IV. U
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c*est Terrear. Que les philosophes soient cest leur aiïaire. Gomme ils ne reçoivent au titre de vérites que des connaissances laborieusement acquises par la raison humaine, ils u*ont pas de doctrines étemelles; c'est même un de leurs principes, que le travail de chaque génération consiste h répudier quelques pr^ugés anciens et à découvrir quelque nouveauté. Les religions ne changent jamais, ou, du moins, elles professent Thorreur du changement, et ne travaillent qu'à maintenir Timmuable permanence des doctrines tradilionnelles. Biles ne peuvent donc être tolérantes. Quand on leor demande de transiger avec les mœurs et de signer des pactes avec les opinions dominantes, on prétend leur imposer une contrainte qu'elles ne doivent pas subir, liais la société civile n*a pas les mêmes engagements que la société religieuse. Pourquoi les religions ont elles provoqué tant de tempêtes ? pourquoi leur Intime intolérance leur est-elle reprochée avec tant d*amertume? Parce qu'elles ont abusé de certaines circonstances pour usurper le pouvoir civil, et pour étendre ainsi leor empire au-delà de ses frontières naturelles. La société civile ne verra dans les religions que des sectes belligérantes : elle devra les tolérer toutes au même litre, étendre sur elles une main protectrice^, et sévir éner g iq u ement contre quiconque oserait porter atteinte à leurs libertés. Que Ton ne confonde pas ce qui veut être distingué , la société civile et la société religieuse , leurs devoirs et leurs droits si divers : ainsi Ton ne conseillera plus au pouvoir civil de gouverner lui-même, c'està-dire d'opprimer la .société religieuse, sous ce préletle qu'elle est intolérante ; et Ion ne poussera pas la société religieuse à la révolte contre le pouvoir oivil, sous cet
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autre prétexte qu'il est iodifTérent en matière de religion,
Voili ce que nous avons lu dans Touvrage de Claude Yvon. Ce sont d'excellentes maximes, auxquelles ne manque pas un habile commentaire. N'est-ce pas le langage d'un prêtre, mais celui d'un philosophé ? Nous b'én décidons pas : mais s'il est une Eglise qui repousse de telles maximes, disons qu'elle ne comprend ni ses intérêts, ni la justice.
Yvon était de retour en France lorsqu'il mit au jour: Lêiire à M. Rousseau, pour servir de réponse à sa Lettre contre le Mandement deH. l'Archevêque de Paris; Amsterdam, Rey, 4763, in 8". Il devait ainsi publier quinte lettres, et il en a donné le plan avec assez d'étendue. Mais il n'en a fait paraître que.deux, et encore n'en connaissons- nous qu'une. Elle est mieux écrite que bien pensée. Cependant nous y retrouvons un exposé sommaire de sa thàse sur les devoirs différents des deux puissances. Palissot prétend qu'il composa ces lettres pour rentrer en faveur auprès de l'archevêque de Paris, et qu'il ne réussit pas à son gré dans cette entreprise.
En effet, ayant publié les deux premiers tomes de ses Discours généraux et raisonnes sur V Histoire de l'Eglise^ qui furent imprimés à Amsterdam, en 4768, in-42, (4) il se vit tout à coup obligé par une décision épiscopale d'interrompre la publication de cet ouvrage. Il avait pro» mis douze tomes; mais les premiers ayant été signalés au lieutenant de police comme renfermant plus d'une proposition suspecte, celui-ci porta l'affaire devant l'ar-
(1) Quelques exemplaires ont pour titre : Abrégé de l'Histoire ecclésiastique.
