièrent a pour titre V Histoire abrégée du J({n$ém$meei Remarques sur V ordonnance de M. i archevêque de Paris; Cologne , Druckerus, 1698 , in-S*. On leur conteste » il est vrai , cet ouvrage . pour Tattribuer à un de leurs amis, l'abbé Fouillou, et c'est une attribution que l'abbé Goujet justifie par une preuve assez forte (l). Mais tous les témoignages contemporains s'accordent Ici pour démentir Tabbé Goujei. Nous croyons volontiers que Louail, Fouillou, M*^* de Joncoux et d'autres encore travaillèrent A cet ouvrage : presque tous les libelles jansénistes étaient ainsi rédigés par plusieurs mains , pour être ensuite livrés au public sous le voile discret de l'anonyme.
(1) Bftrbicr, Jhct des Ananym,
.ilAll-BAFTlSTB LOOaIl. 368
Louai! passait pour un Ibéologien habile. L*abbé de Louvois, ayant quiUé les bancs de la Sorbonne et voulant se produire dans le inonde, ne put choisir un meilleur secrétaire que le compagnon de ses premièrps études. C'est un choix qui fut, d ailleurs, approuvé par son oncle, l'archevêque de Reims. 11 ne convenait pas beaucoup à Louail d'cnlrer au service d'un grand seigneur : cependant il sacrifia ses goûts à une sincère aiïection et se rendit auprès de Tabbé de Louvois , qui se préparait à faire un voyage en Italie. Ils partirent au mois d'octobre de l'année 4 700. L'abbé de Louvois avait été nommé malgré sa jeunesse, bibliothécaire du roi, garde et intendant du cabinet des médailles, et il allait, avec labbé de Targny, chercher en Italie des livres, des manuscrits, des mcJailles, des monuments variés d'érudi tion et d'archéologie* Il allait encore y chercher des distractions , et, ayant bientôt reconnu que les mœurs étaient plus faciles en Italie qu'en France, il no se plaignit pas de cette liberté, mais en profila. Ce qui contraria plus d'une fois son rigide secrétaire. Dés le début du voyage , le 48 novembre 4700 , Louail écrivait de Florence à son ami Marc- Antoine Hersan : « Depuis Léricé, M. l'abbé ne marcha plus qu'à petites journées , ayant séjourné un jour ou deux dans chacune des villes considérables qu*il trouva sur sa roule, c'est-à-dire à Pise, à Livourneet à Lucques. Il alla, à Livourne, à l'opéra. El, sur cet article, je suis extrêmement embarrassé quel parti je dois prendre , M. de Targny même ne me paroissant pas désapprouver absolument ces sortes de specincles, qui cependant devroient être aussi étroitement défendus icy qu'en France. Ceque je pus faire celle première fois , fut d'aller me promener d'un autre
S70 ItAR iAFTUtB iXNJAlU
c6Cé (4). » Il faul croire que, dam la soite du v<)yagè, Louait agit plus d'une fois avec celte réserve, ou que ses avertissements furent mal écoulés , car , nous trouvons dans ses dernières lettres à Hersan , les mAmes doléances sur les habitudes reiflchées de t'abtié de Loovois. Ils rentraient à Paris au mois de septembre 1701. L'abbé de Louvois vint habiter fa Bibliothèque du roi, rue Vivienne : Louail demeura près de lui. Quand rarchevèque de Reims eut nommé Tabbé de Louvois vicaire-général de son diocèse, celui-ci chargea Louail de régler en son nom les afTaires de ce gouvernement. Le diocèse de Reims comptait un grand nombre de curés qui n'avaient pas signé le formulaire : Louait fut leur confident, leur conseiller et leur zélé protecteur. On en a la preuve dans un recueil de lettres que possède au* jourd*hui la Ribliolhèque Nationale [f]. Il s^offrit bienlAt à Louail une nouvelle occasion d'écrire sur les matières controversées. Quarante docteurs de la Sorbonne s'étaient prononcés sur un cas de conscience en des termes que les Jésuites et leurs partisans avaient refusé d'accepter. Soumise d*alx>rd aui évoques, laffaire avait ensuite été portée devant le pape, et le pape avait con* damné les quarante docteurs. A ce sujet Louail fit répandre un libelle qui a pour titre : Réflexions sur le dé' erei du pape du 4 2 février 4703. Ce lilielle ne fut pas imprimé, mais la Bibliolhèque nationale en possède une copie corrigée par l'auteur (3V La conleslalion provo-
(1) !tfaausiTit8 de lo Bibliolb. Nation., rôiilti ôa Faint-Gennain, paquet 16, n* 4.
(1; RétidQ de Saint-Gerroiio, paquet 157, o* 8. (S) Dépvt. ém InfHmét, D, llSf , ia-4*.
JBAN-BAPTISTB LOtlÀli. S7i
quée par le cas de conscience s'envenima de jour en jour. Elle n'était pas terminée, quand, en l'année 4705, Louait ei M^** de Joncoux mellaient au jour les premiers volumes de Y Histoire du cas de conscience signé par quatante docteurs de Sorbonne, Cet ouvrage, publié à Nancy, chez Nicolay, nà pas moins de huit volumes : le dernier parut en I7t t . C*est un recueil de pièces, avec des préambules et des conclusions critiques.
Lorsque H*^* de Joncoux traduisit en français les notes latines jointes par Nicole, sous le nom de Wendrock, aux Provinciales de B. Pascal, Louait corrigea cette traduction. C*esl un renseignement que nous trouvons dans le Dictionnaire de Horeri, et nousavons lieu de le croire exact. Hais on lit encore dans le même Dictionnaire : ff Lorsque le livre intitulé : Du témoignage de la vérité dans VEglise, parut en 474i, M. Louail, qui ne put goûter le système de l'auteur, au moins en partie, le réfuta par des Réflexions étendues, qu*il communiqua à ses amis et qui ont été imprimées. » C'est vraisemblablement sur la foi de cet article que M. Quérard a inscrit au catalogue des œuvres de Louail : Réflexions sur le livre du témoignage de la vérité dans V Eglise, par H. P. Laborde; 474 i. Or, ce titre et Touvrage auquel il se rapporte sont également supposés. Nous n*en voulons pas d'autre preuve qu'un passage de VUistoire du livre des Réflexions Morales. Après avoir fait le plus grand éloge du traité du P. Labonle, Louail rappelle les dissertations critiques qui furent publiées, en 474 4, pour et contre ce traité, et aucun ne porte le titre donné par M. Quérard. Il ajoute : <t Le livre eut contre ces adversaires de zélés défenseurs, et, quoique nous n'aions pas suivi cette dispute, ce que nous savons très oertaipe-
9T2 JBAN-BAPTI8TB LOVaIl.
ment, cesl que ces apologistes et lauteur même, k ce que Too assure, ne Tont défendu qu en désavouant tous les mauvais sens que nous venons d'exposer (4). » Celle déclaration n*esl pas équivoque. Louait navcût pas suivi la controverse provoquée par le livre du P. Laborde : il n'avait donc pas publié des Béfleodons étendues contre ce livre.
