ROBIN
C'est la Bibliographie du Maine qui nous fait connat- Ire le nom de cet écrivain, et elle ne lui attribue qu'on poëme de quelques pages : Illustrissimo ecc/eftVpprmcipi D. D. Pelro Rogierdu Crevi^ Cenomanensi eiri$eopo, Carmen ; in- 4"*. Nous ne le rencontrons pas.
LEMAISTRE (Pikrbe).
PisaaB LBMAISTRB eut, dans les premières années du xviu* siècle, la renommée d'un jurisconsulte habile. On lui doit : La Coutume de la Prévosté et Vicomte de Paris, rédigée dans l'ordre naturel de ta disposition de ses articles: Paris, G. Cavalier, 4700 et 4711, in-fol.
(i) Notes nMQUtcritef.
Suivant dom Liron (4), ce Pierre Leinaisire étail de Laval, ei le Diciionnaire hiiiorique de M. Petgnoi le fait mourir en 4718. Noua ne savons pas autre chose sur sa vie el sur ses ouvrages.
NÉGRIER DE LA CROCHARDIËRE ( Gillks ).
Né au Mans dans les dernières années du xvii* siècle, rabbé GitLBs NÉGRIBR db la CROCHABDIÈBB fui curé de René. Il mourut au Mans en 4719. On lui doit un Caidopàt des écrivains nés dans le Maine^ ouvrage manuscrit que conserve la bibliothèque du Mans. C*est un travail fait avec peu de conscience, ei aussi dépourvu de critique que d'érudition. Le procédé qu'a suivi l'abbé de La Crochardière est fort simple : il a copié littéralement ou abrégé les Notices des bibliographes monastiques, de dom Liron et de Moreri. Sa liste est, d'ailleurs, bien loin d'être complète. On regrette surtout de ne pas rencontrer dans cet ouvrage des renseignements précis sur les contemporains de l'abbé de La Crochardière.
NOUET (Jacques).
Jacoobs NOUET, né au Mans en l'année 4605, fit ses études au collège de celte ville. Il le quittait au moment
(i) Notes manutcritM.
iB8 1AGQITI8 IfOlJST*
OÙ les Oratoriens , appelés par Tévêque Charles de Beaumanoir, allaient eo prendre possession. Les Orato* riens étaient, comme on le saîl^ les rivaux, les ennemis des Jésuites, et Nouet avait eu pour professeurs, aa collège du Mans, quelques Jésuites bien famés, entre autres le P. Lallemant. Ils travaillèrent à l'attacher à leur parti, et ils y réussirent; dès Tâge de dix-huit ans, Jacques Nouet entra dans la Société de Jésus.
Il enseigna d'abord les humanités. Mais il avait plus de goût pour la prédication que pour renseignement, et aussitôt que ses supérieurs Taulorisèrent à monter en chaire, il y eut des succès. Il prêcha en diverses villes. A Dijon, dans la sainte chapelle, il prononça l'oraison funèbre de Henri II, prince de Bourbon-Gondê, qui fut imprimée dans cette ville, chez Piilliot, en 4647, ïti'i^. Il vint ensuite à Paris. Des succès obtenus si vite inspirent toujours un peu d'orgueil. Nouet en vint jusqu'à dénoncer en chaire, comme un ouvrage pernicieux, le livre de la PréqtAenle Communion, d*Antoine Amauld. Ce livre venait de paraître, et les évéques qui l'avaient approuvé tenaient encore le premier rang parmi les pasteurs de l'Eglise do France : c'est assez dire quils n'étaient pas alors aussi fiivorables à la liberté qu'ils le devinrent lorsque les Jésuites commencèrent à les opprimer. Nouet eut à se repentir de les avoir provoqués. Arnauld commença par lui répondre, et cette réponse est pleine de dureté (4 ]. On avait attaqué son livre et sa personne dans les termes les plus inconvenants ; il traita
(i) Avertis tentent sur quelques sermon» prêches à Paris; Ptris, A. > itré, 1643, etdantictom. xxvii des Cf-.'ur/'ef dWrnauld. — h^rayments de la réfutation des sertnons du P. Souet, loin, xi^n, pag. 674-7S9.
l'agresseur de maDière à le réduire au silence. Les évèqoes qui se Irouvaîenl alors à Paris ayant ensuite été convoqués en assemblée solennelle, Nouet fut assi* gné devant ce tribunal et condamné. Comme il s'était rendu coupable d'un outrage public envers l'autorité de la crosse épiscopale, il lui fut ordonné de demander pardon publiquement et è genoux aux prélats qu'il avait offensés; c'est une pénitence qu*il subit dans une des salles de Ste Geneviève (l).