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chevàque. L'archevéqao demanda qui les avait si mal èxamioés, el on lui nomma le censeur peu clairvoyanl, ou peu scrupuleux, qui avait donné son approbation aa Bélisairt de Marmonlel. C'est alors que, pour prévenir un nouveau scandale, Tarchevèque défendit qumpoorsuivit Texamen des Discours généraux (I). Vainemeot Yvon réclama contre cette défense, et promit de sobir toutes les corrections qu*un censeur plus séi^elui voudrait imposer : on neTécouta pas. On commit donc isoD égard un déni de justice. Mais n*avait-il pas été signalé comme le principal instigateur de l'abbé de Prades ? Qu*on lise aujourd'hui les Discours généraux : on y troavera des dissertations contre les hérétiques et les philosophes, et Ton suiqxMera dés Tabord que cet ouvrage est un plaidoyer en faveur des doctrines les plus orthodoxes. Cependant il fut interdit, et il le fut brutalement. Bachaumont nous représente l'abbé Claude Yvon poursuivi comme infidèle^ quoique le fdus croyant de France* Palissot proteste à peu prés dans les mêmes termes contre l'étourderie ou la mauvaise foi de ses persécuteara. Faut-il, pourtant, aiter chercher bien loin l'explication de cet archamement ? C'est la noéthode dTvon qo*on ne pouvait supporter. Au lieu de dogmatiser, il raison* naît : il discutait avec les philosophes et leur faisait même des concessions prudentes, au lieu de les accabler d'invectives. Il travaillait, disait-il, à concilier la religion et la' philosophie, la révélation et la raison : or, n'est-ce pas le ce qu'avaient entrepris dans tous les temps les patriarches des hérétiques ? C'était donc, et c'est tout dire, c'était lui-même un philosophe.
(i) Bachaamout, Mémoires secret s^ tooi. ir, pag. 16.
CLACDB TVOlf. 973
On retrouve la m(^me mélbode et les mêmes principes dans les derniers ouvrages de Tabbo Yvon.On porte au catalogue de ses œuvres : Accord de la philosophie avec la religion , protiré par une suite de Discours relatifs à treize époques; Paris 4 776, in-42; Paris, Panckoucke, 4782y ou 4785, 2 vol. in -8* Nous ne rencontrons pas cet ouvrage, mais nous croyons que c*esl, sous un autre titre, le suivant : Histoire philosophique de la religion ; Liège, Prompleux, 4779, 2 vol. in-8*. Celouvrage se divise, en effet, en treize chapitres, ou treize époques, et il a pour objet de démonirer que la saiue philosophie s'accorde avec la saine religion. N*est>co qu'une paraphrase de lieux communs, ainsi que beaucoup d'autres livres composés sur le même aliment? Le prêtre s'y montre, il est vrai, beaucoup plus que le philosophe; mais c'est un prêtre éclairé, qui sait apprécier toute la valeur des critiques philosophiques, et ninsulte jamais la raison au nom de la foi. Il y a, d'ailleurs, dans ce livre, des vues originales et ingénieuses.
Enfin, Ton attribue à l'abbé Yvon une traduction française de l'Analyse de la Foi, de Henri Holden, traduction qui n*a pas été imprimée, et une notice sur l'abbé Ladvocat publiée dans le Nécrologe des hommes célèbres , de 4767. Ladvocat avait été un des juges de l'abbé de Prades. Yvon aurait il fait son éloge, s'il Pavait compté parmi ses persécuteurs? C'est la calomnie qui Ta persécuté. L'abbé Yvon mourut à Paris, au mois de novembre de l'année 4794.
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OGIER (Mao^}.
HAcé oa Hatthibo OGIBR, né dans la Champagne du Maine au commencement du XVr siècle, nous est signalé par plusieurs bibliographes comme auteur d*un petit livre qa*on rencontre bien rarement : Description de la carte cénomanique réduite en un livre, avec une Epitre discourant les louanges du Maine; le Mans 1558, 4559, 1627, in-32.
VÉRITÉ (Pikrbe).
Nous ne connaissons ce Piibbb VÉRITÉ que par une épigramme latine, qu'on lit avant la seconde partie dy CathécMsme latin de René Placé. Il était un des élèves de ce curé bel-esprit au collège de la Ck>ùture.
PICHETON (R).
L'abbé R. Picheton, archi-cbapelain de Saint- Pierrede-la-Cour, était un des amis de Gervais Alton. 11 a célébré ses louanges dans un anagramme de six vers latins qui se trouve en tôlo de ÏEnchiridion.
VRANÇOIS POUPART. 575