11 faut lui attribuer : Lettres d*un théologien à unévéque ^ur cette question importante : S'il est permis d'approuver les Jésuites, pour prêcher et pour confesser; Amsterdam, Schelte, 4747, in 4 2. Ce^t une seconde édition : nous ne connaissons pas la date de la première. Les Lettres soùt au nombre de trois, et forment un volume de quelque étendue. Avec le Dictionnaire de Moreri, nous avons placé parmi les œuvres d*Ambroise Paccori (2) Vidée de la Religion Chrétienne^ 0)iusculc anonyme, publié à Paris, chez Jouennc, en 4723, in-42, puis en 4736 et en 4740. C est une erreur que nous redresserons ici, sur les indications qui nous sont fournies par labbé Goujet. L'ouvrage est de Blondel et de Louail. C'est Blondel qui l'a déclaré lui-même à labbé Goujet (3). Nous remarquons que Vidée de la Religion est donnée à Tabbé Hcrsan, par le catalogue de la Dibliollièque Nationale. Nos collègues ont donc à justifier ou à corriger cette attribution. Il n'y a pas de discussion sur i auteur, ou les auteurs de VHisloire du litre des Reflexions Morales. La première
'I) Hist. du iivrf de» B*^flesioin morales^ toiu. I, ciiap. iti, pag. 4iadel*édtlkmiiw4«.
(ij Hiit. Uitér. du Mmfit, toiu. i, pag. S»7. {•) Béblioik. de* Ken vains du A>7//» Mîèçlê: Prvl^ce du tom. ui.
nAN<^BAmSTB lÀUAlL* 873
l^artîe de cet ouvrage est de Louail ; les (rois autres sonl de Tabbé Cadry. Cette première partie fut imprimée séparément a Amsterdam, chez Potgieter, en 4723» in-i* et iD-42 ; puis, chez le même libraire, eu 47i6, în-i*. BdSd, on croit que Louail, prit quelque part aux Mémoires qui furent publiés sur les affaires de là Chine (4).
L'abbé de Louvois était mort en 474 8, laissant en mourant quelques gages de sa reconnaissiance à son fidèle secrélaire. Louail avait, en outre, le litre de prieur d*Auzay et jouissait des revenus de ce bénéfice. C'était assez pour subvenir à ses besoins modestes. Le cardinal de Noailles voulut se l'attacher et lui confier le soin de sa bibliothèque : il refusa cet emploi. L'évèque de Hontpellier, Joachim Colbert, fit auprès de lui les mêmes démarches, mais sans plus de succès, il lui écrivait, à la date du 4 8 novembre 4748 : « On m'a mandé que vous étiez retiré dans la montagne Sainte- Geneviève. Est-ce pour toujours, ou en attendant quelque autre demeure ? J'estimerai heureux celui avec qui vous voudrez In choisir. Malheureusement, ce ne sera pas dans un coin de province. Il ne serait pas juste que vous y fussiez rélégué. Mais comme on ne se fait pas toujours justice à soi-même, je sais un homme, dans un lieu fort éloigné de Paris, qui étoit assez extravagant pour vouloir vous offrir sa maison, sa personne et tout ce quf auroil pu dépendre de lui pour vous rendre le séjour de province agréable. Il n'étoit pas fou desotihaiter que vous acceptassiez ses offres; mais je crois qu'il auroit été assez fou de l'espérer. Enfin, Monsieur^
(i) Diet de Moreri, au mot Louaii,
Stîk J1AN-BÀFTI8TB LOCAU.
quelque lieu que vous habillez, si je ne suis pas assez heureux que d*y habiter avec vous, je vous prie que Doire commerce ne soit pas interrompu el de vouloir bien me donner de vos nouvelles (4) t. C'était une invitation pressante. Il lui écrivait encore le 1 6 janvier 471 9 : « fous voulez savoir quel usage je ferois de vous? Hé! quel usage n'en ferois-je pas? je vous prierois d'accepter la qualité de mon grand-vicaire, d*ètre le maître absolu dans ma maison, el d'ajouter à cela toutes
les conditions que vous voudriez me prescrire Je ne
doute pas que bien des gens n'aient le même désir que moi. Je n ose me flaller d'une préférence que je ne puis mériter que par le désir très sincère que j'ai, et sur lequel vous pouvez compter, de contribuer autant qu'il sera en moi à vous rendre la vie aussi douce qu'un ecclésiastique la puisse souhaiter, cl de ne vous donner d'autres peines que celles de partager les miennes avec moi. Vous ne m'aviez pas mandé que N. de Chaaions eût envie de vous attirer auprès de lui, mais je l'avois appris par ailleurs (2). » Il y avait assurément, dans ces propositions, de quoi flatter l'orgueil d'un simple prieur. Louail préféra la retraite qu'il avait choisie sur la montagne Sainte-Geneviève, el y mourut le 3 mars 4721.
(1) CBuvret de J. Colbert, tom. m, paf(. 51.
(9) /6i</.,paK. 5S.
HlHi DB klHHITAi. 2^8
BONNE VAL (RfiMÉde).