Renonçant dès lors à la prédication, Nouet devint successivement recleur des collèges d'Alençoo et d'Arras. Il était au collège d'Alençon, lorsque survinrent les agitations provoquées par le célèbre théologal de Séez, l'abbé L.enoir. Il publia contre lui : Remerciemenis du amsisioire de R. ati.x théologiens d'Alençon , disciples de St' AtAgustin, Nous ne connaissons que le titre de cet ouvrage. On veut qu'il ait ensuite pris quelque part à une réfutation des Provinciales^ qui parut sous ce titre : Réponses aux lettres provinciales, publiées par le secrétaire de Port-Royal; Liège, 466S, 4669, in-42. Ce renseignement se trouve dans VHistoire ecclésiastique du xvn* sièchy d'BUies Dupin ; mais on le conteste, et l'ouvrage que nous venons de désigner est le plus souvent attribué au P. Annat. L'auteur de V Apologie des Lettres Provinciales, dom Matthieu Petit- Didier, nous apprend, toutefois, que le P. Nouet ne demeura pas étranger à la controverse qui s'éleva sur la morale des Jésuites. Il
(1) Relation de if. Bourgeois, docteur de Sorbonne; dans les CKuvres d^Arnaald, tom. xxxii, pag. 673. — tl faut en outre consulter à ce SKÛet : Lettre circulaire de Messeioneurs les prélats
assemblés à Paris , le S9 nov. 1648 et ïa Satisfaction du
P, Nouet; Paris, A. Vitré, i64S, in-4*.
élail la oonfesseor da comte de Buny-RabutiD, rHtna prisonnier dans les cachou de la Bastille. Le cooile avait l'esprit vif et eqjotié, et il avait bit ses preuves dans la satire. Nouet lui proposa de défendre les Jésni* tes calomniés, et loi fit comprendre qu'un ordre aussi puissani Taorait rendu bientôt à la liberté. Celle propn sition ne fut pas mal accueillie par le prisonnier, et on loi remit de nombreux mémoires : il ne s'agissait pour lui que de donner on tour fin et délicat à des arguoieols d'Baoobar ou de Lessios. Il s'y engagea ; mais c'est oo engsgpment qu'il ne put remplir, el il se vit conlrainl de renoncer à l'entreprise.
Après avoir ainsi guerroyé contre les jsnséoisies, le P. Nouet se tourna contre les protestants. Il publia contre eux : La présmot de Jétut-Christ dwu le très Sami-Saertmnd, pour servir de réfnmse au mmislre qui a éerii contre la Perpétuité de la foi ; Paris, Muguet, 1667, in-S*. C'est la seconde édition de cet ouvrage ; nous ignonma la date de la première* Il caosa de grandea alarmes i Charenton, et il eut beaucoup de succès. On suppose qu'il agit assez sur l'esprit de Turenne pour le décider à se convertir. C'est ce que nous lisons dans une lettre du docteur Meqjot à la marquise de Sablé : c Je croi Messieurs de Port-Royal trop sincères pour estre Isa auteurs d'un bruit qui court par Paris, qne leur res* ponce en manuscript à M. Claude est la cause do chao* gemeni de religion de M. de Turenne. Ne serait-ce pas plus lest la prompte et savante réplique du P. Nouet, que je vous envoie ? Au reste, que les catholiques romains ne' se glorifient point tant de celte prétendoe conversioo. Comme l'ancienne Église a eu d'une part aes Moyse qui ont préféré la bassesse do peuple de
JACQUIB HOVBT. SOI
Dieu aux grandeursd'unecour, pI, de l'autre, ses murmuralcurs qui ont voulu retourner en Egypie; aussi l'Eglise de notre siècle a ses Schomberg et ses Tureane. Dieu, qui juge des intentions du cœur, leur rendra uo jour selon leurs œuvres [i]. i Le minislre Claude crut devoir répondre au Traité du P. Nouet. Ce lui, pour celui-ci, l'occa^oD d'une vive réplique : Lettre du P. Nouet à M, Claude, ministre de Ckarentoriy sur h ftrojet de ta répoim au liore de la présence rietle ; libelle de 63 pages in S*.
Jacques Nouet doit la réputation qu'il a conservée dans son ordre à ses ouvrages ascétiques. On reconnaît qu'il sont écrits avec négligence , mais on Tail le plus grand éloge de leur docirioe. 11 faut qu'ils aient quelque mérile, puisqu'aujourd'huî mâme on eu fait, sous nos yeux, des éditions multipliées, et qu'il se trouve un public pour les épuiser ; mais nous ne savons , pour noire part, ce qui les distingue de tant d'autres écrits du même genre et du même temps , auxquels on ne songe plus. II publia d'abord : Traùé de ta dévotûm à l'Ange gardien; Paris, 16GI , in-42. Une Irailuclion italienne de ce Traité parut è Bologne. L'ouvrage le plus consirléraUe du P. Nouet a pour litre l'ifomme d'oroiton. C'est sous ce litre commun qu'il publia successsi* vement divers volumes de compositions spirituelles qui paraissent avoir oblcuu, le» unea et les autres, un égal succès parmi les dévots, sinon parmi tes lettrés. 11 « donna d'aliord : VBomme d'oraison , sa conduite doAt
^^^ Itt voies de Dieu, conlenml loute Ciemomie de ta médita-
■fitln da Sl-Gflrmtin, ptqiMt 4,
Sot JACQVn HObKT.