Rufé DB BONNEVAL, né dans la ville du Mans eb rannéelTOO, mort en 1760, est compté pair rauteni* des Trois siècles liUéraires au nombre de ces écrivains infatigables et malheureux, qui courent toujours après le succès et qu'on ne voit jamais Tatleindre. Nous ne trouvons pas ce jugement trop sévère : il nous sufBra donc de dresser une liste exacte des nombreux opuscules de René de Bonneval, sans insnter sur aucun d'eux. Ces opuscules furent publiés dans Tordre suivant :
Momus au eerde des Dieux, dans lequel il leur fait récit de ce qui se passe dans la République des lettres, dans la galanterie et dans la politique ; Paris. Sevestre, 1747, in-42. La République des lettres est, de nouveau, divisée par la querelle des Anciens et des Modernes ; les relations mondaines ne sont que des relations galantes, et les simples bourgeoises ont elles-mêmes pris les mœurs des femmes.de qualité ; quant aux affaires politiques, elles sont conduites avec autant d'énergie que de prudence par les plus parfaits des ministres et les plus adorés des princes. Voilà le résumé du récit de Momus. Beaucoup de mortels eussent raconté les mêmes choses avec plus d*esprit. -^ Réponse à l'auteur des Paradoxes littéraires (Pabbé Desfontaines], au sujet de la tragédie d: Inès de Castro [de La Motte)] Paris, Prault, 1723, in-8*. Cette pièce a été réimprimée dans le tome second des Amusements du cœur et de l'esprit, de Bruys; Paris. 4736, in-42. Bile ne méritait pas cet honneur. Malgré l*intervention officieuse de Bonneval, les critiques do
376 HBNÉ DE lOHMBTAL.
l'abbé DesConlaines ont prévalu. — Béfleodom critiques sur un poème intitulé La Ligue, inéprimé à Genève el attribuéà M, de Voltaire; 4724,in-8%8aD8 autre indicatioo : il y ea eul deux éditions la même année. Celle criùque anonyme de la Henriade est allribuée à René de Bonneval par le plus grand nombre des bibliographes : l'opinion de M. Barbier et la nAlre est qu'il faut reiraocher ce méchant libelle du calalogue de ses oaovras. René de Bonneval n'a jamais été qu'un écrivain médiocre, mais les Réflexions critiques sont bien^u-dessous de la médiocrité. -^ EjHtreàM. Gresset, 4737, in-lt. — Mémoires de J/"** de Rapilly ; Paris, 4737, in'4 2. — - Ode sur la dernière paix, à H. Bontemps, publiée dans les journaux de 4739. — Critique des lettres philosophiques de Voltaire; 473i in-42. Cet ouvrage attribué par rédiieur et par M. Quérard à Uoué de Bonneval serait, suivant M. Barbier, de l'abbé Molinier, oralorien. — Réflexions sur ranonyme (Voltaire) et sur ses conseils à M. Raeine au sujet du poème de la Religion ; Paris, 1741. in -8*. — Vers à son excellence Saïd- Pacha ; plusieurs fois imprimés, malgré leur peu de mérite. Nous ne savons où ils furent d'abord accueillis ; mais nous les trouvons à la suite d'une Lettre au sujet du portrait de S. B. Soid- Pacha^ imprimée chez Prault, en 47iî, in-4i. — Les éléments de l'Education; Paris, Prault, 4713, in-8*. C'est loul simplement un manuel de civilité : l'auteur enseigne comment un jeune homme doit se comporter dans les visites, à la table, au spectacle, dans les promenades; U lui recommande particulièrement de fuir les esprils* forts qui dissertent avec trop d'indépendance sur les mystères de la religion, sur la forme du gouvernement et sur les actes de l'administration publique. On sait
oommeol la jeanease du wm* siècle a profilé de ces conseils. — Progrès de P Education, suite des éléments ; Paris, Praull, 4743, in- 8* ; avec une dédicace à Turpin de Crissé, évèque de Nantes, signée par René de Bonneval. G*est une critique de la philosophie et des philosophes, plus considérable et un peu moins banale que la première, mais qui ne vaut guère mieux. — Epitre à M'^De,.. sur les superstitions ; I7i6, in-8*, sans antre indication. Cette épllre est en vers, et les vers de Bonneval sont faciles ; c'est leur seul mérile. — Réflexions sur le premier âge de l'homme, servant de supplément aux éléments et progrès de l'Education; Paris, Prault, 1751, in-8*. Un avertissement qui précède cet opuscule nous dit qu'une nouvelle édition des Eléments et des Progrès vit le jour en l'année 4751 ; mais nous croyons devoir tenir cette indication pour suspecle, et considérer les Réfleocions comme un supplément joint à l'ancienne édi* tion des Eléments^ pour la rajeunir et la représenter au public. L'auteur demande, dans ces Réflexions, qu'on ne soumette pas le premier âge à une trop rude contrainte, et qu'on n'impose pas les mêmes règles, les mêmes études, a des tempéraments, à des aptitudes qui diffiàrent. C'est une protestation contre le régime universitaire, qui, de nos jours, a été trop fréquemment renouvelée. On saura bientôt ce que vaut le système opposé. — Lettre d'un hermite à J, J, Rousseau de Genève; Paris, 4753, in'8*. Courte et pauvre censure du discours couronné par l'Académie de Dyon. — Apologie de la musique et des musiciens français, contre les assertions peu mélodieuses, peu mesurées et mal fondées du sieur J, J. Rousseau^ ci-devant citoyen de Genève ; Paris, 1754, in-8*. C'est on opuscule anonyme mserit par
178 mcHKL in BmniBTAL.
M. Barbier parmi les œuvres de René de Bonne val. Il a pea d'intérêt. Rousseau, qui n*aimaît pas la musique de l'ancienoe ^le, avait placé Lulli bien au-dessous des Italiens. C*est contre celte opinion que proteste TaQ* teur de Y Apologie. — Ven sur le cardinal de F/airy, imprimés dans la Bienfaisance française de Dagues (ann. 4756.) — Vers à l'occasion du mariage de JV"* de Richelieu avec le comte dEgmoni : imprimés dans le Journal BisUnique (de Verdun), au mois de mai 1769, sous le nom de René de Bonneval. AnsaK les a reproduits dans sa Bibliothèque littéraire, — Enfin la Bibliothèque delà ville du Mans possède une Analyse satirique de TEsprit des Lois, par René de Bonneval : c*est une pièce de quarante-et-un vers.
La France littéraire de 4769 lui attribue , en outre : La Tontine de l'Amour, La Tontine , Plaintes à ÏAcadé» mie française, Dissertation entre le P. Bu f fier et le sieur de Bonneval, Recueil de chansons mises en musique par M. Bertin, H. Quérard n*a pu donner d'autres renseignements sur ces opuscules, et nous ne les connaissons pas davantage.
On doit encore à René de Bonneval une édition des Œuvres de Gampislron ; Paris, 4750, trois volumes in-IS.
BONNEVAL (Michel de).
Louis-CBAELBs-MicHtL »■ BONNEVAL, né au Mans livant M. Desportes et, comme il est vraisemMaUe, ère du précédent, était intendant ei oontrdl^r gêné-
JàOQURS MOBABiN 979
rai de largenlerie ainsi que des menus du roi. Il réglait , à oe iitre , la dépense des babils et des meubles , ordonnait les bals , les fêtes , les mascarades , les carrousels, etc., etc. Ajoutons qu'il composait le plus grand nombre des opéras qu*on jouait devant la cour sur le théâtre de Versailles. Nous ne pouvons désigner que : Les Caractères de l'Amour, ballet ; Paris, Ballard, 1736 • in-i* (4) ; Les Romans , ballet héroïque ; Paris , Ballard, 1736 , in-i" ; Les Amours du printemps, ballet héroïque ; Paris, Ballard , 4737 et 4739, in-4* ; Jupiter vainqueur des Titans , tragédie (opéra) ; Paris , Ballard , 47i6, in-4«; Lisidor et Ismène, ballet (c*est la quatrième entrée du ballet des Romans) ; Paris , Delormel , 4766 , in-4*. Cette liste ne doit pas être complète ; nmis Michel de Bonneval n'a mis son nom à aucun do ses poëmes. On lui doit encore : Le Langage de la nature , épttre ; Paris, 1760 , in-i"". Nous avons été assez curieux pour rechercher et pour lire, parmi ces ouvrages , les Romans et Jupiter.
MORABIN (Jacques).
Jacques MORABIN . né i La Flèche , le 5 mars 4 687, fut secrétaire du lieutenant de police de Paris et mourut dans cette ville, le 9 septembre 4762. A un goût très vif pour la litéralure des anciens Morabin Joignait une
(1) Attribué par ouelqaes bibliographes à W^ Barbier, TaneTOt et autres. (Quérard.)
(9) Attribué aussi à Monsemy. (Quérard.)
IM JAOQVM MOftAMlf.
érudition solide. Il publia d*abord une tradnctico do Traité des I/nx de Cicéron , avec des remarques ; Paris , Mariette , 4749, ia-4i ; traduction qui fut réimprimée k Paris , chez Norin , en 4777. Quelques années après , il donna : Des orateurs : Sçavoir si les modernes sont m* férieurs aux anciens et fxmrquoi , etc. , etc. ; dialogue attribuée Tacite ; Paris, Pournier, 47i2, in-42. Ces traductions eurent du succès, el le secrétaire du lieutenant de police, introduit par elles dans le cabinet des sa • vants, devint un des amis de Palconnet et du président l>ouhier(l). En 4725, on vit paraître : Histoire de t Exil de Cicéron^ parMorabin; Paris, GofBn,in*4S raulre édition, Paris, veuve Ducbesne , 4782 , in^42. C*esi on bon livre, qui resta longtemps entre les mains de la jeu-
(1) Oo conserve une de nés lettres, dans la collection des Lettres écrites au président Bouhier. (Diblioth. Nat; MSS.) La foici :
MOKSlIUft,
Tai reçu le présent que vous avei bien voulu me faire de votre dernier ouvraç^e avec toute la reconnaissance que mérite un ténM>i-
S nage aussi distiufcué de Thonneur de ^otre souvenir. Sans vous, lonsieur, je n'aurois jamais lu Tédit de Saint-If aur; sans %os judicieuses et savantes observations, je ne Taurois pas entendu,ou j*aun>is seulement cru l'entendre; et, ce qui me seroit encore moins pardonnable, j*ignorerois en ce genre plusieurs choses qui sont plus à mt portée et que je ne pouvois apprendre que de vous. G*est, llonsteur, un des mauvais côtés par oà je ressemble à la plus -part des gensde-lettres de ce temps : Tauslérité des matières de junsprudence me rebute; j'ai beau sentir le profit qu*il y auroit à faire dans la lecture des livres qui en traitent ; i moins que je ne sois sur d*y trouver ce qu*on trouve toujours infailliblement dans les vôtres, je le dis à ma honte, je n*aurois presque jamais de commerce avec eui. An reste. Monsieur, les occupations auiquelles je me vois réduit me laissent il peu maître de mon temps, que, dans ce qui m*en reste, je ne puis même faire d'acception en aucune espèce de littérature. J*ai été obligé d'interrompre mon histoire de Gcéron, et je ne sais pas même quand je pourrai la reprendre.
Tai rhonneur d*ètre avec un profond respect, Monsieur, votre très hwnble et très obéissant serviteur.
Mot A •m.
Psrit, li avril.
BTIUO» HOOSSBàO. 98l
nease. Il traduisit ensuite le Traité de la ùrnscloUon^ de CicéroD, et non pas, comme i ont supposé la plupart des bibliographes, la Consçlalion de la PMlotophie de Boëoe. Morabîn avait le goût trop sévère pour estimer, chez les Latins, d'autres écrivains que ceux du siècle d'Auguste. A sa traduction du Traité de la Con$olatim il joignit deux dissertations, Tune sur Sigonius, l*aulra sur Alcyonius. II y en a deux éditions : lune de L. Guérin , 4753 , in-42 ; l'autre, publiée par Barbou, an III, même format. On loi doit encore : Nomenclator Ciceromanus ; Paris, Thibousl, 4757 , in*42 : c'est un index de tous les noms propres qui se rencontrent dans les OBuvres de Cicéron. Le travail de toute sa vie est une Histoire de Cicéron, avec des Bemarques historiques et Critiques; Paris, Lottin, 4745, en trois volumes in-4«, ouvrage considérable que Ton confond bienè tort avec l'opuscule qui a pour titre : YHistoire de Veccil de Cicéron. Quand parut cet ouvrage, Tabbé Prévost venait de publier la traduction d'une autre Histoire de Cicéron, écrite en anglais par Hiddieton. Pour compléter ce catalogue des OBuvres de Morabin, il faut encore citer une satire intitulée : La botte du Jésuite , et l'Avertissement qui précède le Dialogue de la musique des anciens , par l'abbé de Chftteauneuf .
HOUSSBAU (Etienne).