tion, de f oraison affective et de la contemplation; Paris, Muguet, 4674, 2 vol. iD-8* ; Paris, Hérissaol, 4766, Laporte, 4780, iD*S* ; LyoD, Périsse, 4830, 4816, in->4S. On vil ensuite paraître : V Homme (Toraiton , ses méditations et entretiens pour tous les jours de Vannée : première partie ; Paris . Muguet , 4676 , io-8« (4). Celte première partie des Médilalions devait éfre suivie de cinq autres, et former, avec le temps, un vaste ensemble comprenant la vie cachée, la vie soufTranle, la \\e glo* rieuse , la vie mystique de Jésus , la vie de Jésus conversant avec les hommes, la vie de Jésus dans les saints du Nouveau-Teslamenl Quelques uns de ces fragments furent publiés, chez Muguet, en 4677, en 4 678 et en 4 683, in-8* ; nous les voyons réunis en 4 765, par Hérissant, en 40 volumes, in 8*, et ils parurent ensuite sous cette forme, à Paris, chez Laporte , en 4780 ; i Lyon , fchez Périsse , en 4 830 et en 4 846, in-42. A ce recueil appartient encore : VHomme d*oraison^ ses lectures spirituelles pendant tout le cours de Vannée, Nous ne retrouvons qu'une des premières éditions de cet ouvrage. Bile porte ce titre : Dévotion vers N. S. Jésus-Christ pour servir de lecture spirituelle à VHomme d'oraison ; Paris. Muguet, ig79 , in-i*. Nous désignerons encore les éditions de Lyon, Périsse, «830 et 4 846, in-42, en 7 volumes et celle Clermont Ferrand , Thibaud-Landriot, 4 837, tn-8*. Enfin, on vil paraître: L*J7omine (Toraison, ses retraites , dont nous désignerons les édi-
^i) Cesi à cet ouvrage qu*on a emprunté la matière île «leui Utfl volumes qui ont pour titre i Méditations pour tout les diman^ chesde l'année, parle P. Souft; Pari», filai$c, 18M, in-34. L'abbé Théodore Perrin a retu el réimprimé cet eitraita eu 1S88, io-tlft» tui fraii <k la Société Refroductive.
JAOQCIS nouÉT. 303
liens suivantes ; Paris, Hérissant, 4765, Laporle, 4780, in-ft* ; Lyon, Périsse, 4830 et 4 845, in*l2 ; Lyon, Sanv^nat, 4834, ia-43 : celle dernière partie de rfitomme d*araiJon se compose encore de 6 volumes.
A V Homme doraison , il faut ajouter : Médiiaiionê ei entretiens sur le bon usage des indulgences et sur les préparations nécessaires pour gagner le jubilé; Paris , Uor guet, 4677 et 4704 , in- 4*. Cet ouvrage n'est mentionné par aucun bibliographe : cependant il porte le nom du P. Nouet, et il ne nous semble pas inférieur à ses autres écrits. Nous connaissons encore : Retraite pour se préparer à la mort ; Paris , Muguet , 4 679 , in-8% avec le portrait de Pauteur. C*esl encore un ouvrage qui parait avoir également échappé aux investigations de M. Picol (4) et de M. Desportes (2). On doit enGn au P. Nouet : Méditations spirituelles à tusage des personnes qui teulent avanair dans la perfection ; Paris, Yaton, 4S39, in-42.C*est pour les religieuses Ursulines de la rue Saint-Jacques que le P. Nouet composa ces Méditations. Biles ont été publiées pour la première fois en 4839.
Nous aurons complété le catalogue des œuvres du P. Nouet , quand nous aurons mentionné une lettre qui se trouve dans le troisième volume des Lettres de Bussy-Rabutin , et un opuscule inédit que possède la Bibliothèque Nationale (3). Voici le titre de ce manuscrit : « Solitude de hmljours^ du R. P. Jacques Nouet, traduite du latin où eUe se trouve seulement impri-
(t) Biographie Univerê.^ trt. Nouet.
(t) Bihliogr. du Maine.
(8) MSS. Sapp. fr. 8910.
304 r.-A. AUMUT DB LA OlllfAtB-DBSiioii.
mée. • Au-dessous, ou lil : « Le sudil R. P. a veo une partie de la Iraducliou ; le reste l*a e^ par un devoei eodésiastiqtie. Oo a changé le mot de noire compagnie en celui d ordre , pour rendre le discours plus propre aux autres. Fait en 1676. » Dans la liste que nous avons donnée des livres du P. Nouet , publiés avant Tannée 1 676, rien ne répond à l'opuscule lalin auquel cette note nous renvoie. Cette nouvelle série de Méditations est, d'ailleurs, composée suivant la méthode du P. Nouelei paraU bien Aire son ouvrage.
Jacques Nouet mourut è Paris, en 1 6S0, dans la mai* son professe des Jésuites. Il s'y était retiré dés^ Tan