Btibnhb HOUSSBAU, né au Mans dans les premières années du xviu* siècle, se fit admettre chez les Bénédictins de Saint- jUaur, et M bientôt oomiité parmi lea
plus laborieux et les plus doctes collaboralears de doin Bouquet. Après avoir travaillé au onzième volume des Hislorleos de Frauce, il fit des recherches sur la Tou* raine, leMaioe et I'AdJou. La mort vint les interrompra, le 5 octobre 4763. Les notes laissées par dom Housseau ont été réunies dans trente boites ou cartons, que possède aujourd*hui la Bibliothèque Nationale : on y trouve des documents du plus haut intérêt.
BcîRNIËRE (de).
Db BBRNIÈRB, curé de Thorigné, puis doyen de Monifort, a trouvé place dans la Bibliographie du Marne de M. Desportes. Connait-on la date et le lieu de sa naissance? Sâit-on quelle était sa famille? Nous n'avons rencontré le nom de cet abbé Bernière qu'au frontispice de l'ouvrage suivant : V Elève de la Raison et de la Foi\ au Mans, Ch. Honnoycr, 4771, % vol. in-4 2. C'est un ouvrage assez médiocre, animé par une foi très ardente, que Tauteur ne sait pas faire partager.
ASSELINE (Nicolas).
L'abbé Nicolas ASSELINE, curé d'Bvron, est auteur d*une Table géographique et topographique des notns latins et français des provinces, villes, bourgs, mentionnés dans le Bréviaire du Mans ; Le Maps, 4773, in-4|.
J.-P. OOTVLLB DB hk BUNDINIBU S85
Cet ouvrage n*a pas élé inutile à Lepaige. Ansart devait nous faire connattre l'abbé Asseline, qui élait uo de ses contemporaÎDS ; mais il a négligé de lui consacrer une notice.
COT£LLE DE LA BLANDINIÈRE (Jacquës-Piërri!;).
CoTBLLB DB LA BLANDINIÈRE, né à Laval, vers Tannée 4709, fut d*abord curé de Soulaines en Anjou, puis vicaire-général de Blois et second supérieur des prêtres du Mont-Yalérien, prés Paris. H mourut en 1795. Babin ayant entrepris les Conférences ecclésiastiques du diocèse d'Angers^ avait publié dix-huil volumes de cet important ouvrage. Augmenté de quatre volumes par Yautier, chanoine d*Angers, et par Audeboisde la Chalinière, grand- pénitencier de la même église, cet ou* vrage était encore inachevé, quand l'assemblée du clergé fit une pension de cent fisloles à'Cotelle de la Blandi« niére en le chargeant de le continuer. Il y ajouta dix nouveaux volumes. On lui reproche d'avoir donné dans les écarts des casuistes relâchés. Il fut, en outre, accusé par M aultrot, dans sa Défense du second ordre^ comme ayant sacrifié toutes les libertés ecclésiastiques è Tarbitraire épiscopal.
Son successeur à la cure de Soulaines, Pierre- Joseph Chatizel de la Neronnière, né i Laval en 4733, mort h Angers en 4 84 7, joignit aux Conférences d'Angers : Traité du Pouvoir des évéqttes sur les empêchements de mariage; Avignon, 4782, in-42. On attribue encore è Tabbé Chatizel les deux lettres suivantes : Lettre de Jf . . . . curé
S84 nnmt ■iiiAiD.
du diocèse d^ Angers, au phre Villar, évéque inirtiS du département de la Mayenney (l79i) ; el Lettre adressée au T. S. P. Pie VI, par le clergé catholiqve des diocèses du Mans et d* Angers ; dans le Journal Ecclésiastique, de Barrael, juin 4791.
VERON (Feançois-^Louis).
PftANçois-LoDis VBRON, né au Mans yen 1691, fui flecrélaire perpétuel du bureau d'Agriculture du Mans et mourut dans cette ville le 46 octobre 4780. Oo lui doit : Plantation et ctdture du Mûrier au Mans ; Le Mans, 4760, In* 4 3. Il était d*une famille qui compte plusieurs noms célèbres dans les annales de la province. Nous désignerons Guillaume Veron, chanoine du Mans, archidiacre de Château du-Loir, un des exécuteurs testamentaires du cardinal Philippe de Luxembourg (4). L'illustre économiste, Veron de Porbonnais, appartenait sans doute è la même famille.
MËNARD (PiBEEB.)
L*abbé Pimsb MÉNARD, né à Laval en 47i3, codcourut en 4767 pour le prix d'éloquence décerné par l'Académie française, el obtint, du moins, Taocessit ; le
(i) Voir ce qui regarde Qaill. Veron dene le Uariyrolofe de l*Egliie du Mmu. M«iiu«:rit de U Bibl. du Mens, n* t44, après U Pf. lift.
PAtlL-ÛUllGH DOBUUéoil. W
prix fui remporté par La Harpe. Le diacours de Pierre Méoard a élé imprimé : Bloge ik Charks F, roîdle Fronce; Paris, veuve Eegnard, 4767| in-8*. Ce n'est qu'une déclamation: mais elle a quelque mérite littéraire, èi, comme elle n'est pas trop longue, on en supporte la leô* ture. Pierre Ménard était, en 4789, principal du collège d'Aix. Nous ignorons la date de sa mort.
PËAN DE LA THUILERIB.
L'abbé PÉAN DE LA THUILBRiE, né à Ghâleau-Oontier dans la première moitié du xvin* siècle, ne nous est connu que comme auteur de l'opuscule suivante Desctiptitm de la ville d'Angets et de iotU ce qu*elle contierU de remarquable ; Angers, 4778, in-42.
DUfiUISSON (Paul-UlriciI. )
Paul Ulrich DUBUISSON, né à Laval en 47i6, est moins connu par ses écrits que par sa On tragique. Il publia d'abord : Le tableau de la Volupté^ M les Quairt parlies du jour; poëmeenvers libres; Gylbère (Pa* ris] 4774, in-8*. Ce poëme ne fut pas remarqué. DUbuisson annonça bientôt qu'il voulait être compté pour autre chose que pour un Tade imitateur du cardinal de Bernis: dans ce dessein, il publia: Abrégé de la réoolution de V Amérique anglaise ; Paris, Jombert, 4 778,
206 PAlIL-tIUUGH DI]kÙI8SOJI«.
in-4 2 (4 )• BientAt aprèsoo vit paraître* Lettre à JT. L.. . .; Paris, 4780, in-s* , et Nouvelles comidéraUtmi sur SahU'Iknmngue ; Paris, Jombert, 4780, iii-8*. La même année : Nadir, ou Thamas^Kcnli-Kan^ tragédie; Paris, Jombert, 4780, îd-8*. La tragédie de Nadir avait été jouée le 34 août 4780, sur le théâtre delà Nation, par Larive, Monvel et mademoiselle Séintval. Bile fut diversement jugée. L*auleur ferma ses oreilles aux sifOets, n*en(endit que les applaudissements, et quand les journaux, analysant sa pièce, en rendirent un compte peu flatteur, il proféra contre les auteurs de ces censures les mois les plus véhéments. Ces mutuelles invectives étaient dans les habitudes littéraires de ce temps-tt : les poètes et les critiques s'adressaient, dans les gazettes et dans les préfaces, des épithètes fort injurieuses, et le public se rangeait volontiers dans le parti de ceux qui faisaient le plus de bruit en défendant la tninne ou la mauvaise cause. Nadir est une de ces pièces dépourvues de toute originalité, qu'on ne lit plus aujourd'hui, et sur lesquelles on est dispensé de porter un jugement : comme au dénouement on voit trois cadavres tomber sur la scène, cet horrible tableau dut émouvoir quelques spectateurs, et l'auteur se persuada que cette émotion avait pour cause le grand mérite de son œuvre. Si sa pièce obtint un assez grand nombre de représentations, elle le dut aux acteurs, surtout è Monvel qui jouait d^une manière très remarquable le méchant rAle de Hirza.
Après cette tragédie, une comédie : Le vieux Garçon, comédie en cinq actes, en vers, par Tautear de Thamas-
(t) Seconds édition; Ptris, GéUot, 177S, In-tl.
PAUL-tUlIC^ DUBUISSÔN. 287
Kouli-Ran; représentée pour la première fois au ThéAtre- Français, le 4 6 décembre 4782; Paris, Jomberl, 4783, in-S*. Dubuisson avail été blessé, mais noir pas découragé par la critique : il croyait trop sincèrement à son propre génie, pour se résigner à fuir le théflire devant lès clameurs dé quelques journalistes plus ou moins bien famés. Mole, Préville, Fleuri, Mademoiselle Contât, qui s'étaient partagé les rôles dn Vieux Garçon, eurent, pendant quelques mois, bien afTaire avec Taateur qui se plaignait amèrement de leur négligence. Quand les répétitîopstommeucèrent, Dubuisson se vit en présence d*un ennemi de sa gloire, qu'il fut inhabile è comlnttre. Préville avait arraché aux mains cruelles de quelques vau« riens un jeune chien, pour lequel il avait conçu les plus tendres sentiments. A toutes les répétitions, il se faisait accompagner par son intéressant pupille et t'abreuvait de limonade : on ne parlait, on ne s'occupait que de lui ; de l'auteur et de sa pièce, peu ou point. Le jour fixé pour la représentation arrivait, et c'est à peine si les rôles avaient été lus. Dubuisson était accablé : vainement il s'épuisait en remontrances ; on ne l'écoutait pas, ou» ce qui était plus fâcheux encore, on s'emportait contre ce mal appris qui osait admonester MM; de la comédie française. La veille de la représentation, il se vit traiter fort rudement par le premier amoureux de la troupe, le sieur Mole. Il s'agissait d'un effet de scène, d'un mouvement pathétique, entraînant, irrésistible, que Mole ne comprenait pas, ou comprenait mal. Dubuisson voulut suppléer par un avis opportun à ce défaut d'intelligence : n Monsieur Tauleur, lui dit Mole sur le ton le plus tragique, nous ne sommes pas des acteurs de Quimper*Gorentin, et nous savons ce que nous avons à
au PAVL-iJLiiGB Dviuisécm.
faire. » Ri Monsieur l'auteur dut se taire» humilié, ooo* fondu. Enfin, le 46 décembre 1782, le Fteux Garçm parut sur la scène : il n'obtint pas le plus éclatant des succès, et cependant celte comédie nous semble un des meilleurs ouvrages de Dubuisson. C'est une critique du célibat, en vers faciles, qu'on lit encore volontiers el dans laquelle on ne -trouve pas un trop gi^nd nombre de tirades sentimentales. On signala, dans celte pièce, des détails grossiers qui répugnent à la comédie. En effet, il y en a de tels. Mais aujourd'hui, où l'on a moins de scrupules, nos auteurs et nos critiques cherche* raient peut-être en vain, dans le Kteux Garçon, les passages blâmés en 1782. Autre terops^ autre goût.
L'année 4785 vit paraître : Lettres critiques ei politiques adressées à M. G. T. Beytial; Genève eC Paris, in-4 V, Duhuisson avait composé cet ouvrage avec la collaboralion de Dubucq. L'année suivante, il ne fil pas représenter moins de six ouvrages lyriques ou dramatiques : il occupait tous les tbéAlres de Paris el des environs. Il faut nommer d'abord Hélène et Francûgiie {Nozze di Dorina), ofiéra -comique en quatre actes, joué tour-i- tour sur les théâtres de Versailles et de Bruxelles; Paris, Desenne, 4786, io«»8*. La musique de cet opéra est de Sarli, el Dubuisson n'a fait que traduire un livrel italien pour transporter Touvrage de Sarli sur la scène française. Il a rendu le même service à Paesiello , ett iraduisanl les paroles italiennes de Le roi Théodore à Venise, opéra héroï comique en quatre actes, qui fut représenté, comme le précédent, sur les théâtres de Versailles el de Bruxelles; Bruxelles, Bayez, 4785, io-8^ Dubuisson revint ensuite au Théâtre-Français avec une tomédie imitée de l'Allemand, Albert et Emilie, Elle fui
PAUL- ULRICH DUBUISSOR. 389
reçue par les acteurs, mais sifflée par le pubUc avec une véhémence et un ensemble qui déterminèrent l'auteur à la relirer (4). Cependant II n'éiaîl pas convaincu que sa pièce fût mauvaise; loin de là. Aussi voulut-il de nouveau tenter la fortune avec une tragédie sur laquelle il fondait les plus belles espérauces Le 9 mai 1786, ou représenta pour la première et pour la dernière fois Scanderberg^ tragédie en cinq actes et en vers, par M. Dubuisson. Dès le début du quatrième acte, les sifflets se firent entendre, et le rideau fut baissé avant la fin du cinquième. L*auteur fit une préface contre les acteurs, et comme les journalistes se trouvèrent du même avis que le public, il prétendit exercer sur Tun d'eux une vengeance digne d'un poète tragique. Espérant encore qu'elle réussirait mieux h la lecture qu'à la scène, Dubuisson fit imprimer sa pièce sous ce titre: Scanderberg, tragédie mutilée sur le Théâtre-Français, le 9 mai 4786, et ensuite dévorée par les journalistes; Paris, Desenne, 4786, in-8*. Non, le public ne s'était pas trompé, et les journalistes n'avaient pas été trop sévères : Scanderterg est bien, en effet, un des plus pauvres ouvrages qui aient jamais été représentés; on n'y rencontre que des situations fausses, des déclamations ridi* cules, des vers incorrects et plats, ei l'auteur ne nous cause aucune surprise lorsqu'il nous raconte que Larive lui-même, le superbe, l'altier Larive, ne put réciter les plus pompeuses tirades de ce poëme, sans provoquer le rire du parterre. Celte chute, accompagnée de lazzis, fut le dernier outrage que Dubuisson voulut subir è
(1) EUe fut publiée a Paris, chez Desenne, ei à Braxellei, 1788$ in-8».
S90 PAUL-VUtlCH DOftUlSSOR.
Paris. Apres Scanderéerg, il ne fil plus aucune lecture au Théâlre-Fraoçais. Maïs avec quel désespoir il qoîtlaces lieux, où pourtant îl avait éprouvé de si cnielles dîsgri* oesl Le voil-on bien prenant des airs d'Ajax, pour interpeller en ces termes les persécuteurs de son génie iné* connu : « Sept trngédies, une comédie en cinq actes, un grand opéra, trois opéras-comiques, le tout composé en moins de six années, outre quelques ouvrages en prose, tels ont été mes travaux au milieu de soins et de traverses de toute espèce. Que tous ces journalistes si acharaéa oonlre moi se réunissent ensemble et présentent la masse de leurs ouvrages ; nombre , genre , mérite , tout est de mon côté.. .. Cette fois-ci, c*esl le signal de la retraite; et qu*on ne la regarde pas comme une ridicule boutade : il faut bien aliandonner une carrière où je ne me souliendrois plus, puisque les instruments mêmes que j'employois pour ma victoire sont deyenus ceux de ma défaite; je veux parler des comédiens. ... Je secoue enfin le joug humiliant de la dépendance où se trouvent les auteurs dramatiques, etc., etc. (t). » Cependant, malgré le ton solennel de celte déclamation, il ne renonça pas encore è chercher des auditeurs favorables. Les acteurs et le public de Paris montrant désormais les mêmes dispositions è son égard, il alla courir après d autres épreuves. C est alors qu'il quitta la France et se rendit en Amérique, puis en Belgique.
Ce ne devait pas être un long exil. Les théâtres de Bruxelles et de Gand accueillirent avec indulgence plusieurs de ses ouvrages, entre autres Le nouveau Sorcier, comédie on trois actes, mise eu musique |»ar
(I) Préface de Scanderbery.
A. Paris. Celle pièce fut représentée pour la première fois sur le Ibéâlre de Gand, le 29 janvier 4786 ; elle le ftat eosaile à Bruges, à Li^e, à Sedan et à Amsterdam, pendant les années 4786 et 4787. C*esi une pastorale grivoise. Elle fut imprimée i Amsterdam, chez Guérin, en 4787, in-8^ De retour en France, Dubuisson traduisit des livrets italiens et espagnols pour les Ihéâlres lyriques: Le marquis de Tti/ipano, musique de Paësiello^ 4787; Gianina e Bemadone, en deux actes, musique de Cimarosa, 4787; Vlialianain Londra^ en trois actes, musique du même, 4787; Le Gehsiewllane, en un acte, musique de Sari i, 4787; Le Maître généreux {Gli schtafi per amore), en quatre actes, musique de Paësiello, 4 7SS; La grotta di Trofonio, en (rois actes, musique de Salieri, représentée à Saint-Cloud, 4788 ; Les Philosùphes imaginairei^ en trois actes, musique de Paësiello, 4789; £e Directeur dans V embarras (Impressario in anguslie), en deux actes, musique de Cimarosa, 4789, imprimé h Bruxelles, chez de Boubers, en 4790, in-8*; Les Epoux mécontents^ en quatre actes, musique de Storace, 4790; L'Arbre de Diane, en trois actes, musique de Vincent Martini, 4790, représenté d abord è Bruxelles, puisi Paris; Les Curieux indiscrets, en quatre actes, au théâtre Beaujolais, 4790; La Revanchey ou Les deux Frères, musique de Cambini, 4790; La Villageoise enlevée, en trois actes, musique de Bianchi, aux théâtres do la Montansier et de la rue de Bondy, 4789 et 4790 ; Les troi$ mariages, en trois actes, au théâtre de la rue de Bondy, musique de Paësiello; Laurette, en trois actes, musique de Haydn, au théâtre de Monsieur [Feydeau), 4794 ; Le Mari soupçonneux, en trois actes, 4794, au théâtre de Louvoie ; Zelia, drame en (rois actes, musique de Des-
ion PADL-ULMCH DUMIMON.
hayes, 4794, imité de la Stella doGoëlhe, e( publiée Paris, chez Barba, en 1794, iD-S*;F/ora, en trois actes, musique de Fay, au théâtre de Louvois, 4791. Presque tous ces ouvrages sont, comme on le voit, des traductions.
11 avait, en oulro, fait représenter sur le théâtre du Marais, en 4794 . Thrasimeet Timagène^ tragédie en cinq actes en vers, qui avait obtenu quelques applaudissements. Trois mois après la première représentation du Vieux garçon , Dubuisson avait soumis Thrasime et Timagène au tribunal redouté de la Comédie française. Sur treize juges , sept s étaient déclarés peu sensibles aux infortunes de ces nobles Samiens, et avaient refusé la pièce de Dubuisson. Pour venger son honneur si maltraité , celui-ci n*avail pas manqué de réclamer contre des arbitres iniques , arrogants, vendus è la cabale ; il avait fait mieux encore . il avait donné sa pièce à des comédiens de province et lavait fait imprimer è Paris, chez Desenne, en 4787.
Mais les émotions de la scène n'avaient pu suffire à Dubuisson : la révolution étant venue , il s'était jeté dès Tabord dans le parti des exaltés , et , rien n'ayant pu contenir son ardeur , il avait trop vt(e franchi Tinter* valle qui sépare Temporlemenl de la démence. Chargé de divers emplois, il ne les avait pas tous bien remplis. Le 23 mars 4794 , Ulrich Dubuisson monta sur Técha* faud révolutionnaire, avec ses amis Hébert, Ronsin, Monmoro, Anacbarsis Clootz ; il avait été dénoncé par Robespierre comme un des principaux agents de la faction qui prétendait perpétuer le régime exceptionnel de la terreur , et qui , dénonçant comme des politiques vulgaires les défenseurs de la république et de la patrie.
MATTHITO DB VAUCBLLW. 993
ne 8e proposait rien de moins que la subite et violente inauguration d'une société nouvelle, qui n'aurait eu ni I, ni morale, ni lois (4).
QUELEINE (Louis).
Nous ne connaissons ce Louis QUELEINE que par la courte notice de M. Desporles. Néen ti96 dans le Maine, il aurait été docteur en théologie, chanoine, puis sous* chancelier de l'église de Paris, et il serait auteur d'un Discours sur la nominatian du cardinal Duprai à la place de chancelier de France ; 4 530. Ce qui nous étonne, c'est que La Croix du Maine ne parle pas de ce docteur Manceau.
YAUGELLES (Matthieu de).
Nous lisons dans la BMiothèque française de La Croix du Maine : o Matthibu db VAUCELLES, imprimeur et libraire au Mans, en laquelle ville il nasquit, le mardi, 4 S* jour de janvier, Tan 4 507. Le dit Vaucelles estant for jeune, escrivil quelques poésies françoises contre Clément Marol, sous le nom de Poète Champestre, lesquelles ont esté imprimées il y a plus de iO ou 50 ans. L'on voit plusieurs de ses compositions tant en vers
(1) La Biographie universelle des Contemporains attribne encore à Dubuùson trois opéras qui n*0Dt oas été joués : Cora et Alonzo^ musique de Rigel; BeUerophony de Quinault, r^uit en quatre actes; Alexandre et jttemistée^ en trois actes.
tM UAtrmat m tavciuis.
qu*ea prose 8ur la fin du catéchisme du P. Emond Au* ger» de Tordre des Jésuîles : sçavoir est TOraison è Dieu et autres poëmes. Il a escrîl plusieurs Noëls, ou Cantiques sur l'advènement de Nostre Seigneur Jésus Christ, imprimez par luy-mesmesà diverses années. Kpitaphes sur le Irespas de M. de Hangest, chanoine en Téglise du Mans, et encoressur la mort do M. de Langoy et plusieurs autres personnes illustres. Le Panégyric des Sciences, lequel il présenta à Monsieur, frère du roy, lorsqu'il passa par la ville du Mans en Tan 1577. Il a d'advantage escril plusieurs poésies à Thonneur île Messieurs les évèques du Mans et entre autres aux en* Irées de Monsieur le révêrendissime cardinal de RamlM>uillel, évesquc du Mans, faites en laditte ville, imprimées par luy . Il est cause que la carte ou description du Maine, escrite pur Macé Ogier, prostré, a esté imprimée par luy et Alexandre Chouen, eu Tan 1539, et depuis encore en Tan I5G5, avecques une for docte épistre de sa façon, discourant des> louanges du Maine, elc, etc. Il se trouve plusieurs livres imprimez par le dit Yducelles. lequel en ses premières éditions se nommoil Macé de Vaucelles simplement : et depuis en ses autres œuvres il s est appelé Matthieu de Vaucelles, qui est un meame quant au latin Matihœus : de quoy j'advertis les lecteurs* afin qu'ils ne pensent pas que ce soyeni deux divers au* leurs, encores qu*il se soil np[ielé de ces deux divers noms : et pense que ce qui fust cause qu'il se nomma depuis Matthieu de Vaucelles et non pas Macé Vaucelles, ce fut à l'occasion de Theureux an«igramme qui se trouve en ce nom, qui est tel : Dieu veult l'ame chaste II mou* rut au Mans Tan 1 578, le jeudy premier jour de janvier, âgé de 72 ans. •
SIMON BIOIIB OB OAIGNB. 906
II n'y a pas (l*anDola(ioDS sur cet article dans la dernière édition de La Croix du Maine, et nous regrettons de ne pouvoir suppléer au silence des doctes collabora* teursde Rigoley do Juvigny.
HERVÉ (Ghàeles).
Après avoir longtemps attendu quelques renseignements nouveaux sur ce Charles HERVÉ, un des élèves de Placé au collège de la Coulure, nous devons dire que son nom se lit à la suite d'une Épigramme insérée dans le Catéchisme de Placé, mais que nous ne le rencontrons pas ailleurs. Il y a tout lieu de croire que Charles Hervé était du Maine.
RICHBR DE GAIGNÉ (Simon).
SixoN RICHlilR DE GAIGNÉ, ou deGaignier, sieur de la Valle et de la Chatellerie, conseiller-correcteur en la chambre des comptes , à Paris , était de Domfronten-Champagne. M. Desportes le fait naître en Tannée 4660 (0 ; ci^ ^ 6^^« >I ^^^î^ P^^^*^^ sui* 1® rôle ^® i'arrière-ban, comme demeurant à Domfront. On lui doit
une Belaîwn de VanUxissade du marquis de BourdenriUe en Suède; Paris, 4682. Les armes des Richer étaienl celles des Clinchamp (2).
(1) Bibliographie du Maine.
(2) M. CauTÎn, Armoriai du Maine.
196 mtu UHAISTU
GONBOUST.
L*abbé GONBOUST , né au Mans, était prévol de là collégiale de Mortain en Normandie, dans le dioeéee d'Avranches. H a fait, suivant dom Liron (4), quelques discours dans le Journal de Verdun. Ayant changé son nom pour celui d'un de ses bénéfices , il signait Vabhé de Beaulmi.